Pauline Marois promet d'annuler la hausse des droits de scolarité

Pauline Marois s'est déclarée convaincue que le Québec est une société non violente et qu'un acte de violence isolé ne pourra effacer cette réalité.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois s'est déclarée convaincue que le Québec est une société non violente et qu'un acte de violence isolé ne pourra effacer cette réalité.

Visiblement secouée par la fusillade survenue mardi soir lors du rassemblement péquiste organisé au Métropolis, la première ministre élue du Québec, Pauline Marois, s'est déclarée convaincue, mercredi, que le Québec est une société non violente et qu'un acte de violence isolé ne pourra effacer cette réalité.

Elle a ajouté avoir l'intention de communiquer le plus rapidement possible avec les familles des deux victimes.
 
Sur le plan politique, Mme Marois s'est félicitée d'avoir atteint son objectif de remplacer le gouvernement libéral par un gouvernement péquiste. Le PQ a été élu avec une mince majorité des voix, à peine 30 000, mais sera minoritaire à l'Assemblée nationale, avec 54 candidats élus sur 125.

Annulation de la hausse

Par ailleurs, les étudiants ont eu une bonne nouvelle ce mardi: la nouvelle première ministre, Pauline Marois, a annoncé qu'elle abrogera la loi spéciale et annulera comme prévu la hausse des droits de scolarité. Les fédérations étudiantes, collégiale et universitaire, ont même reçu un appel d'un messager de la part de Mme Marois pour leur réitérer son intention de respecter ses promesses. «C'est une excellente nouvelle», a lancé Éliane Laberge, présidente de la Fédération étudiante collégiale (FECQ). La présidente de la Fédération universitaire (FEUQ), Martine Desjardins, souligne quant à elle la «cohérence» du PQ. «On est très content mais évidemment, plusieurs éléments pourraient quand même les en empêcher», a-t-elle dit, réaliste. «Par exemple, il pourrait y avoir un blocage du côté de l'opposition. Il va falloir s'assurer que tout se passe bien. Il va rester le sommet, on va travailler très fort là-dessus, on aura une rencontre lundi prochain pour en parler.»

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) se réjouit du départ de Jean Charest mais accueille la venue de Pauline Marois avec plus de méfiance. «Évidemment, on n'est pas déçu que le parti libéral ne soit pas réélu, mais on ne s'est jamais lié à des partis. Ce sont des idées qu'on conteste», a indiqué Jeanne Reynolds co-porte-parole de la CLASSE. «Évidemment qu'on va vouloir maintenir la pression. Il n'y a jamais de cadeaux qui sont faits par les élus», a-t-elle ajouté.

Mme Desjardins rappelle qu'il faudrait pourtant faire vite, la nouvelle session commençant le 1er octobre. «Le gouvernement du parti québécois s'est engagé à rembourser les droits de scolarité et il y a aussi l'aide financière. […] Il faudra faire vite», a-t-elle soutenu. Les deux présidentes des fédérations ont dit vouloir planifier une rencontre avec Mme Marois au plus tard la semaine prochaine.

Un cabinet d'ici 15 jours

Mme Marois a réitéré son intention d'empêcher les firmes de construction reconnues coupables d'infractions criminelles d'obtenir des contrats du gouvernement; d'accélérer le développement du réseau des garderies; et de s'attaquer au recul du français en présentant une nouvelle loi 101.
 
Elle prévoit avoir formé son conseil des ministres d'ici deux semaines.
 
Quant à savoir pourquoi les Québécois lui ont refusé le gouvernement majoritaire qu'elle espérait, Mme Marois a affirmé que l'époque du bipartisme est révolue et que le multipartisme qui prévaut a vu les votes se diviser entre les différentes formations en lice.

Avec La Presse canadienne

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18 commentaires
  • sylvain chartrand - Inscrit 5 septembre 2012 16 h 20

    Mais elle devait bien ca aux étudiants.

    Elle devra trouver de l'argent ailleurs. Mais elle devait bien ça aux étudiants.

