Legault annule sa rencontre avec le président de la FTQ

Prétextant la campagne électorale, François Legault a annulé hier un rendez-vous avec le président de la FTQ, Michel Arsenault, au sujet du droit de lockout, a appris Le Devoir. Rendez-vous fixé en juin et qui devait avoir lieu dans une semaine.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Prétextant la campagne électorale, François Legault a annulé hier un rendez-vous avec le président de la FTQ, Michel Arsenault, au sujet du droit de lockout, a appris Le Devoir. Rendez-vous fixé en juin et qui devait avoir lieu dans une semaine.

Rivière-du-Loup — Prétextant la campagne électorale, François Legault a annulé hier un rendez-vous avec le président de la FTQ, Michel Arsenault, au sujet du droit de lockout, a appris Le Devoir. Rendez-vous fixé en juin et qui devait avoir lieu dans une semaine.

Depuis sa rencontre avec Régis Labeaume en juin, le chef caquiste dit vouloir accorder à la capitale le droit de lockout, première demande sur la liste du maire de Québec. Aux dires de M.Legault, cela aurait pour effet de « rétablir l’équilibre des négociations avec les employés des municipalités ».


Mais avant de faire sa promesse formellement, M.Legault soutient vouloir rencontrer M.Arsenault pour lui « demander ce qu’il [a] à offrir en échange de la proposition de Régis Labeaume ». La CAQ doit incessamment présenter ses engagements pour Québec. François Legault, mercredi, reprochait au chef libéral Jean Charest d’avoir distribué des millions à Québec, sans avoir accédé à la demande numéro un de M.Labeaume, le droit de lockout.


Depuis quelques jours, le chef caquiste reproche au président de la FTQ de s’être montré difficile d’accès depuis juin. Hier, de nouveau, il a lancé : « Moi, j’ai essayé de contacter le président de la FTQ au mois de juin […] Malheureusement, il n’était pas disponible avant la fin août. » Or, à peine deux heures après la conférence de presse, M.Legault a annulé son rendez-vous avec M.Arsenault, ce qui a surpris l’entourage de ce dernier.


Politique de « millionnaires »


Joint hier, Michel Arsenault dit qu’il offrira une fin de non-recevoir à MM.Legault et Labeaume. À ses yeux, redonner le droit de lockout aux municipalités, « ça n’a pas d’allure ». Selon lui, lorsque les syndicats ont accepté le principe des services essentiels il y a quelques décennies, les villes ont en contrepartie accepté de renoncer au droit de lockout. Si les villes récupèrent ce droit, la ville pourrait mettre ses employés dehors et en plus les forcer à donner des services essentiels ; « voyons donc, tu n’as plus aucun rapport de force ».


M.Arsenault estime du reste que la plateforme caquiste est très hostile aux syndicats. Entre autres l’obligation de tenir un vote secret chaque fois qu’une demande en accréditation est déposée. Le président de la FTQ estime qu’il s’agit d’une « manière hypocrite d’empêcher des gens du secteur privé, les plus bas salariés, de se syndiquer ».


Une plateforme antisyndicale est contradictoire avec le mantra de M.Legault de protéger la classe moyenne, soutient M.Arsenault. « La classe moyenne s’est effritée pas à peu près depuis une trentaine d’années. Et tout ça, c’est directement proportionnel à la baisse du taux de syndicalisation. Quand le taux de syndicalisation baisse, la classe moyenne baisse ! »


En somme, pour M.Arsenault, « M.Legault exécute à 100 % une commande du patronat », soit « saper le rapport de force des travailleurs et empêcher les gens qui font 12, 13, 14 $ de l’heure de joindre un syndicat ». Au fond, selon lui, c’est une politique qui veut qu’on ait « plus de millionnaires au Québec, comme M.Legault et M. [Charles] Sirois, et de moins en moins de gens de la classe moyenne ».

1 commentaire
  • Louis Fournier - Abonné 16 août 2012 00 h 53

    PLQ et CAQ, même engeance

    Deux partis antisyndicaux : le PLQ et la CAQ. Un parti qui a un préjugé favorable aux syndicats et aux salariés, et qui est en mesure d'être élu le 4 septembre : le PQ. C'est clair comme de l'eau de roche.