Charest réplique à Duchesneau: aucun ministre n'a mis le pied sur le bateau d'Accurso

Saint-Romain – Paraissant exaspéré, Jean Charest a répété mercredi matin qu’aucun de ses ministres n’avait séjourné sur le bateau de l’entrepreneur controversé Tony Accurso, le Touch.

La polémique a été relancée ce matin lorsque le candidat de la Coalition avenir Québec, l’ancien chef de police Jacques Duchesneau, a affirmé au micro du 98.5 que des ministres du «gouvernement actuel» Charest étaient montés à bord du fameux bateau. Tony Accurso a été arrêté deux fois dans la dernière année dont ce mois-ci par la GRC. Parmi les chefs d’accusations auxquels il doit faire face, on trouve «complot, fraude, faux et abus de confiance auprès d’un fonctionnaire public».

Le chef libéral a nié de manière vigoureuse ces allégations, soutenant que déjà, il y a deux ans, il avait posé la question aux membres de son conseil des ministres et qu’à ce moment, tous avaient nié avoir voyagé sur le Touch. Il s’est dit attristé par le type de politique que l’ancien policier a choisi de faire, soutenant qu’il lançait des accusations sans nommer de noms. Il a rappelé que la candidate caquiste dans Arthabaska, l’ancienne adéquiste Sylvie Roy, avait déjà effectué ces allégations en pleine Assemblée nationale et que celles-ci avaient été niées. Dans une entrevue, Mme Roy avait admis, a rappelé M. Charest qu’elle n’avait que des ouï-dire.

Répliquant par l’attaque, le chef libéral a rappelé que des membres du parti ancêtre de la CAQ, l’ADQ, avaient été invités par M. Accurso dans un restaurant au coût de 14 000 $. «Ça fait cher de l’aile piquante», a-t-il ironisé.

Aux yeux de M. Charest, les Québécois doivent se demander s’ils souhaitent être gouvernés par des gens qui se comportent de manière aussi «inacceptable» que les caquistes.
 
Et vous ?

Afin d’illustrer par l’absurde le climat de suspicion qui a été selon lui généralisé par ce type d’allégations, il a interrogé à la blague des journalistes pour savoir s’ils étaient eux aussi allés sur le bateau du célèbre entrepreneur. «On est tous suspects», a-t-il lancé.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il ne traînait pas devant les tribunaux ceux qui professent de telles allégations, M. Charest a répondu qu’il était en campagne électorale et ne pouvait passer son temps dans les bureaux d’avocat pour rédiger des mises en demeure. Le drame, a-t-il expliqué, est que dès qu’on ne réplique pas à de telles accusations, on «donne l’impression qu’on cache quelque chose», s’est-il désolé.

Tout de même, si jamais un de ses ministres avait omis de l’informer au sujet d’un voyage sur le Touch, celui-ci aurait de «sérieuses explications à fournir», a-t-il concédé.

D'autres détails suivront.