Pauline Marois mise sur le vote des femmes

Saint-Jérôme, Laval et Mascouche  — Durant la campagne électorale, Pauline Marois n’a pas lancé d’appel au vote des femmes mais elle a reconnu dimanche que ce vote pourrait la favoriser.

«Je n’ai pas fait d’appel particulier à l’égard des femmes. Mais ce que je sens sur terrain, c’est que beaucoup de femmes viennent à ma rencontre pour dire la fierté qu’elles auraient d’avoir une femme à la tête du Québec», a affirmé Pauline Marois dans un point de presse en matinée pour lequel elle était accompagnée du candidat dans Saint-Jérôme, Gilles Robert, qui affronte le gros canon de la Coalition avenir Québec, Jacques Duchesneau, du candidat vedette dans Laval-des-Rapides, Léo Bureau-Blouin, et du chansonnier et militant Paul Piché.
 
Selon la chef péquiste, l’élection d’une femme première ministre représente pour nombre d’électrices «le signal que tout est possible pour les femmes». 
 
«Ça met aussi sur mes épaules une responsabilité très grande pour être capable de faire en sorte que le Québec continue d’améliorer le sort des femmes, le sort des familles», a-t-elle ajouté en s’engageant à «continuer à travailler dans la recherche de l’égalité entre les hommes et les femmes»
À titre d’illustration, lors d’un des bains de foule qui ont ponctué sa journée, Pauline Marois fut interpellée par une femme âgée qui lui a dit: «J’ai 80 ans et je veux voir ça avant de mourir une femme première ministre.»
 
Comme la veille, Pauline Marois n’a pas voulu s’engager formellement à nommer un conseil des ministres formé d’autant de femmes que d’hommes. Elle doit attendre de voir quels sont les candidats péquistes qui seront élus. «Je voudrai tendre évidemment à la parité et si c’était possible, à la majorité», a-t-elle dit.
 
Couronne Nord

À son programme dimanche, figurait une tournée de six circonscriptions dont cinq de la couronne nord de Montréal, dans le décisif 450 où le PQ et le CAQ se livrent des luttes très serrées. En cette fin de campagne, la chef péquiste mise surtout sur des rencontres avec monsieur et madame tout-le-monde comme ce fut le cas au Marché public 440, dans Sainte-Rose, à la Fête de la famille au Centre de la nature à Laval, dans Mille-Îles, et au Festival de la peinture de Mascouche, dans Masson. Il y avait là une certaine effervescence autour de Pauline Marois: elle a serré des centaines de mains, lancé des centaines de «Vous allez bien ?», souri à des centaines d’enfants, posé plusieurs dizaines de fois pour des photos avec des quidams qui voulaient avoir un cliché d’eux avec la «future première ministre du Québec».
 
Pauline Marois s’est dit «très, très sereine» en cette fin de campagne: en fait, les stratèges péquistes s’attendent à faire mardi un peu mieux que les scores indiqués par les sondages, ce qui assurerait au parti la majorité tant convoitée. La chef péquiste ne sent pas que l’élection «lui glisse entre les doigts», comme lui a suggéré une journaliste mais «plutôt un aire d’aller» qu’elle entend consolider d’ici le jour du scrutin. 
 
Piché critique QS et ON

Paul Piché a décidé de donner un coup de main au PQ non pas seulement pour la question nationale mais pour  «réparer» le tissu social mis à mal par des décisions «un peu trop destructrices» du gouvernement libéral. 
 
En 2008, le chansonnier a fait un don à Amir Khadir de Québec solidaire bien qu’il n’ait pas voté pour ce parti. Cette fois-ci par contre, Amir Khadir n’a rien reçu de lui. «Je n’ai pas aimé son discours sur la souveraineté si nécessaire et pas nécessairement la souveraineté», a-t-il laissé tomber.
 
Quant à Option nationale, Paul Piché voit dans son chef Jean-Martin Aussant «un plaideur pour la souveraineté comme on n’en a pas vu depuis longtemps». Mais il juge que le programme d’ON, basé sur l’adoption d’une constitution avant même que le Québec accède à la souveraineté, «est beaucoup plus compliqué que celui du Parti québécois». 
 
En outre, Paul Piché s’oppose à l’idée de déclarer la souveraineté du Québec dès qu’ON remporte l’élection. «On ne peut rejeter l’Histoire du revers de la main», a-t-il dit. Il existe une «jurisprudence politique» au Québec comme ailleurs dans le monde qui veut que l’accession à la souveraineté passe par la tenue d’un référendum.
 
«La meilleure façon d’amener les Québécois à la faire [le choix de la souveraineté], c’est d’avoir cette gouvernance souverainiste qui est suggérée par Mme Marois. C’est le chemin le plus démocratique», croit Paul Piché.
 
Le Devoir