Aussant se dit satisfait du chemin parcouru

Jean-Martin Aussant
Photo: Clément Allard - Le Devoir Jean-Martin Aussant

Jean-Martin Aussant est épuisé, mais satisfait au terme de cette première campagne électorale pour Option nationale (ON). Réaliste, il sait que la lutte sera chaude dans sa propre circonscription de Nicolet-Bécancour, car il ne devance son adversaire caquiste que par trois points de pourcentage, selon les deux derniers sondages locaux qui présentent par ailleurs une marge d’erreur de 5 à 6 %.


La campagne fut « exténuante », avoue M. Aussant, car, rappelle-t-il, son parti ne disposait pas de moyens comparables à ceux des autres partis. On a dû « compter avant tout sur l’énergie et l’huile de brasdes membres et des bénévoles ». « Mais pour un parti qui n’existait pas il y a quelques mois, nous avons créé des précédents : notamment celui d’avoir 120 candidats partout au Québec, sans doute une première des dernières décennies, car Québec solidaire est né de la fusion de deux partis, et la CAQ est la reprise d’un autre parti. Aussi, le recrutement de plus de 5000 membres en dix mois est assez exceptionnel », a souligné le chef d’ON en entrevue téléphonique.


Son équipe se dit aussi très heureuse des appuis de taille qu’elle a reçus des milieux politique et culturel, puisque les Jacques Parizeau, Yves Michaud, Lisette Lapointe, Pierre Curzi, Emmanuel Bilodeau, François Parenteau, Sébastien Ricard, Dan Bigras, entre autres personnalités, ont manifesté leur soutien à ce jeune parti souverainiste.


Hormis sa propre élection, M. Aussant ne s’attend pas à de nombreux députés d’Option nationale à l’Assemblée nationale. « Nous n’avions aucun objectif en termes de comté et de pourcentage, si ce n’est de conserver nos acquis, soit Nicolas-Bécancour. Le principal défi de la campagne électorale qui s’achève était de faire connaître notre projet, notre parti. Cette élection-ci nous aura permis, avec nos 120 candidats, d’entrer dans l’esprit des gens, affirme-t-il franchement. Les résultats de cette élection nous permettront de voir dans quelles régions du Québec notre message a le mieux passé. Chose certaine, l’élection [d’aujourd’hui] nous aura servi à préparer la prochaine. »


Si le Parti québécois forme le nouveau gouvernement, Jean-Martin Aussant n’y accordera pas son soutien inconditionnel. « Comme nous sommes un jeune parti, nous demeurons très fidèles à nos convictions. Nous ne sommes pas calculateurs et opportunistes comme les vieux partis. Et selon nos convictions, tout parti doit avant tout se demander ce qui est bon pour l’intérêt collectif et non pour notre réélection. Nous n’accorderons notre appui au gouvernement que si un dossier nous apparaît bon pour l’avenir du Québec; s’il ne l’est pas, nous le combattrons, comme ce fut le cas du Plan Nord, un dossier qui est trop teinté d’intérêts particuliers, où c’est le privé qui s’enrichit avec nos ressources. Nous sommes pour l’exploitation des ressources, mais au profit des Québécois. Nous serons néanmoins très ouverts à collaborer avec un gouvernement qui vise les intérêts collectifs », a fait savoir M. Aussant.

12 commentaires
  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 4 septembre 2012 02 h 50

    bonne chance à Aussant dans Nicolet-Bécancuort. En espérant que ON et QS soient ensemble à la prochaine élection générale.

    Guillaume Blouin-Beaudoin

  • Anne Marie Thouin - Inscrite 4 septembre 2012 07 h 50

    Un peuple se relève

    Trois évènements mémorables auront eu lieu en 2012. La force du mouvement étudiant, la naissance de Option Nationale et bien entendu la fin du régime Charest.

    Vous verrez, vous verrez... et dans un avenir pas si lointain, que le Québec se transformera graduellement par non seulement l'audace et l'originalité des candidats ON, mais tout autant devant l'intégrité et l'idéologie de ce nouveau parti souverainiste qui a réellement à coeur notre bien collectif.

    Force est d'admettre que nous aurions été encore plus nombreux aujourd'hui à se coller à l'idéologie du parti menée par le charisme de cet être d'exceptio, Jean-Martin Aussant, si certains médias trad. aurait été plus impartiaux tout au long de cette campagne.

    J-M Aussant et ses candidats ont ce don de faire rêver et rassembler à nouveau les souverainistes profondément déçus par la direction du PQ. La jeunesse et l'enthousiame sont derrière M. Aussant certes, mais plus encore ceux qui en ont véritablement soupé des promesses électorales désuettes qui ne nous mènent nulle part.

    Avec Option nationale le «Maître chez nous » prend de nouveau tout son véritable sens : Nationalisons nos ressources et rapatrions nos lois, nos impôts et nos traités au plus sacrant tout en respectant les communautés des Premières nations dans tous nos projets d'avenir.

    Merci Jean-Martin Aussant pour votre droiture inébranlable tout au long de votre excellente campagne. Vous êtes un modèle inspirant à suivre.

  • Marie-Ève Duchesne - Inscrite 4 septembre 2012 08 h 48

    Une soirée d'élections riche en émotions

    Ce soir, sera fort probablement la fin d'un règne de neuf de M. Jean Charest.
    Plusieurs défaites seront crèves-coeur- certaines se feront dans les larmes. Peut-être que certaines victoires seront de véritables surprises pour les candidats.
    Je souhaite bonne chance à M. Aussant de tout mon coeur.

