Marois appelle au ralliement des souverainistes et des progressistes au PQ

Pauline Marois était aujourd'hui à L’Assomption, dans la circonscription du même nom où François Legault tente de se faire élire, avec son candidat Scott McKay. <br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois était aujourd'hui à L’Assomption, dans la circonscription du même nom où François Legault tente de se faire élire, avec son candidat Scott McKay.

Grandes-Piles - Alors que Jacques Parizeau faisait irruption dans la campagne électorale en donnant son appui à Jean-Martin Aussant d’Option nationale, Pauline Marois a lancé un appel aux souverainistes et aux progressistes pour qu’ils se rallient afin d’élire un gouvernement péquiste majoritaire.

«C’est son choix», a affirmé Pauline Marois en parlant de la décision de Jacques Parizeau d’appuyer Jean-Martin Aussant, candidat dans la circonscription de Nicolet-Bécancour. La chef péquiste donnait un point de presse pour dévoiler les engagements du Parti québécois pour l’industrie forestière. «Je vais respecter la décision de M. Parizeau», a-t-elle dit , ajoutant qu’elle avait «le plus grand respect» pour lui. «Je ne m’en suis jamais caché.»

On apprenait samedi matin que Jacques Parizeau avait versé 200 $ à la campagne électorale du chef d’ON, Jean-Martin Aussant, par l’entremise du compte twitter de ce dernier.  L’épouse de l’ancien premier ministre a précisé sur twitter que M. Parizeau appuyait M. Aussant «parce qu’il tient à ce qu’il soit à l’Assemblée nationale».

Pauline Marois a mentionné qu’elle n’avait parlé personnellement à M. Parizeau pour obtenir son appui en vue de la présente élection mais que «des gens qui sont près de nous [...] ont été en contact avec tous ceux et celles qui sont des grands souverainistes dont M. Parizeau».

«Les gens doivent se mettre devant les faits» a plaidé Pauline Marois. Le PQ «est le seul parti capable de former un gouvernement majoritaire, le seul actuellement. Je ne commente pas les sondages mais je pense que les gens sont capables de les lire», a-t-elle dit.

La chef péquiste faisait allusion au dernier coup de sonde de Léger Marketing, paru dans les journaux de Quebecor, qui confirme l’avance du PQ, à 33 % des intentions de vote, et place la Coalition avenir Québec à 28 % et le Parti libéral à 27 %.
Les libéraux ne recueillent plus que 18 % des intentions de vote chez les francophones tandis que le PQ domine toujours avec 38 % des appuis, suivi par la CAQ, à 31 %, qui est en progression au détriment des troupes de Jean Charest.

«Je dis simplement aux Québécois qui nous écoutent: si vous voulez que nous relevions les redevances, si vous voulez que nous nous remettions en marche vers la réalisation de notre projet de pays, seul un gouvernement majoritaire va pouvoir le faire, un gouvernement souverainiste du PQ», a fait valoir Pauline Marois.

Crise étudiante

La chef avait tenu à débuter son point de presse par une charge à fond de train contre François Legault. Elle a dénoncé vertement les propos du chef caquiste qui, dans un bain de foule au casse-croûte Ti-Oui à Saint-Raymond-de-Portneuf vendredi, a déclaré : «Les petites crises comme on en a vu avec les étudiants à la fin du mandat, ce n’est pas idéal.»

Pauline Marois s’est dit «profondément choquée» par cette banalisation de la crise étudiante. «Il n’a pas le minimum de jugement qu’il faut pour être capable de gouverner le Québec», a-t-elle lancé. «Il me semble qu’il a dû voir comme moi les déchirements, les divisions, les affrontements et ce n’était une petite crise», a dit la chef péquiste en mentionnant aussi les gestes de violence perpétrés par des «casseurs».

«C’est ce qui explique que ça ne l’ennuie pas de vouloir provoquer des crises encore plus grosses et causer encore plus de désordre que ne l’a fait M. Charest», a fait valoir Pauline Marois. «On dirait que son fantasme, c’est de causer le plus de trouble possible. Le Québec n’a surtout pas besoin d’un matamore pour diriger le gouvernement.»

Entourée de ses candidats de la région de la Mauricie et du député sortant de Roberval, Denis Trottier, la chef péquiste a promis qu’un gouvernement du PQ rédigera une «Charte du bois» pour fixer des objectifs pour l’utilisation de cette matière dans les bâtiments privés non résidentiels et dans les bâtiments  publics, soit 5 % et 30 % respectivement. En outre, on s’engage à doubler les sommes consacrées aux travaux sylvicoles. sommes qui passeraient à 70 millions par an.

Chemins croisés

Après un passage à Saint-Élie-de-Caxton où elle a serré des mains dans deux restaurants et au Garage de la culture, un musée-galerie d’art qu’on pourrait charitablement qualifié de naïf, Pauline Marois s’est retrouvée à un tournoi de soccer à L’Assomption, dans la circonscription du même nom, où François Legault tente de se faire élire. Dans cette circonscription que Jacques Parizeau a représentée, le chef caquiste affronte la candidate péquiste, Lizabel Corina Nitoi.

Les deux chefs se sont presque croisés sur les terrains de soccer; au moment où arrivaient les autobus des journalistes qui suivent François Legault, Pauline Marois s’est empressée de sauter dans une voiture qui l’a ramenée à son autobus. François Legault débarquait du sien quelques minutes plus tard.

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