Choc Khadir-Marois sur la souveraineté

Lui aussi présent à Lévis ce vendredi, Amir Khadir a rappelé que Québec solidaire s'est engagé dans son programme à mettre sur pied une assemblée constituante pour «mettre en marche la souveraineté».
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Lui aussi présent à Lévis ce vendredi, Amir Khadir a rappelé que Québec solidaire s'est engagé dans son programme à mettre sur pied une assemblée constituante pour «mettre en marche la souveraineté».

Lévis - Pauline Marois estime que «Gilles Duceppe n'avait pas tort» de douter des intentions souverainistes d'Amir Khadir... qui juge de son côté ne pas avoir «de leçon d'indépendance à recevoir de personne».

Cette semaine, M. Khadir a indiqué à Radio Centre-ville que pour Québec solidaire, «c'est l'indépendance si nécessaire, mais pas nécessairement». Vendredi matin, Mme Marois a rétorqué qu'il s'agit là d'un «engagement assez tiède [envers la souveraineté]. Je me poserais des questions si j'étais un électeur souverainiste avant de voter pour un candidat qui affirme une telle chose.» C'est là que Mme Marois a suggéré que Gilles Duceppe avait eu en partie raison de s'attaquer à M. Khadir en début de campagne.

Mais Amir Khadir n'a pas apprécié la sortie de Mme Marois. Lui aussi présent à Lévis pour rencontrer l'Union des producteurs agricoles, il a rappelé que Québec solidaire s'est engagé dans son programme à mettre sur pied une assemblée constituante pour «mettre en marche la souveraineté.» Selon lui, le PQ n'a pas «de résolution aussi engagée» envers la souveraineté.  

Il a expliqué sa sortie à la radio en disant qu'il désire que Québec solidaire accueille aussi les fédéralistes progressistes (tout en niant y voir un appel aux électeurs du NPD), avec qui il promet de travailler ensuite (il a parlé d'un «beau risque populaire»). Le candidat de Mercier estime que la citation qu'on lui attribue a été sortie de son contexte global.

M. Khadir a dit vendredi qu'un vote pour Québec solidaire n'est pas «nécessairement» un vote pour la souveraineté, parce que ce vote se fera plus tard (lors d'un référendum). «Si on peut déduire de cette position que je comprends que l'indépendance n'est pas nécessaire, c'est une erreur totale. Ça fait 10 ans que je le répète sur toutes les tribunes. Ce que je dis, c'est qu'il y a de la place dans cette démarche vers l'indépendance pour les gens qui ne sont pas convaincus, mais qui sont assez ouverts pour dire: on va faire le débat ensemble», a lancé M. Khadir aux journalistes de la caravane de Mme Marois.

Pour Option nationale, le constat est toutefois clair. «Lorsqu’un parti se dit souverainiste, l’accession à l’indépendance du Québec doit être véritablement au programme de ce parti, a indiqué le chef Jean-Martin Aussant. Avec Québec solidaire, on constate que comme avec le Parti Québécois, nous sommes encore dans le domaine des "peut-être".»


D'autres détails suivront.