Le yacht d’Accurso fait escale dans la campagne électorale

Jean Charest a dû encore une fois défendre l’intégrité de ses ministres à la suite d’une charge de Jacques Duchesneau
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Jean Charest a dû encore une fois défendre l’intégrité de ses ministres à la suite d’une charge de Jacques Duchesneau

Saint-Romain – Exaspéré, Jean Charest a répété mercredi matin qu’aucun de ses ministres n’avait séjourné sur le Touch, le bateau de l’entrepreneur controversé Tony Accurso. La polémique a été relancée mercredi lorsque le candidat de la Coalition avenir Québec, l’ancien chef de police Jacques Duchesneau, a affirmé au micro du 98,5 que des ministres du « gouvernement actuel » de M. Charest avaient été reçus sur le Touch. M. Accurso a été arrêté deux fois au cours de la dernière année, dont une fois ce mois-ci.

 

Le chef libéral a nié de manière vigoureuse ces allégations, soutenant que déjà, en octobre 2009, il avait posé la question aux membres de son conseil des ministres et qu’à ce moment, tous avaient nié avoir voyagé sur le Touch. Il s’est dit attristé par le type de politique que l’ancien policier a choisi de pratiquer, soutenant qu’il lançait des accusations sans citer de noms. L’ancienne adéquiste Sylvie Roy, a-t-il rappelé, avait déjà lancé ces allégations en pleine Assemblée nationale et avait dû admettre qu’elles étaient basées sur des ouï-dire.


Répliquant par l’attaque, le chef libéral a rappelé que des membres du parti dont est issue la CAQ, l’ADQ, avaient été invités par M. Accurso dans un restaurant au coût de 14 000 $. « Ça fait cher de l’aile piquante », a-t-il ironisé.


Afin d’illustrer par l’absurde le climat de suspicion qui s’est installé en raison de ce type d’allégations, il a interrogé à la blague des journalistes pour savoir s’ils étaient eux aussi allés sur le bateau du célèbre entrepreneur. Tout de même, si jamais un de ses ministres avait omis de l’informer au sujet d’un voyage sur le Touch, celui-ci aurait de « sérieuses explications à fournir », a-t-il concédé.

 

Legault appuie Duchesneau


François Legault a défendu son candidat lors d’une conférence de presse à Saint-Bruno. « Il s’est fait poser une question directe, il a répondu de façon directe. C’est quelqu’un qui est franc, il n’est pas à l’aise de mentir. S’il avait menti, on le lui reprocherait. »


Selon M. Legault, « le seul qui devrait être mal à l’aise, c’est Jean Charest qui a déclenché une élection avant les audiences publiques de la commission ». D’ailleurs, M. Legault aurait aimé que cette question (l’identité des ministres libéraux) soit posée à Jacques Duchesneau lors de son passage devant la commission.


« Si les libéraux avaient vraiment voulu avoir une réponse, ils auraient posé la question, a-t-il dit. Mais M. Duchesneau a eu des questions sur la taille de ses toilettes, de son cabinet et de ses classeurs. Il était ouvert à donner des noms. » Le chef de la CAQ a suggéré aux journalistes d’être « patients » : « À compter du 17 septembre, des gens vont venir dévoiler ces noms », a-t-il dit.


M. Legault a répété ne pas être au courant des informations qu’a récoltées Jacques Duchesneau lors de son passage à l’Unité anticollusion. « Posez-lui les questions, mais je ne suis pas au courant. »

13 commentaires
  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 30 août 2012 01 h 43

    Pourquoi ressortir de vieilles histoires sales quand...

    ... quand on en a des récentes.

    Les libéraux ont déjà la réputation entachée ; c'est inutile, quoique plaisant et défoulant, d'en rajouter.

    Certes, le ménage doit être fait : c'est pour ça que l'on est sortis ce printemps avec nos casseroles et avons pu faire céder un Charest, alors avec un "mandat fort" et ses "2 mains sur le volant".

    Par contre, il faut demeurer critiques de ceux qui se réclament d'être les grands nettoyeurs.

    À l'époque où Duchesnault témoignait devant la commission Charbonneau, disant que jamais il ne retournerait en politique, j'avoue avoir apprécié sa recherche et le courrage de sa prise de parole ; aucun besoin de remonter à l'époque de sa candidature à la mairie, en rétrospective son apparition à la commission apparait maintenant politiquement intéressée et planifiée, et donc tristement un peu moins crédible.

    Quant à Legault, on peut se questionner sur sa volonté d'honorer la loi électorale aux débuts de la CAQ, alors osbl.
    Pourquoi payer pour s'enregistrer comme entreprise, sans pouvoir donner de crédits d'impot aux donnateurs, alors que l'on peut (et l'on doit) s'enregistrer auprès du DGEQ pour récolter des sommes visant à promouvoir une candidature? Legault a d'ailleurs dû sortir 4 versions de sa liste des donnateurs de la CAQ-osbl...

