Le Parti québécois s’allie finalement aux opposants à Old Harry

Havre-aux-Maisons, Îles de la Madeleine – Grand soulagement du côté des environnementalistes madelinots. À six jours du scrutin, le Parti Québécois a annoncé, mercredi soir, qu’il s’alliait à la Coalition Saint-Laurent, le plus important regroupement canadien d’opposants à une exploration rapide des hydrocarbures dans le Golfe, et qu’il consulterait même celle-ci lorsque viendrait le temps d’analyser l’étude environnementale stratégique (ÉES) que mène la firme Genivar pour le compte du ministère des Ressources naturelles et de la Faune.

«Le Parti Québécois va s’allier à la Coalition Saint-Laurent, a annoncé sobrement la candidate du Parti Québécois aux Îles de la Madeleine, Jeannine Richard, lors d’une rencontre avec les électeurs. La Coalition, c’est une banque d’information et le Parti Québécois, avec Daniel Breton, va s’affilier et s’allier avec elle pour analyser les études que mène Génivar présentement. Il faut qu’elles soient analysées par des experts indépendants de Génivar, on ne prendra pas ces études-là pour acquises.»
 
Le candidat de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Daniel Breton, a expliqué ce rapprochement par le souhait du Parti Québécois de varier ses sources d’expertise en faisant davantage appel à des conseillers indépendants en matière énergétique.
 
«On a besoin de gens indépendants pour analyser la situation énergétique actuelle, a-t-il déclaré. Lorsque c’est un promoteur qui fait cette expertise, il y a toujours, en arrière-pensée, le fait que c’est un promoteur.»
 
Sans désavouer l’ÉES de la firme Génivar, M. Breton a dit qu’il se garderait «une petite gêne» lorsqu’il recevrait le rapport final. «On vient de passer neuf ans d’un gouvernement qui s’est systématiquement fier à des promoteurs pour prendre ses décisions en matière d’énergie. C’est pas les promoteurs qui doivent décider de l’énergie au Québec, c’est les Québécois.»
 
Ce rapprochement ne signifie pas que la Coalition appuie la formation de Pauline Marois dans la présente élection. Elle a d’ailleurs immédiatement réagit à cette annonce en réaffirmant sa neutralité politique. «La Coalition Saint-Laurent tient à rappeler qu’elle n’est affiliée ou liée à aucun parti politique», a précisé la porte-parole de la Coalition, Danielle Giroux.
 
Celle-ci a tout de même salué l’évolution de la position de la chef Pauline Marois, qui s’est récemment déclarée en faveur d’un BAPE sur la question après le dépôt de l’ÉES par Génivar. «On voit qu’il y a un cheminement qui s’est fait au cours des dernières semaines», s’est-elle réjouie.
 
Cette «alliance» est largement perçue comme une victoire par les groupes environnementalistes des Îles de la Madeleine, qui ont toujours enjoint le Parti Québécois d’adopter une position claire sur la question du gisement Old Harry. La Coalition estime, en effet, qu’il est trop tôt pour se lancer dans l’exploration d’hydrocarbures dans le Golfe et recommande au prochain gouvernement de ne pas lever le moratoire en place.
 
«C’est clair que pour nous, actuellement, les conditions ne sont pas en place pour permettre une exploration ou une exploitation, est d’avis Mme Giroux. Cela inclut les levés sismiques, le forage et l’exploitation. Les gens qui ont une connaissance du dossier partagent cette vision-là et ça paraissait déjà dans le rapport préliminaire de Genivar. Pour moi, ça serait complètement irresponsable qu’un prochain gouvernement décide, à la lecture du rapport final de Génivar, de lever le moratoire en tout ou en partie dans le Golfe.»

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