Québec solidaire veut faire doubler le budget de l’OQLF

Québec solidaire refuse de « céder au fatalisme » et propose de lancer une offensive pour « travailler et se faire servir en français ».

Françoise David a annoncé jeudi matin que son parti souhaitait doubler le budget de l’Office québécois de la langue française (OQLF) et investir 15 millions pour l’embauche de personnel supplémentaire afin de faire respecter la loi. Québec solidaire vise principalement les commerces de la ville de Montréal, où le service en français est en perte de vitesse.


« Dans les années 1960, quand j’allais magasiner au centre-ville de Montréal avec ma mère, elle exigeait de se faire servir en français, raconte la porte-parole. Il est incroyable qu’en 2012, on en revienne à une telle situation. »


Pour Québec solidaire, la pérennité du français passe par les milieux de travail, notamment dans les très petites entreprises où il s’avère parfois difficile de travailler en français. « Nous proposons donc de faire passer de 50 à 10 le nombre de personnes employées par une entreprise pour que s’applique la Charte de la langue française », a soutenu Françoise David. Elle déplore également le fait que les grandes entreprises, ces « fleurons de l’économie », ne donnent pas l’exemple en banalisant l’usage du français. Elle fait référence notamment à SNC-Lavalin, qui vient de nommer un nouveau p.-d.g. unilingue anglophone. « Plus d’effectifs à l’OQLF permettrait de vérifier l’application de la Charte dans les grandes entreprises et de les appuyer dans leur transition vers des communications internes et externes entièrement en français », a ajouté le candidat dans Laurier-Dorion, Andrès Fontecilla.

 

Programmes de francisation


Enfin, Québec solidaire veut ajuster les programmes de francisation pour les immigrants, ciblant prioritairement les femmes qui, trop souvent, « parlent moins français que les hommes, sont moins scolarisées dans certains cas et éprouvent des difficultés à suivre des cours de français compte tenu de leurs responsabilités familiales », constate la candidate dans Sainte-Marie -Saint-Jacques, Manon Massé.


Pour elle, ces mesures sont essentielles pour « protéger notre langue et notre culture », c’est pourquoi « une équipe de solidaires à l’Assemblée nationale se tiendra debout pour que cela se concrétise ».

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1 commentaire
  • Emmanuel Denis - Inscrit 17 août 2012 09 h 33

    Travailler en français,ça passe par la loi 101 au cégep


    Les Québécois ne croient pas à la crédibilité de Québec solidaire sur la question du français, car ce parti veut faire travailler les Québécois en français sans obliger les immigrés et les allophones à étudier en français au cégep et à l'école professionnelle...

    Quand des milliers d'infirmières, de techniciennes en service de garde et de travailleurs de la construction auront étudié en anglais au cégep et à l'école professionnelle, que ferons-nous pour les franciser sur le marché du travail ?

    N'allez pas croire que quelques heures d'enseignement en français langue seconde dans les entreprises sera suffisant pour franciser les travailleurs professionnels et le marché du travail !

    Le français au travail, ça commence par la fréquentation des cégeps francophones et des écoles professionnelles francophones par les nouveaux arrivants et les allophones.

    Est-ce logique que le gouvernement québécois offre des programmes collégiaux et professionnels en anglais aux allophones et aux immigrants, mais qu'il exige d'eux la maîtrise du français au travail ?