Legault refuse de nommer une candidate ministrable

François Legault a refusé d'identifier une candidate qui ferait assurément partie de son futur cabinet.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir François Legault a refusé d'identifier une candidate qui ferait assurément partie de son futur cabinet.

Verchères — Si Gaétan Barrette, Jacques Duchesneau et Christian Dubé sont assurés de devenir ministres si la CAQ est élu, aucune femme ne peut prétendre à ce statut à l'heure actuelle, a indiqué François Legault lundi matin. Il aura «l'embarras du choix» parmi son équipe, mais il n'a pas voulu identifier personne.

Au pied du monument érigé en l'honneur de Madeleine de Verchères, et entouré d'une douzaine de ses candidates, M. Legault a refusé d'en identifier une qui ferait assurément partie de son futur cabinet.

«Comme vous pouvez voir, le choix va être difficile, a-t-il dit. Évidemment, ce sera de faire un arbitrage, on ne veut pas un cabinet de 30 personnes. Sur tous les candidats, il faut en choisir une vingtaine. Ce sera un choix difficile, mais on traversera le pont quand on sera rendu à la rivière.»

Quand on lui a fait remarquer qu'il n'a pas hésité à garantir à MM. Barrette, Duchesneau et Dubé des sièges au conseil, et qu'il pourrait faire de même pour Maud Cohen, Dominique Anglade ou Chantal Longpré, par exemple, M. Legault a indiqué qu'il allait «s'arrêter là». «Mais c'est certain que plusieurs des femmes que vous voyez ce matin seront au conseil», a-t-il promis. «Ne vous inquiétez pas, il y aura une très bonne présence des femmes.»

Le chef de la CAQ a mentionné qu'il a dû avancer certains noms en début de campagne pour prouver que la coalition avait des ressources. «Au début, on voulait savoir quelles personnes seraient capables d'exercer le pouvoir, parce qu'on disait que la CAQ était le parti d'un seul homme», a-t-il dit.

Dans la foulée, M. Legault n'a pas voulu promettre qu'il «visait la parité» homme femme au sein de son cabinet. «Ce qui est certain, c'est qu'il y aura une bonne présence des femmes. Mais il faut tenir compte de plusieurs critères, notamment la représentation entre les régions.»

Selon les chiffres du Directeur général des élections, Québec solidaire est le parti qui compte le plus de femmes dans ses rangs, soit la moitié des candidats. Le Parti libéral a 38,4 % de femmes dans ses rangs, le Parti québécois 27,2 %, Option nationale 23,1 % et la CAQ ferme la marche avec 21,6 %.

Électorat féminin

En organisant un point de presse avec une douzaine de candidates — dont la moitié ont pris la parole après une présentation détaillée de leur curriculum vitae par l'ex-animatrice Jocelyne Cazin —, M. Legault a lancé lundi matin une offensive pour repositionner la CAQ au sein de l'électorat féminin. Il avait reconnu le 16 août un «écart» entre son parti et les autres dans les appuis de l'électorat féminin, et avait promis de tenter de «plaire davantage aux femmes».

«C'est important qu'on voie qu'on a des femmes engagées, des femmes de tête [dans l'équipe de la CAQ], a-t-il expliqué. Elles ne sont pas toujours connues, mais quelques-unes sont un peu connues. Vous avez parlé beaucoup de M. Barrette et M. Duchesneau au début, mais là on voit un petit échantillon des femmes de notre équipe, qui ont à coeur l'avenir des enfants, des patients, du Québec. C'est important qu'on présente aussi cette image.»

De même M. Legault a-t-il évoqué l'importance pour la CAQ de parler «des services» que le parti veut offrir aux Québécois, alors que son message a beaucoup été centré sur la lutte à la corruption. Cette dernière est une «étape préliminaire pour être capable ensuite d'avoir un Québec meilleur», a soutenu le chef caquiste.

Plus de détails à venir.

 
16 commentaires
  • Céline A. Massicotte - Inscrite 27 août 2012 11 h 54

    Tiens don'

    La CAQ, selon les propos de Legault, serait-elle passé du "parti d'un seul homme" concept qu'il voulait éviter, à... parti d'une gang de gars, comme on dirait en bon québécois?

  • Gilles Théberge - Abonné 27 août 2012 12 h 21

    C'est pas très grave

    Parce que Legault ne sera pas premier ministre.

    • Sylvain Auclair - Abonné 27 août 2012 12 h 35

      Mais s'il n'est pas premier ministre, va-t-il faire comme Pierre Bourque et refuser de siéger?

  • Robert Devault - Inscrit 27 août 2012 12 h 34

    Le ''père Noel'' récidive

    ''Il va y avoir beaucoup de femmes au cabinet''.
    Combien et lesquelles ? : ON VERRA !!!
    Le seul faiseur de miracles en qui j'ai et continue de croire est décédé il y a 2000 ans passées.
    Alors,tout les autres fumistes,pelleteux de boucane,vendeurs de miracles....et autres,ils me font rire !

  • Pierre Marcotte - Inscrit 27 août 2012 13 h 07

    Liberté, égalité, soeuralité

    Je ne comprends pas le besoin d'arriver à la parité hommes/femmes dans un cabinet de ministres. Bien sûr, les femmes sont autant intéressées. Bien sûr, une femme peut parfaitement être ministre des finances ou de l'industrie. Je ne remets pas cela en question.
    Ce que je questionne, c'est la discrimination positive de toutes sortes. Pourquoi pas choisir un ministre gaucher ? Une ministre lesbienne ? Un ministre allergique au gluten ? Si vraiment on croit à l'égalité homme/femme au Québec, et j'en suis, on cessera de pousser une candidature uniquement basé sur le système reproducteur de cette personne.
    Si les meilleures personnes sont toutes des femmes, soit. Si ce sont tous des hommes, soit.
    On ne fait pas avancer une cause en l'enfonçant dans la gorge des gens.

  • Donald Bordeleau - Abonné 27 août 2012 14 h 15

    Inquiet pour les femmes.

    Monsieur Legault contre les femmes

    Voilà! L'écoute: de part et d'autre, c'est ce qui manque le plus et ça dans presque tous les domaines, de nos jours.

    Les "maîtrises" et "doctorats" donnent des connaissances et des outils pour performer dans une profession ou travail quelconque, mais ne donnent pas la faculté d'écouter, d'analyser, de planifier, de bien juger les situations n'en déplaise à Monsieur Legault.

    De prendre des décisions éclairées pour le mieux être de ceux et celles qu'ils serviront et qui, par le fait même, les feront vivre, pas seulement monétairement, mais surtout par la satisfaction du devoir accompli, par la fierté d'avoir rendu de bons services et d'être les artisannes de l'évolution de notre société.