Marois se voit chef d’un gouvernement majoritaire

Le dernier sondage de Léger Marketing, paru samedi dans les journaux de Quebecor, place le PQ à un cheveu d’une majorité. Les libéraux ne récoltent plus que 18 % des intentions de vote chez les francophones.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le dernier sondage de Léger Marketing, paru samedi dans les journaux de Quebecor, place le PQ à un cheveu d’une majorité. Les libéraux ne récoltent plus que 18 % des intentions de vote chez les francophones.

Pauline Marois refuse d’envisager de diriger autre chose qu’un gouvernement majoritaire, mais son candidat dans Rosemont, Jean-François Lisée, évoque la possibilité d’une défaite du Parti québécois si les sympathisants de Québec solidaire et d’Option nationale ne se rallient pas au PQ.

Pauline Marois était dans la circonscription de Rosemont puis, en traversant la rue Masson, elle s’est retrouvée dans Gouin où, pour la troisième fois depuis le début de la campagne électorale, elle est venue appuyer le député sortant, Nicolas Girard, qui affronte la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, dont la popularité a été dopée par sa prestation au débat des chefs de dimanche dernier.


« S’il nous manque un comté parce qu’il a voté Québec solidaire ou parce qu’il a voté Option nationale, le lieutenant-gouverneur ne va pas les appeler pour additionner leurs comtés aux nôtres. Tous les souverainistes vont être dans l’opposition et ce sera des fédéralistes de droite au pouvoir pendant quatre ans. Le 4 septembre, c’est le temps de s’unir au-delà de nos divergences mineures pour vraiment tourner la page sur les années Charest », a livré Jean-François Lisée aux journalistes alors qu’il accompagnait dimanche midi la chef péquiste dans ses pérégrinations électorales.


Jean-François Lisée a qualifié d’« erreur de jugement » la décision de Françoise David de se présenter contre Nicolas Girard. « Elle veut battre un des meilleurs politiciens de sa génération qui sera un ministre extraordinaire dans un gouvernement du Parti québécois. »


« Nous, au PQ, la mesure de notre succès, c’est de battre les libéraux. Malheureusement, la mesure de succès de Québec solidaire, c’est de battre des péquistes », a-t-il déploré.


Cet ancien conseiller de Jacques Parizeau est embarrassé par l’appui que l’ancien premier ministre a accordé au chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, dans Nicolet-Bécancour. « Il ne m’a pas consulté, a-t-il dit. Ce serait mieux qu’on tire tous dans la même direction. »


Sans l’unité des souverainistes, il n’est pas sûr que le PQ forme le prochain gouvernement. « Je suis inquiet parce que, dans beaucoup de comtés, c’est très, très serré », a-t-il signalé. Il en appelle à tous les progressistes. « Il faut relancer le Québec avec un gouvernement majoritaire du Parti québécois et, ensuite, on aura des débats. On fera la plus grande coalition de l’histoire du Québec avec tous nos amis de Québec solidaire et d’Option nationale pour faire du Québec un pays souverain », a-t-il plaidé.


Lors d’un point de presse en matinée, Pauline Marois avait refusé d’envisager des scénarios de collaboration avec Québec solidaire ou encore avec la Coalition avenir Québec dans le cas où un gouvernement péquiste serait minoritaire au lendemain de l’élection. « C’est une question hypothétique », a-t-elle répondu, répétant qu’elle entend diriger un gouvernement majoritaire.


« La seule option qui existe pour réaliser la souveraineté, c’est un gouvernement majoritaire, et seul le Parti québécois peut l’assurer », a-t-elle poursuivi. La chef péquiste a ajouté que le 4 septembre, « c’est une élection pour choisir un gouvernement » et c’est une consultation populaire, dans un deuxième temps, qui décidera de la souveraineté. Les Québécois perdraient au change avec un gouvernement minoritaire, juge-t-elle.


Pour Pauline Marois, tous les Québécois doivent craindre un gouvernement minoritaire, qu’il soit péquiste, libéral ou caquiste. « C’est une crainte que doivent avoir aussi les citoyens du Québec », a-t-elle dit.


Le dernier sondage de Léger Marketing, paru samedi dans les journaux de Quebecor, place le PQ à un cheveu d’une majorité. Il confirme l’avance du PQ, à 33 % des intentions de vote, alors que la Coalition avenir Québec en recueille 28 % et le Parti libéral 27 %. Les libéraux ne récoltent plus que 18 % des intentions de vote chez les francophones tandis que le PQ domine toujours avec 38 % des appuis, suivi par la CAQ, à 31 %, qui est en progression au détriment des troupes de Jean Charest.

 

Marois rectifie le tir


Au terme de ce point de presse, Pauline Marois a dû revenir sur une des réponses qu’elle a fournies à un journaliste. La question lui avait été posée deux fois plutôt qu’une : quelle suggestion faites-vous aux conservateurs souverainistes ? « Qu’ils fassent leur choix : ils ont deux partis conservateurs devant eux », a-t-elle déclaré.


Interrompant un bain de foule qu’elle prenait dans le quartier Saint-Henri, Pauline Marois a tenu à revoir les journalistes afin de corriger le tir : elle avait tout simplement mal compris la question, croyant avoir entendu « conservateurs fédéralistes ».


« J’ai une chose à dire aux souverainistes conservateurs : le Parti québécois a toujours dirigé le Québec en étant très responsable dans ses politiques économiques, ses politiques sociales audacieuses », a fait valoir Pauline Marois dans un point de presse impromptu sur le trottoir.


« Je dirigerai un gouvernement qui va être responsable », a-t-elle donné l’assurance. Elle en veut pour exemple son cadre financier « qui propose des solutions concrètes pour les familles, pour les personnes âgées, mais qui reste dans des sommes raisonnables pour lesquelles la population a la capacité de payer ».


« Nous n’augmenterons pas le fardeau fiscal et ça, je crois que, pour les conservateurs, c’est une préoccupation », a conclu la chef péquiste.


Dans le point de presse qui avait précédé et où elle a dévoilé des engagements de nature sociale, Pauline Marois avait pourtant décrit l’enjeu de l’élection en ces termes : « C’est sûrement un choix entre les progressistes et les conservateurs, premièrement […] entre les souverainistes et les fédéralistes. »


Pauline Marois a présenté dimanche ses derniers engagements de sa plate-forme électorale. Un prochain gouvernement du PQ consacrera 35 millions de plus, répartis sur cinq ans, pour le logement social, ce qui porte les sommes consenties à ce programme à 210 millions. Le PQ s’engage en outre à améliorer les régimes d’aide et d’indemnisation des victimes d’actes criminels. Il entend aussi dépenser 16 millions par an pour que les personnes qui travaillent à temps plein au salaire minimum soient admissibles à l’aide juridique gratuite. Enfin, le PQ projette d’encadrer les pratiques des agences de placement temporaire qui, souvent, fournissent du travail à des gens particulièrement vulnérables.

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