    • - Inscrit 4 septembre 2012 14 h 31

      Je me joints à vous pour lui souhaiter bonne chance aussi. Je pense qu'une personne de son talent pédagogique est une ressource rare parmi les politiciens actuels au Québec.

  • Jean Lapointe - Abonné 4 septembre 2012 09 h 01

    Pourquoi il ne comprend pas


    Je ne comprends pas comment il se fait que monsieur Aussant ne se rend pas compte qu' en incitant les gens à voter pour son parti, il risque de nuire à l'élection de candidats du Parti québécois.

    Et pourtant, si l'on veut avancer vers la souveraineté, il faut d'abord que des souverainistes soient au pouvoir à Québec.

    Il me semble qu'il n'est pas absolument nécessaire que la souveraineté soit dans la plateforme d' un parti composé de souverainistes pour que ce parti soit considéré comme un parti souverainiste.

    On dirait que monsieur Aussant a négligé de faire une analyse de la situation politique dans laquelle nous sommes. Et je le regrette.

    Je suis d'avis qu'il a fait une erreur en fondant un nouveau parti politique. Il aurait fait oeuvre beaucoup plus utile je pense en restant au sein du Parti québécois.

    Il aurait pu faire le même travail de sensiblisation auprès de la population sans créer de division entre les souverainistes convaincus.

    Je le trouve malheureusement un peu sectaire. Il faut s'unir non pas se diviser si on veut progresser.

    Je fais le même reproche à Québec solidaire.

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 septembre 2012 10 h 51

      Mais c'est tellement valorisant de ne pas avoir à faire de compromis!

    • Francis Lamontagne - Inscrit 4 septembre 2012 11 h 22

      Moi je me demande comment il aurait pu faire avancer les choses au sein du Parti québécois tel qu'il est actuellement? Après tout, on a beau peser sur l'accélérateur quand notre voiture est stallée, ça n'empêche pas que la voiture est stallée!

    • Bernard Plante - Abonné 4 septembre 2012 12 h 17

      M. Lapointe,

      Comme tant d’autres souverainistes, vous vous situez toujours dans le paradigme qui consiste à croire que le PQ est le seul parti qui puisse porter le projet de souveraineté.

      Pourtant, la fondation d’Option nationale (ON) est justement due au fait que le PQ, depuis trop longtemps porte le projet de façon frileuse, semblant le trouver plus souvent qu’autrement gênant.

      La question nationale, de par son caractère fondamental pour l’avenir des québécois, vaut plus que du simple marketing électoral que l’on sort aux quatre ans en se proclamant le seul véhicule pouvant mener à la souveraineté et en le remisant ensuite jusqu’à la prochaine élection. Cette façon d’agir constitue tout simplement une abdication de leadership face à la question nationale. Et c’est justement cette abdication de leadership qui a mené à la création d’ON.

      Naturellement, ON démarre et ne prendra pas le pouvoir lors de la présente élection. Toutefois, je prédis que d’ici quelque temps vous constaterez que pour que notre pays existe réellement un jour, le meilleur véhicule pour nous y mener est sans contredit ON.

      Nous allons tout faire pour vous le démontrer!

      Bernard Plante
      Membre du Conseil national d’Option nationale

    • Gilbert Talbot - Abonné 4 septembre 2012 12 h 34

      Moi je ne comprends pas que vous ne compreniez pas qu'on peut être souverainiste et ne pas être membre du Parti Québécois. On peut être en désaccord avec les politiques de droite du parti québécois, contre ces lucides qui ne veulent qu'enrichir les plus riches au détriment du peuple. On peut vouloir une autre façon d'accéder à l'indépendance, par la mise en place d'une assemblée constituante par exemple. On peut voter selon ses convictions; c'est ça la base de la démocratie. Et si le PQ avait voulu respecter les choix de chacun, il n'aurait pas rayé le scrutin proportionnel de son programme. En lieu et place, il veut ramener de force au bercail, les souverainistes, critiques de ses orientations passés. On verra ce soir comment le peuple répondra et à Jean-Martin Aussant, à QS et aux autres petits partis. Les progrès démocratiques du Québec passent par le progrès de ces petits partis. Et la réponse politique à ce progrès ce n'est pas leur annihilation, mais l'aide à leur expression en mettant en place dès le prochain mandat un véritable scrutin proportionnel.

    • - Inscrit 4 septembre 2012 14 h 37

      Je n'ai pas la même analyse que vous à propos du vote stratégique. Une nuance importante !
      Plusieurs (parmi les jeunes surtout) vont voter ON ou QS qui n'auraient pas voté sans ces options. Alors quand on va faire la somme du PQ de ON et de QS en fin de soirée, on aura un portrait bcp plus juste de la vrai force souverainiste au Québec ! Ça c'est une donnée précieuse pour la suite des choses !

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 septembre 2012 15 h 50

      Ce n'est pas le PQ qui est stallé, c'est le Québec qui assiste, impuissant, à une lutte de coqs souverainistes, chacun voulant aller plus vite que l'autre tout en oubliant que les deux tiers des gens ne suivent plus.

  • Marie-Maude Chevrier Nature Québec - Abonnée 4 septembre 2012 13 h 21

    Nicolas-Bécancour?

    "si ce n’est de conserver nos acquis, soit Nicolas-Bécancour..."

    Encore une étourderie du petit Nicolas? on voulait écrire Nicolet-Bécancour je suppose...