Marois fera pour 1 milliard de promesses

Pauline Marois
Photo: La Presse canadienne (photo) Francis Vachon Pauline Marois

Lévis et Québec — Ce fut long, mais Pauline Marois a fini par livrer vendredi après-midi une estimation de l’ensemble des promesses qui seront faites par le Parti québécois durant la campagne. La somme avoisinera le milliard de dollars à terme (cinq ans), et sera financée par une augmentation des redevances et la croissance économique, dit-on.

Après avoir défendu à Lévis en matinée sa décision de ne pas dévoiler son cadre financier avant les débats des prochains jours, Mme Marois a fini par lâcher une partie du morceau en après-midi. Pressée de questions, elle a indiqué que les initiatives du PQ gonfleraient d’environ un milliard les finances de l’État après cinq ans, principalement à cause des promesses liées aux centres de la petite enfance et aux soins à domicile.


Le PQ mise sur son projet de réforme du régime de redevances (qui seraient perçues sur la valeur brute, et où le « surprofit » serait imposé) de même que sur la croissance économique pour gonfler les revenus de l’État d’un montant équivalent. Il s’agit forcément d’estimations, a-t-on reconnu.


« Nous déposerons notre cadre financier quand tous nos engagements seront pris », a néanmoins maintenu Mme Marois. Consciente qu’elle sera attaquée lors des débats pour cette décision - alors que les libéraux, les caquistes et les solidaires ont déjà dévoilé leurs chiffres -, la chef péquiste a indiqué que ça « ne l’inquiète pas ».


« Nos engagements sont chiffrables, a-t-elle dit. Ce qui préoccupe les citoyens, c’est d’avoir une approche responsable. Et notre cadre s’inspirera de cet engagement. » Elle a dit connaître les détails du cadre financier, mais désire conserver le dévoilement pour plus tard. « Il n’y a pas de pensée magique dans nos propositions, a-t-elle fait valoir. Je ne promets pas de miracles, de coups de baguette magique, mais je promets de l’action concrète. »

 

Les débats


Cela dit, Mme Marois a indiqué être « un peu stressée » en prévision de la série de trois débats qui commence dimanche. « C’est normal : si je ne l’étais pas, je ne serais pas humaine, estime-t-elle. Ça fait 30 ans que je me prépare à ces débats. J’ai accumulé une certaine expérience. Et la meilleure préparation, c’est cette campagne, le programme qu’on présente, le travail fait dans l’opposition. On a des idées claires. »


À la question de savoir quel chef a mené jusqu’ici la meilleure campagne, 16 % des répondants d’un sondage Léger Marketing publié hier dans Le Journal de Montréal ont choisi Pauline Marois, derrière François Legault (27 %) et Jean Charest (17 %). Interrogée sur le sujet, la chef péquiste a répondu faire « une campagne responsable, raisonnable, avec des engagements mesurés [en opposition à M. Legault] ». « J’aime mieux faire cette campagne qui énonce des idées claires », a lancé Mme Marois.


Quant au style de la campagne, il ne changera pas. Ainsi, quand on lui a demandé si elle craignait de se laisser aller en campagne - elle a offert son meilleur discours de la dernière semaine de façon spontanée, sans notes ni micro, dans un restaurant de Lévis jeudi soir -, Pauline Marois a répondu qu’elle colle généralement aux téléscripteurs pour s’assurer que ses « propos sont très clairs, qu’il n’y a pas d’ambiguïté. Je m’en tiens à un cadre que je me fixe. Mais en présence des militants, j’y vais avec mon coeur, tout simplement. Je me laisse aller un peu plus. Peut-être que je devrais le faire davantage ? Mais c’est ma façon de fonctionner ».


Mme Marois participera dimanche à son deuxième débat des chefs, après celui de 2008. La caravane péquiste sera au neutre jusqu’à mercredi.