  • Jean Côté - Inscrit 5 septembre 2012 16 h 51

    Mauvaise décision

    Et surtout pas vraiment démocratique: La CAQ est contre annuler la hausse, même chose pour les Libéraux... La majorité de la population ne soutient pas cette mesure, ni ce gouvernement ni l'option souverainiste.

    Où sont les étudiants qui remettaient en cause la légitimité du gouvernement Charest parce qu'il n'avait pas le support d'une majorité de Québécois?

    • Jean-Philippe Jodoin - Inscrit 5 septembre 2012 17 h 11

      L'éducation était loin d'être le seul enjeux des élections. Si vous voulez vraiment parler de démocratie, il aurait fallu que ce soit un référendum sur la hausse des frais de scolarité. Cette mesure est aussi valide (et anti-démocratique)que n'importe quelle autre mesure réalisé par un gouvernement élu à moins de 50% des voix (la hausse des frais, le plan Nord etc.)

    • Jean Côté - Inscrit 5 septembre 2012 17 h 53

      Il y a plus que le fait que le gouvernement a été élu par moins de 50%. Il y a le fait que les partis qui sont en faveur d'une hausse ont le soutient de la majorité de la population.

    • Éric Alvarez - Inscrit 5 septembre 2012 20 h 34

      Ils auront donc la possibilité de défaire le gouvernement et de repartir en élection. Aux partis d'opposition de décider de leur marche à suivre.

    • Maxime Comete - Inscrit 5 septembre 2012 21 h 08

      M. Côté, à votre question "Où sont les étudiants qui remettaient en cause la légitimité du gouvernement Charest parce qu'il n'avait pas le support d'une majorité de Québécois?"

      Je vous réponderai: Où étaient les opposants aux étudiants lors des mois précédant? Dans la rue à manifester en faveur du gouvernement libéral et de sa décision d'augmenter les frais de scolarité? Non. Ils étaient assis, las, dans leur salon. Voilà ce qu'il en est.

      Avec les manifestations étudiantes, ce que nous avons vu, c'est cette capacité qu'ont et qu'auront ces jeunes à se mobiliser collectivement, solidairement pour essayer de faire bouger les choses. Être acteur, et non spectateur. Devant l'absence d'une mobilisation qui aurait été le négatif de leur mouvement, ces étudiants n'ont trouvé rien d'autre que ce qui caractérise les tenants de l'idéologie libérale capitaliste: une société atomisée, incapable de se saisir collectivement comme sujet politique.

      "Le peuple, uni, jamais ne sera vaincu!"

    • Gwenn Scheppler - Inscrit 5 septembre 2012 22 h 08

      Avez-vous vu un seul sondage qui disait que la majorité des Québécois était pour une hausse de 80% des frais de scolarité ? Moi, non. Entre ceux qui sont pour la gratuité, ceux qui sont pour le gel, ceux qui sont pour une hausse modérée et ceux qui n'ont pas voté, je suis pas mal sûr qu'on a une majorité d'électeurs. Et puis, cette question devrait être posée directement aux étudiants, les premiers cocnernés : croyez-vous qu'ils seront nombreux à réclamer une hausse de 80% des frais ? C'est bien là qu'est tout le problème. Quand on se lance dans un chantier de ce type, ce n'est pas l'avis des gens non directement concernés qui importe, mais celui de ceux qui sont directeemnt concernés. C'est avec ceux-là qu'il faut discuter et négocier. Ce qu'a omis de faire le PLQ.

  • Jean Lapointe - Abonné 5 septembre 2012 17 h 08

    Enfin des bonnes nouvelles

    On peut enfin respirer un peu.

    Bien sûr tout n'est pas réglé mais on a de bonnes raisons de penser qu' au moins un vrai dialogue pourra exister entre le nouveau gouvernement et les étudiants.

    Charest avait choisi l' affrontement, ce qui n'était pas vraiment démocratique, madame Marois, au contraire, semble avoir choisi l'approche démocratique c'est-à-dire le respect pour ses interlocuteurs et les négociations.

