Référendum : Marois se donne une marge de manoeuvre

La chef péquiste Pauline Marois affrontait mercredi son ancien collègue François Legault.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La chef péquiste Pauline Marois affrontait mercredi son ancien collègue François Legault.

Pauline Marois a tranché : si 15 % de la population demande, par un référendum d’initiative populaire (RIP), qu’un référendum sur la souveraineté soit tenu, le gouvernement ne sera pas obligé de répondre positivement à la demande.


La chef péquiste a précisé en point de presse post-débat que ces RIP ne seront pas exécutoires - alors qu’elle avait affirmé le contraire lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale le 15 février dernier. « Si le résultat [d’un RIP] est de demander que se tienne un référendum sur la souveraineté, à ce moment-là, bien, ça engagera tout le processus normal que prévoit une consultation populaire », avait-elle dit en février. Elle avait ensuite soutenu que ces RIP seront « exécutoires ».


Or, mercredi soir, elle a affirmé le contraire. « Les RIP sont des référendums consultatifs. On demande aux citoyens s’ils veulent un référendum sur la souveraineté […]. On ne peut pas faire un référendum sur la souveraineté par un RIP : on peut le demander. »


Invitée à préciser, Mme Marois a ajouté qu’on peut demander un référendum sur la souveraineté, « pas l’exiger ». « Et à ce moment-là, ça permet une marge de débat pour éviter qu’on fasse un référendum qu’on saurait, à l’évidence, perdu. »


La chef péquiste a indiqué qu’elle souhaite que la loi qui créera les RIP « soit plus exigeante » que la seule règle des 15 % de signatures. « Dans ma tête, il doit y avoir des signatures dans toutes les régions. Mais ça reste consultatif. » Elle a dit faire « confiance à la population pour ne pas prendre de décisions qui iraient à l’encontre de nos intérêts ».


Concernant son débat face à François Legault, Mme Marois s’est dite « satisfaite » des échanges de la soirée. Elle a défendu sa décision de ne pas avoir présenté son cadre financier. N’était-ce pas là une erreur ayant permis au chef de la CAQ de l’attaquer à maintes reprises ? « Non, pas du tout, a dit Mme Marois. Je sais exactement la somme, 992 millions. Je n’ai pas de cadre qui prend 94 engagements avec 3,5 milliards dans le budget en coupant d’un côté et fermant des emplois de l’autre. »


Et quand elle promet de « ne pas régler l’attente dans les hôpitaux », c’est parce qu’elle a « assez d’expérience. Je sais que ça ne se fait pas en criant lapin. Je ne veux pas mentir. […] Sur quatre ans, on va baisser la pression dans les urgences, mais on ne l’éliminera pas. J’aime mieux dire la vérité, parce que demain, quand je vais devoir diriger, je vais pouvoir avoir plus de respect de la part de la population québécoise ».

À voir en vidéo