Euphorie chez les étudiants

La présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Éliane Laberge, et la présidente de la Fédération universitaire du Québec, Martine Desjardins, n’ont pas caché leur joie mardi soir.
Photo: Jean-François Nadeau - Le Devoir La présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Éliane Laberge, et la présidente de la Fédération universitaire du Québec, Martine Desjardins, n’ont pas caché leur joie mardi soir.

« Dehors les libéraux ! Dehors les libéraux ! » La victoire du Parti québécois a suscité des explosions d’euphorie chez les étudiants réunis à la brasserie Cherrier de Montréal. Eux qui promettaient de « mettre dehors » les libéraux et de trouver à Jean Charest « une job dans le Nord » ont été plus que contents de leur soirée électorale, surtout lorsqu’ils ont appris la défaite du premier ministre dans sa circonscription au terme d’un long suspense.

Est-ce pour autant le scénario de rêve ? « Non, évidemment, si c’est un parti qui ne propose pas une annulation des droits de scolarité… mais c’est probablement le plus grand pas qu’on va avoir fait dans cette campagne. La vraie victoire, on va la vivre le jour où le Parti québécois va annuler la hausse », a dit Éliane Laberge, présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), visiblement exaltée par l’ambiance et le déroulement de la soirée. Son homologue à la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), Martine Desjardins, ne cachait pas sa joie de constater que les électeurs ont choisi de ne pas donner une autre chance à un gouvernement libéral. « Peut-être que la majorité silencieuse n’est pas du côté du gouvernement. C’était un pari risqué », a-t-elle indiqué.


Selon les deux présidentes, le gouvernement sortant paye le prix des élections déclenchées « sur le dos des étudiants ». « Jean Charest paye le prix de son mépris envers les étudiants et les gens de la rue », a souligné Martine Desjardins. « Le gouvernement va devoir désormais négocier avec nous. »


L’élection de Léo Bureau-Blouin a été applaudie à tout rompre dans la brasserie Cherrier. Pour celle qui l’a remplacé à la tête de la FECQ, c’est une victoire contre le cynisme. « Je peux difficilement ne pas être contente de son élection, c’est un beau symbole d’espoir. Ça vient changer le rapport, car on avait beaucoup de cynisme, et […] ça vient montrer que la jeunesse a sa place en politique, peu importe son âge et le bagage qu’on a », a commenté Mme Laberge.


Une femme première ministre est certainement un « signe d’avancement », poursuit-elle. Mais elle reconnaît qu’un gouvernement minoritaire rendra plus « difficile » le respect des promesses que le PQ a faites aux étudiants.


Concernant le vote étudiant, il est encore trop tôt pour avancer que les jeunes ont battu des records de participation. Mais Éliane Laberge n’en est pas moins convaincue. « Durant les dernières semaines et jusqu’à [la dernière minute], on a fait des appels à nos étudiants membres, et la majorité, si ce n’est la totalité des étudiants de plus de 18 ans qu’on a joints nous ont dit : “J’ai déjà voté” ou “Je vais y aller”. Sans l’ombre d’un doute, on peut dire que les étudiants se sont rendus aux urnes », a-t-elle dit.


La soirée de mardi fut très enlevante pour les étudiants qui s’étaient organisé toute une soirée électorale. À entendre crier les slogans et les airs bien connus, on se serait parfois cru en pleine manifestation. « Avec la commission Charbonneau, on ne reverra pas les libéraux au pouvoir avant plusieurs années », a lancé, Merlin Trottier, anciennement aux communications de la FECQ. « Comme on disait à la blague ce matin, la chanson Libérez-nous des libéraux va devenir du folklore parce qu’on n’aura plus besoin de la chanter », a renchéri un de ses camarades.

5 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 5 septembre 2012 06 h 58

    Mais, où est donc la CLASSE?

    On doit trouver les journalistes bien légers en soutenant que les leaders étudiants sont euphoriques, alors qu'ils ne reconnaissent pas s'être fait manipuler par la CLASSE qui elle est la plus grande et la mieux organisée des organisations étudiantes. Forte de ses 100,000 membres la CLASSE n'a pas appelé ses memb res à aller voter et ne reconnaît pas plus la légitimité de ce gouvernement que celle du précédent.

  • Dany Tanguay - Inscrit 5 septembre 2012 07 h 57

    les jeunes ont gagné...

    les étudiants ont réussi à faire battre ce gouvernement corrumpu. Malgré que Jean Charest s'était fié aux sondages pour déclarer des élections sur le dos des étudiants, qu'il avait réussi à les démoniser, eh bien les étudiants l'ont délogé et ces jeunes me donnent confiance en l'avenir et je crois qu'avec leur tenacité et leur capacité ils vont réussir à modifier lentement l'opinion publique et avec le temps ce seront eux qui vont diriger le Québec.....merci à notre jeunesse....

  • Sylvain Auclair - Abonné 5 septembre 2012 09 h 12

    La loi 12 est là pour rester

    Il sera sans doute très difficile d'abroger la loi 12, vu que les partis pour l'ont adoptée sont majoritaires à l'Assemblée. Je me demande même s'il sera possible de modifier l'augmentation des frais de scolarité -- n'est-ce pas une mesure budgétaire?

  • Laurier Francois - Inscrit 5 septembre 2012 11 h 16

    À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire...

    ''les étudiants ont réussi à faire battre ce gouvernement corrumpu. ''

    Faut croire que 50 sièges PLQ comparé à 54 pour le PQ, ce n'est pas ce qu'on appelle un balayage.

    Le PQ a changé d'idée ,en passant, sur la gratuité et il y aura énormément de négos pour faire ce qu'ils voulaient. Pauline va encore trouver le moyen de changer son fusil d'épaule.

    Tant qu'aux étudiants (tes), ils ont perdu du temps, des $$$ et une partie de leur vie au travail (pour ceux qui se trouveront un travail en ''science humaine'') pour faire valoir des petits chefs (Cheffes) qui se sont servi(e) d'eux pour leur propre petite gloire, et même se trouver une job au PQ.

    Si c,Est cela qu'on appelle un victoire.....

    SI j'étais Pauline je mettrais du velcro sur ma chaise de premier, pardon,première ministre. Elle va en avoir besoin.

  • Roland Guerre - Inscrit 5 septembre 2012 11 h 26

    Le mouvement se poursuit

    Les questions posées par La Classe, le printemps érable demeurent. La première étape sera consacrée à l'abrogation de la loi 12/78 La jeunesse étudiante imposera au personnel politique une réelle inflexion. Le premier ministre sortant, battu dans sa circonscription, paie son mépris pour la jeunesse, le citoyen. Son échec l'aidera à réviser ses classiques, à mesurer le poids de la jeunesse, qu'un politique avisé n'injurie pas
    Les animateurs de La Classe peuvent populariser le manifeste, nourrir le débat, qui se poursuivra, sur la prochaine Charte. Gabriel Nadeau-Dubois et ses camarades ont de nombreux chantiers à ouvrir La jeune génération renouvellera le personnel politique, cueillera les fruits du mouvement.