    C'est tout un changement.

    La bonne volonté semble y être en tout cas.

    • Guy Desjardins - Inscrit 5 septembre 2012 19 h 11

      Oui Monsieur respiré beaucoup et emmaganisé. Faites de bonnes provisions d'air car il se peut que dans pas grand temps vous allez manquer d'oxygène. Et ont verra.

  • Alain Hebert - Inscrit 5 septembre 2012 17 h 17

    un décret?

    Peut-on annuler une loi par décrèt? J'aimerais un avis sur cette question. Pour l'annulation des frais de scolarité, j'imagine qu'un décrèt peut suffire par contre.

    SVP, un avis éclairé.

    • Jean-François Tremblay - Inscrit 5 septembre 2012 17 h 47

      Non. Le Parlement détient l'autorité suprême et les lois sont votées par le Parlement, c'est-à-dire là où le PLQ et la CAQ sont ensemble majoritaires.

      D'ailleurs, voici une première proposition au PLQ et à la CAQ : décréter une loi qui empêche le PQ de tenir un référendum sur la souveraineté et qui, advenant une majorité éventuelle du PQ au Parlement, requérerait le consentement du 2/3 des voix (idéalement l'unanimité) de la Chambre pour qu'un tel référendum soit décrété.

    • Éric Alvarez - Inscrit 5 septembre 2012 20 h 40

      Un décret ne peut annuler une Loi, mais si le gouvernement en place est contre une Loi, on peut imaginer le ministre de la Justice de ce gouvernement donner le mot d'ordre d'appliquer la Loi avec beaucoup de "souplesse"...

    • David Corriveau - Inscrit 5 septembre 2012 20 h 40

      Pour ce qui est de la loi 12 (projet de loi 78), l'article 36 de cette loi stipule qu'elle se termine le 1er juillet 2013 ou plus tôt si le gouvernement le décide (je suppose qu'un décret est nécessaire ici).

      Pour ce qui est de la hausse des frais de scolarité, le PQ pourrait passer un décret pour l'annuler.

      Le décret est un acte administratif de l'exécutif, donc le PQ n'a pas besoin de passer par l'Assemblée nationale.

      Cependant, il est toujours possible qù'à la suite de l'annonce du décret, un vote de non-confiance fasse tomber le gouvernement.

    • Éric Alvarez - Inscrit 6 septembre 2012 07 h 00

      Dans le cas particulier de la Loi 12 (projet de Loi 78), c'est possible, car un article de cette Loi indique qu'elle peut être abrogée par décret.

  • Jean-François Tremblay - Inscrit 5 septembre 2012 17 h 22

    Le vrai changement, ça ne passera pas par le PQ...

    ... mais par le PLQ et la CAQ qui contrôleront le Parlement pour s'assujettir le PQ et l'astreindre à exécuter tout ce qu'ils voudront en tant qu'il siège maintenant au Conseil exécutif.

    Car, le Conseil EXÉCUTIF porte bien son nom, c'est le conseil de ceux qui ont pour rôle d'EXÉCUTER les lois votées par le Parlement. Si le PLQ et la CAQ travaillent en collaboration, la tâche du Parti québécois ne sera pas plus compliquée que celle-là et la CAQ pourra probablement faire adopter ses propositions.

    • Éric Alvarez - Inscrit 5 septembre 2012 20 h 46

      "In your dreams"

      On se retrouverait rapidement en élection et aucun des partis, en particulier les deux principaux de l'opposition, ne souhaitent ça. En pratique, la direction va être donnée par Mme Marois, mais dû à son satut minoritaire, elle devra faire des compromis pour avancer... Comme les partis d'opposition.

      Ce que vous proposez est une coalition... et ça n'arrivera pas avec la CAQ et le PLQ. Sauf éventuellement un jour pour défaire le gouvernement (si ce dernier n'a pas lancé les élections avant...).