Régimes de retraite - Nul besoin du comité D’Amours, dit Legault


	François Legault était à Québec, vendredi, où il a donné un point de presse, entouré de quelques candidats de la Coalition avenir Québec.
Photo: La Presse canadienne (photo) Clément Allard
François Legault était à Québec, vendredi, où il a donné un point de presse, entouré de quelques candidats de la Coalition avenir Québec.

Charlesbourg, Champlain et Saint-Hyacinthe – Le comité D’Amours mis sur pied pour réfléchir sur l’avenir des régimes de retraite pourra vite cesser ses activités si François Legault est élu : le chef de la CAQ a indiqué hier qu’il n’attendait rien du groupe d’experts.


Pour réduire le déficit actuariel de 4,8 milliards dans les régimes de retraite des municipalités, « il n’y a pas 56 000 mesures : il y en a trois,a indiqué le chef caquiste lors de points de presse à Charlesbourg et à Champlain. On peut augmenter les cotisations, hausser l’âge de la retraite ou diminuer les prestations ».


Ainsi, François Legault « ne s’attend pas à des découvertes de nouvelles mesures qui pourraient nous amener à réduire le déficit avec le comité D’Amours », a-t-il dit. « Je comprends que le PQ et les libéraux aiment les sommets et les comités, mais ça ne donne rien d’essayer de gagner du temps. »


Le comité a été créé fin 2011 et doit rendre son rapport à la Régie des rentes d’ici quatre mois. L’ex-président du Mouvement Desjardins, Alban D’Amours, dirige une équipe d’experts fiscalistes comprenant notamment Luc Godbout.


Sur le même thème, M. Legault a réaffirmé vendredi qu’il était enclin à accorder aux villes un droit de lockout pour « rétablir le rapport de forces dans les négociations » avec les syndicats - notamment celles qui auront cours sur la question des régimes de retraite. Et s’il désire toujours discuter de la question avec le président de la FTQ, M. Legault s’est montré ferme sur ses intentions.


« Je suis prêt à écouter les propositions de M. Arsenault pour régler le problème, mais il ne faut pas exclure le droit au lockout », a-t-il dit avant d’ajouter qu’il « est prêt à aller jusqu’au bout ». M. Arsenault avait indiqué au Devoir le 16 août sa vive opposition au projet.

 

Chicane


Cela et d’autres déclarations récentes de François Legault ont fait dire à Jean Charest que le chef de la CAQ cultive une véritable « culture de chicane ».


« Ce qu’il y a d’incompréhensible dans l’approche de M. Legault, c’est cette espèce de culture de chicane et de tiraillements avec les gens, a lancé le chef libéral à Saint-Hyacinthe. Tout le monde reconnaît que gouverner, ce n’est pas prendre des décisions qui sont unanimes. Mais tu ne pars pas avec la prémisse que tu vas te chicaner et que tu vas mettre tout le monde à la porte. »


Dans des entrevues publiées vendredi, M. Legault a dit qu’une fois élu, il ira rencontrer Michael Sabia et Thierry Vandal - patrons de la Caisse de dépôt et d’Hydro-Québec - pour mesurer leur soutien à ses politiques. « Si M. Vandal n’est pas prêt à couper 600 millions et si M. Sabia n’est pas prêt à augmenter à 25 % les participations dans les compagnies québécoises, il va y avoir un changement », a-t-il indiqué au Journal de Québec. Il a ajouté à La Presse qu’il faut « remplacer les sous-ministres et les présidents des sociétés d’État qui ne pensent pas comme nous ».


M. Charest reconnaît qu’il « est vrai qu’un gouvernement travaille avec des gens qui partagent ses objectifs », mais soutient qu’« il y a une différence entre ça et faire une purge dans la fonction publique ».


François Legault a défendu son approche en soutenant qu’il a « choisi ses batailles » : la santé, l’éducation et Hydro-Québec. Il a ajouté hier à ces priorités celle des régimes de retraite. « Contrairement à la réingénierie de l’État [des libéraux en 2003], on ne s’éparpille pas dans 50 priorités », a-t-il déclaré, suggérant qu’il y aura des batailles fermes avec certains groupes, mais pas avec tout le Québec.

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