Pauline Marois «naviguera dans des eaux incertaines»

Pauline Marois a son arrivée au Métropolis hier. <br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois a son arrivée au Métropolis hier.

La première femme élue à la fonction de premier ministre a rejoint ses militants à 23 h 30, alors que l’enthousiasme ne faiblissait pas malgré l’élection d’un gouvernement minoritaire. Elle a été accueillie par la chanson « Ma chère Pauline, c’est à ton tour de te laisser parler d’amour ».

« Quelle belle dose d’amour ! », a-t-elle lancé après une longue ovation. « Un nouvel épisode de notre histoire commence et je souhaite que ce soit l’occasion pour nous tous de retrouver notre fierté », a déclaré Pauline Marois. Elle a dit souhaiter que les Québécois se rassemblent « sur l’essentiel qui est notre fidélité commune au Québec ». Elle a promis un gouvernement responsable.


Le discours de la chef péquiste a été interrompu abruptement, alors que deux gardes du corps l’ont sortie rapidement de scène. Après quelques instants, elle est revenue pour compléter son discours (voir autre texte).


Quelques minutes plus tôt, Pauline Marois disait avoir l’aplomb nécessaire pour diriger un gouvernement minoritaire et « naviguer dans les eaux qui s’annoncent incertaines », a commenté le député Bernard Drainville, réélu dans Marie-Victorin. Il a salué « la femme de consensus » qu’est Mme Marois. « Elle va trouver les bons compromis pour permettre à notre gouvernement de réaliser l’essentiel de ses engagements », a ajouté M. Drainville qui ne prévoit aucune tension au sein du caucus. « Nous allons serrer les coudes pour maintenir le gouvernement le plus longtemps possible dans le respect de la volonté exprimée par les électeurs », a-t-il soutenu.
 

Son nouveau collègue député élu dans Rosemont, Jean-François Lisée, a affirmé que l’équipe du PQ est capable de cohésion. « Les gens veulent être dans l’action et que les choses changent. Le PQ est très divisé dans l’opposition, loin des élections. Mais en campagne et au pouvoir, c’est assez rare qu’il y ait des tensions », a soutenu M. Lisée.


Ce dernier a ajouté que le Québec sera bien servi par une femme « responsable et d’expérience ». « Mme Marois est capable de construire des ponts où c’est nécessaire. Elle a quand même négocié un amendement constitutionnel avec Stéphane Dion. C’est la médaille d’or pour avoir travaillé avec des opposants », a-t-il déclaré.


L’euphorie s’est invitée dans le camp péquiste un peu avant 21 h alors que l’élection d’un gouvernement dirigé par Pauline Marois ne faisait plus de doute. « En 1940, les femmes ont eu le droit de vote et 72 ans plus tard, nous avons une femme première ministre ! », a lancé l’homme de théâtre Yves Desgagnés qui agissait comme animateur du rassemblement du Parti québécois, au Métropolis, à Montréal.


Quelques minutes plus tôt, « le messager du bonheur » comme il s’est lui-même qualifié, avait annoncé l’élection de Pauline Marois dans sa circonscription de Charlevoix-Côte-de-Beaupré. La foule bruyante a immédiatement manifesté sa joie. Même enthousiasme lorsque le candidat péquiste Serge Cardin a défait Jean Charest dans sa circonscription de Sherbrooke. Le Métropolis était en liesse. Lorsqu’il a pris la parole, en fin de soirée, les huées étaient généralisées. Quelques insultes fusaient ici et là.

2 commentaires
  • Mariette Payeur - Inscrite 5 septembre 2012 08 h 56

    Pas facile!

    Je suis bien contente que le nouveau gouvernement soit minoritaire. Car aucun des trois partis ne méritait, par ses actions passées ou par ses propositons, le droit de pouvoir décider à sa guise de la direction que prendrait le Québec.

    Bravo à Mme Marois. Et bonne chance!
    Car, avec la répartition des sièges, PQ: 54 + QS: 2, Total: 56 et PLQ: 50 + CAQ: 19 Total: 69

    il lui sera difficile d'établir une coalition prête à approuver les objectifs de son parti. (Et je ne parle pas de la souveraineté.)

  • Roland Guerre - Inscrit 5 septembre 2012 11 h 31

    Mobilisation citoyenne

    Les citoyens doivent se saisir des dossiers, rappeler leurs doléances, leurs aspirations, imposer une nouvelle approche pour l'étude et la gestion des affaires publiques