    Je vous invite, électeurs indécis, à vous souvenir de la "passe de cash" de la CAQ-osbl, du contournement flagrant de l'esprit de la loi électorale orchestré par C.Sirois et F.Legault : méritent-t-ils tant que ça leur réputation d'incorruptibles?

    Guillaume Blouin-Beaudoin

  • Jacques Morissette - Abonné 30 août 2012 04 h 52

    Le parti Libéral de Jean Charest.

    Jean Charest devrait nommer ses Ministres des Évesques et aussi des Cardinaux. Et puis, tant qu'à faire, pourqui ne pas nommer Jean Charest Pape. Le parti Libéral de Jean Charest n'est pas loin, avec lui, de devenir religion.

    • Jacques Morissette - Abonné 30 août 2012 09 h 49

      Discussion avec une amie à ce sujet qui dit ceci : plutôt que de le coiffer d'une tiare de pape, pourquoi pas penser à parrain.

  • Francois Cossette - Inscrit 30 août 2012 06 h 19

    Déclaration de charest

    Déclaration de charest ....

    Ces allégations sont totalement fausses, je n'ai vu aucun de mes ministres lors de mes nombreuses visites sur le bateau de mon ami toni ......

    • Dany Tanguay - Inscrit 30 août 2012 12 h 44

      ...........sur le bateau de mon ami Toni.....ou au château de mon ami Paul.....

  • Marc Lacroix - Abonné 30 août 2012 06 h 20

    J'ai hâte au 17 sept !

    Je pense que le départ des travaux de la commission Charbonneau risque d'être intéressant. Évidemment, pour l'instant M. Duchesneau ne peut pas dire n'importe quoi sans risque de poursuites, mais une fois devant les commissaires les délateurs seront protégés... et "obligés" de parler. On peut déplorer le fait que ceux qui seront éventuellement blâmés par la commission ne se retrouveront pas en prison, mais le système de corruption organisé qui semble en place risque d'apparaître au grand jour - c'est déjà une bonne chose.

    Il faut réaliser qu'une enquête criminelle prend énormément de temps et de ressources et qu'en cours d'enquête un "poteau" peut facilement plaider "coupable" fermant ainsi le dossier et permettant à la véritable "tête" du système la possibilité de se sauver. Personne ne peut forcer qui que ce soit à parler lors d'une enquête criminelle, mais tout le monde doit parler si convoqué par une commission d'enquête. Le simple fait de montrer à la population qu'on a trempé dans des combines douteuses et d'être obligé de dire à répétition "Je ne me souviens plus" est en soi une punition non négligeable. Étant donné le nombre de témoins qui peuvent être convoqués déjà il y a beaucoup plus de chance que quelqu'un parle et compromette des gens qui auraient préféré rester dans l'ombre...

    Le PLQ, le PQ, en fait un peu n'importe qui risque de se faire "ramasser" par la commission, mais peu importe la "couleur", je souhaite que les corrompus et leur système cessent de parasiter nos vies !

    • Catherine Paquet - Abonnée 30 août 2012 10 h 21

      Monsieur Lacroix,
      Et si on renverse vos suppositions. Si le Rapport Duchesneau n'était que des oui-dire que les témoins ne se souviennent même plus d'avoir racontés à M. Duchesneau. On se retrouverait avec des politiciens qui auront perdu leurs élections et qui autont été jugés et remplacés, sans aucune preuve.

    • Jacques Beaudry - Inscrit 30 août 2012 11 h 56

      Mais Duchesneau dit n'importe quoi. Je le croirais tout de go s'il affirmait qu'il a vu de ses yeux vus des ministres du PLQ sur le fameux bateau. Ce n'est pas le cas. Une accusation gratuite et sans preuves pour le démontrer. Cependant la photo où on le voit avec le frère d'un membre de la mafia est bien une preuve qu'il fréquente des individus louches. M. Duchesneau perd beaucoup de lustre pour arriver à ses fins électoralistes.

  • Catherine Paquet - Abonnée 30 août 2012 07 h 28

    Qui a lu l Rapport de Jacques Duchesneau?

    Moi je l'ai lu et relu. Près de la moitié de ce Rapport est composée de citations de journalistes, d'extrait de pages de journaux et de livres, plus ou moins connus.
    L'autre moitié est formée de oui-dire de témoins dont on ne connaît pas la déclaration exacte, ni l'identité, ni la crédibilité. Ainsi, il faudrait accuser les Libéraux d'être corrompus parce que M. Duchesneau nous dit qu'un témoin lui aurait dit être au courant que des ministres du gouvernement en place auraient séjourné sur le bateau de M. Accurso. Quand, combien de ministres, combien de temps? On le saura peut-être si le témoin se souvient d'avoir dit celà à M. duchesneau, s'il se souvient d'où lui vient ce renseignement et si la source d'information de ce témoin existe vraiment et est crédible.
    Tout celà fait bien des inconnus et beaucoup de "SI" qui ne devraient rassurer personne sur le type de gestion que nous promet M. Duchesneau une fois au pouvoir à Québec.