Fin de campagne dans la tourmente au Parti vert

Au Parti vert du Québec (PVQ), les espoirs de siéger à l’Assemblée nationale étaient bien minces, voire inexistants, lundi. Qui plus est, les ténors du parti terminaient la campagne électorale dans la discorde.

La démission du chef et porte-parole du parti, Claude Sabourin, a même été réclamée par l’un des candidats. Il est vrai que M. Sabourin a été éclaboussé il y a deux semaines par les révélations d’un journaliste de La Presse qui mettait en évidence la pratique peu orthodoxe et particulièrement expéditive de sélection des nouveaux candidats.


Ces mauvaises pratiques ont irrité au plus haut point Jean Cloutier, candidat du PVQ dans Vanier-Les Rivières (Capitale-Nationale) et ancien vice-président du parti. M. Cloutier reproche notamment à son chef d’avoir dérogé à la loi électorale en encourageant une nouvelle recrue - en l’occurrence un journaliste de La Presse qui a caché son identité - à s’approprier les signatures obtenues par une ex-candidate afin d’atteindre la centaine de signatures requises. Une pratique formellement interdite par le Directeur général des élections du Québec.


Mais ce qui a exaspéré M. Cloutier est l’opposition farouche de son chef à toute alliance avec les partis progressistes. Samedi, M. Sabourin a réprimandé le président du conseil exécutif du PVQ, Dany Ouellet, qui avait apporté son soutien au candidat péquiste de la circonscription Sainte-Marie-Saint-Jacques, Daniel Breton qui est un des cofondateurs du PVQ. « C’est tellement évident qu’il faut soutenir un candidat comme Daniel Breton ou même notre ancien chef Scott McKay qui est, quant à lui, candidat péquiste dans la circonscription de Repentigny. S’il y avait eu un candidat du PVQ qui se présentait, même si c’était un poteau, ou un journaliste du Devoir qui se transforme en candidat comme on l’a vu avec le journaliste de La Presse, j’aurais compris qu’on ne soutienne pas Daniel Breton. Mais nous n’avons pas de candidat dans cette circonscription », a dénoncé M. Cloutier tout en confiant que la semonce de M. Sabourin l’a fait sortir de ses gonds et l’a incité à demander la démission de ce dernier.


« Sans alliances avec d’autres partis progressistes, nous n’aurons jamais d’élus verts à l’Assemblée nationale. Notre chef s’entête à vouloir 125 candidats. Or, il n’a réussi à en trouver que 66, a-t-il martelé tout en citant les exemples de la France et du Mexique où se pratiquent de telles alliances. Il faudrait planifier ces alliances avant les élections afin de conclure des contrats sociaux », explique-t-il.


M. Cloutier se rappelle avec nostalgie le temps où le PVQ occupait « la place de tiers parti » et que « les médias s’y intéressaient », c’était avant la création de Québec solidaire et de la Coalition avenir Québec. Afin de retrouver cette place perdue, Jean Cloutier réclame une course à la direction du parti lors du prochain congrès national du parti en novembre prochain, et il se portera candidat. Le chef actuel, M. Sabourin, n’a pas rappelé Le Devoir.

3 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 4 septembre 2012 10 h 14

    Prise de contrôle fédéraliste

    J'ai déjà milité au PVQ. À cette époque, le parti appuyait l'indépendance du Québec. Comment se fait-il qu'il soit devenu fédéraliste et bilingue? J'aimerais bien le savoir.

    • Yvan Dutil - Inscrit 4 septembre 2012 16 h 42

      Le PVQ n'est pas fédéraliste, il est neutre. Il faut dire que les plus souverainiste sont passé au PQ ou à QS. Le bilinguisme n'est que daqns le nom, car le parti ets populaire chez les anglophones.

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 septembre 2012 17 h 06

      Monsieur Dutil,
      si le GPQ n'est pas fédéraliste, où dans sa plateforme parle-t-on de la souverainté du Québec? Je n'ai pas trouvé. En tout cas, ce que j'ai trouvé, c'est décentraliser les deux-trois pouvoirs que le gouvernement du Québec possède, comme si on n'avait pas assez de trois ou quatre paliers de gouvernement.

      Et si le parti était populaire chez les arabophones ou les Grecs, son nom officiel serait-il aussi en arabe ou en grec? Non, c'est vrai: les immigrants parlent tous anglais, pas vrai? En tout cas, je n'ai rien trouvé sur l'importance de défendre le français au Québec ou de franciser les immigrants.