Pauline Marois se décrit comme la meilleure alliée des entrepreneurs


	La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a reçu les compliments du maire de Montréal, Gérald Tremblay, au sujet des engagements de sa formation à l’égard de la métropole.
Photo: - Le Devoir
La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a reçu les compliments du maire de Montréal, Gérald Tremblay, au sujet des engagements de sa formation à l’égard de la métropole.

En présentant son plan économique à la communauté d’affaires de Montréal, Pauline Marois est entrée en collision frontale avec le programme de François Legault.

 

« Nous sommes donc devant deux visions complètement opposées de la gestion des finances publiques et de la fiscalité des entreprises. M. Legault multiplie les promesses et les dépenses et il considère qu’il sait mieux que les dirigeants d’entreprises et que les entrepreneurs ce qui est bon pour eux. Moi, je crois au contraire que l’État doit travailler avec les gens d’affaires et les entrepreneurs pour maximiser les politiques fiscales et vous aider à enrichir durablement le Québec », a déclaré, mardi, Pauline Marois dans un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. L’organisme avait invité les chefs des trois principaux partis à s’adresser à ses membres durant la campagne électorale. Seule la chef péquiste a accepté l’invitation à ce jour.


Pauline Marois a attaqué l’engagement de la Coalition avenir Québec de retrancher 2 des 4 milliards des crédits d’impôt et des dépenses fiscales liées aux entreprises (plutôt que 4 milliards, le PQ en voit 3,3 milliards) pour verser cette somme à Investissement Québec, qui serait chargée de consentir les aides fiscales au cas par cas. C’est mettre les projets d’investissement des entreprises « à la merci de décisions arbitraires », juge la chef péquiste.


Elle a critiqué la CAQ qui voudrait abolir des crédits d’impôt destinés aux secteurs de pointe que sont notamment l’aéronautique, les sciences de la vie et les jeux vidéo, qui « ont fait le succès économique de Montréal ». Ce sont 760 millions pour la recherche-développement, 233 millions pour les technologies de l’information et 113 millions pour le multimédia.


François Legault cache des éléments de son cadre financier, a accusé Pauline Marois, soit l’élimination du taux d’impôt réduit pour les PME et une réduction des dépenses déductibles, ce qui se traduit par une hausse du fardeau fiscal des entreprises.


Pauline Marois a mis en doute le « courage » dont dit vouloir faire preuve François Legault. Elle a dénoncé le fait que cet ancien membre du gouvernement Bouchard - il a été élu en 1998 - a renié le déficit zéro alors qu’elle-même a assumé les décisions qui ont conduit à l’atteinte de cet objectif, décisions qui « ont demandé beaucoup de courage ».


« Cette attitude manque cruellement de courage. Pour François Legault, le courage, c’est un mot, un slogan. Pour moi, c’est une réalité », a-t-elle fait valoir.


Dans son discours, Pauline Marois a presque totalement ignoré Jean Charest pour réserver ses salves au chef de la CAQ. Interrogée par les journalistes, elle a reconnu que c’était maintenant une lutte à deux entre le PQ et la CAQ. « On constate que M. Charest a un petit peu de difficulté à se repositionner dans la campagne. Faut dire que c’est un gouvernement usé, fatigué qui a perdu de ses ténors », a-t-elle dit, une allusion aux départs de vice-premières ministres, comme Nathalie Normandeau, Line Beauchamp ou Michelle Courchesne.


Au sujet d’Hydro-Québec, Pauline Marois a dit s’interroger sur le « plan secret » que pourrait cacher François Legault pour hausser les tarifs d’électricité au-dessus du 1,6 milliard déjà prévu par le gouvernement Charest. Elle a évoqué des échanges qu’elle a eus avec son ancien collègue. « M. Legault a toujours souhaité qu’on augmente les tarifs d’électricité. Il disait que je manquais de courage si je ne le faisais pas. »


Devant les gens d’affaires, Pauline Marois a vanté ses réalisations en matière de finances publiques, à titre de ministre des Finances et de présidente du Conseil du trésor, notamment son budget de 2001 où elle a remboursé 500 millions de la dette. Elle a dit vouloir continuer dans cette « voie responsable et rigoureuse » tout en rappelant son engagement de maintenir à 2,4 % la croissance annuelle des dépenses du gouvernement.


Pauline Marois a parlé du déficit commercial du Québec comme de « l’immense éléphant dans la pièce ». Ce déficit commercial atteint 25 milliards, soit 7 % du Produit intérieur brut (PIB), soit un pourcentage deux fois plus important qu’aux États-Unis. Un gouvernement du PQ chercherait à le réduire en gardant les sièges sociaux au Québec et en diminuant la facture de pétrole grâce à des investissements dans les transports publics et dans les énergies vertes.

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