Legault ne reniera aucune promesse

François Legault avec certains de ses candidats: Dominique Anglade, Christian Dubé et François Bonnardel.
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson François Legault avec certains de ses candidats: Dominique Anglade, Christian Dubé et François Bonnardel.

Lévis — François Legault a garanti hier que, s’il était porté au pouvoir, il appliquerait le cadre financier qu’il a présenté hier malgré les « surprises » que réserve parfois l’arrivée d’une nouvelle équipe au gouvernement ; et malgré les perturbations que ses changements entraîneraient.

Pas question pour lui de prétexter des trous insoupçonnés pour renier ses promesses, a-t-il certifié. « Ce qu’on propose, c’est ce qui va être réalisé. » En 2003, le gouvernement Charest arrivant au pouvoir avait mandaté l’ancien vérificateur général Guy Breton pour passer aux cribles les finances de l’État. Ce dernier identifia un manque à gagner de 4,3 milliards de dollars par rapport au budget présenté par la ministre des Finances Pauline Marois avant la campagne électorale. Le gouvernement Charest avait invoqué celui-ci pour abandonner certains engagements, a soutenu M. Legault.


S’il devenait premier ministre, le budget du Québec serait équilibré dès le premier exercice financier, a-t-il promis. Au bout de cinq ans, le gouvernement du Québec produirait des petits surplus et 13,207 milliards de dollars auraient été remboursés sur la dette québécoise, entre autres grâce aux ressources naturelles.


Pour ce faire, M. Legault réclamerait entre autres un « effort […] à ceux qui sont un peu plus fortunés ». Il augmenterait de 50 % l’imposition des gains en capital, sauf pour les résidences principales. Cela fournirait annuellement des revenus de 416 millions de dollars. Les riches verraient aussi leurs crédits d’impôt pour dividendes être réduit. Revenus supplémentaires : 127 millions annuellement. Les crédits d’impôt aux entreprises connaîtraient aussi des réductions importantes. Les familles de la classe moyenne, elles, verraient leur fardeau fiscal allégé de 1000 $ par année, ce qui coûterait 1,804 milliard à l’État.

 

Hydro comprimée


Le plus gros de l’effort viendrait d’Hydro-Québec qui, grâce à des « gains d’efficacité », fournirait dès la première année des marges de 110 millions de dollars. Dès la troisième année d’un gouvernement Legault, c’est 600 millions qu’Hydro générerait en revenus supplémentaires.


La CAQ promet aussi de faire des économies substantielles dans la gestion des achats et immobilisations en éducation et en santé, dans l’abolition des agences de la Santé et la fermeture du siège social de l’Université du Québec dans le quartier Saint-Roch à Québec. En tout, 7000 postes dans la fonction publique seraient éliminés, mais par attrition, si bien que « personne ne va perdre son emploi », a promis M. Legault.


Un gouvernement Legault réduirait aussi l’utilisation des médicaments et comprimerait les honoraires versés aux pharmaciens, mesures combinées permettant d’économiser 500 millions de dollars annuellement au bout de trois ans. « Je ne m’attends pas à me faire des amis chez Jean Coutu », a lancé à la blague M. Legault.


La « marge de manoeuvre » serait de 2,211 milliards de dollars à terme et permettrait théoriquement à M. Legault d’offrir un médecin de famille à chaque Québécois en un an. Quelque 300 millions de dollars seraient consacrés à augmenter le salaire des omnipraticiens. Les autres principales promesses - en soins à domicile, en éducation - seraient réalisées dans les années subséquentes, a précisé le chef caquiste.

 

Irréaliste, dit Marois


« C’est irresponsable et irréaliste. Il parle d’abolir des milliers de postes, mais il faudra bien que quelqu’un fasse le travail. Ça ne tient pas la route. C’est de l’amateurisme, des propositions sur un coin de table », a pesté la chef péquiste de passage à Québec.


M. Legault a insisté hier sur le fait que son cadre financier avait reçu l’aval de Marcel Boyer, professeur émérite de sciences économiques à l’UdeM.


Avec Guillaume Bourgault-Côté

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