Sherbrooke - Bellemare songe à se présenter contre Charest

Marc Bellemare croit que le premier ministre a déclenché les élections avant le véritable début de la Commission Charbonneau parce qu’il « a quelque chose à cacher ».
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Marc Bellemare croit que le premier ministre a déclenché les élections avant le véritable début de la Commission Charbonneau parce qu’il « a quelque chose à cacher ».

Saint-Georges de Beauce – L’ancien ministre Marc Bellemare, ennemi juré de Jean Charest, songe sérieusement à se porter candidat indépendant dans Sherbrooke contre le chef libéral pour le scrutin du 4 septembre. C’est ce qu’il a confié au Devoir.

«Ce n’est pas l’envie qui manque ! […] Il me reste encore une semaine pour y penser», a répondu l’avocat de Québec hier. La période de mise en candidature se termine samedi à 14 h.


Vengeance de celui contre qui Jean Charest a lancé une commission d’enquête ? Non, proteste-t-il. « La raison, c’est la désaffection des Québécois à l’égard de leurs institutions… Et le grand responsable de cela, c’est Jean Charest. C’est pour ça que je suis en réflexion », a expliqué M. Bellemare.


Selon lui, « le cynisme a atteint de nouveaux sommets avec ce premier ministre ». En même temps, lorsqu’il voit que « 70 % des Québécois pensent que le Parti libéral est corrompu », M. Bellemare juge que « ce n’est pas assez élevé ».


Il se dit « certain, comme bien des Québécois », que si Jean Charest a déclenché les élections avant le véritable début de la Commission Charbonneau, c’est parce qu’il « a quelque chose à cacher ». « La première fois que [la députée adéquiste] Sylvie Roy a demandé une commission d’enquête, c’était en 2009 ! Puis non seulement il a attendu trois ans avant de bouger, mais, en plus, il déclenche la campagne avant que les révélations de la commission soient faites ! »


En jouant ainsi au « cachottier », Jean Charest excite les imaginations. « En politique, le doute est pire que la réalité, souvent. Les gens s’imaginent les pires affaires. C’est à cause de Jean Charest. C’est lui qui a choisi ça là. »

 

Collecteurs de fonds


Marc Bellemare dit constater que bien des électeurs au Québec en sont venus à la conclusion que le scandale que le chef libéral cherche à dissimuler est pire que celui des commandites : « C’était juste un programme [gouvernemental]. Mais dans le cas de Charest, on a l’impression qu’il a carrément abandonné les plus hautes fonctions de l’État aux collecteurs de fonds du Parti ! »


C’est ce qu’il soutient avoir constaté : « Moi, je l’ai vu de mes yeux vu à la Justice », dit Marc Bellemare, qui a été ministre d’avril 2003 à avril 2004. En janvier 2011, la commission Bastarache rejetait toutefois les allégations de M. Bellemare selon lesquelles il avait nommé des juges contre son gré et pour satisfaire des collecteurs du fonds du Parti libéral. M. Bellemare, qui a toujours qualifié cet exercice de « farce », persiste. Et il soutient que le « même type de magouille » s’est reproduit. « Courchesne, pour les infrastructures sportives, ça ressemble à ça. C’est son cabinet politique qui faisait le tri des projets ! » Il mentionne aussi le rapport Duchesneau, selon lui « alarmant ».


Jean Charest, rappelle-t-il, demande à chacun de ses ministres de collecter 100 000 $ par année pour le parti. L’ancien député de Papineau Norman MacMillan avait confirmé à un journaliste l’existence de cette commande.


Or, « ça prend bien des sourires pour obtenir ça ! Les ministres sont en position de pouvoir… vous imaginez dans quelle situation ça les place ? Ça, c’est la responsabilité de Jean Charest ; un gâchis total ». Autre élément rappelé par M. Bellemare : le salaire caché de 75 000 $ que le chef libéral a touché « de 1998 à 2010 au moins ». « Il a mis une telle pression sur la caisse de son parti que, moi, j’ai l’impression que ç’a donné beaucoup de prestige aux collecteurs de fonds. »


Alors, sera-t-il candidat samedi ? Un sondage a placé le péquiste Serge Cardin devant le premier ministre par 15 points. « Si j’ai la conviction ferme que le PQ peut battre Jean Charest dans Sherbrooke, je vais le laisser aller. Sinon, j’y vais. »

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38 commentaires
  • Ginette Bertrand - Inscrite 14 août 2012 01 h 32

    Ne manquait plus que lui!

    Mais qu'attend donc un homme qui a depuis si longtemps autant de griefs contre son ancien chef et son parti pour se décider à plonger? Le suspense est insoutenable dans les chaumières!

  • André Meloche - Inscrit 14 août 2012 04 h 38

    Ma grand-mère se nomme Tocqueville!

    Eh quoi? L'élection est-elle un concours de popularité? Y en marre des parvenus qui ne proposent rien. Bordel, où sont les idées?

    Nietzsche avait raison. L'homme d'aujourd'hui ne pense pas, c'est ce qui le rend transposable (et haïssable). Je cite :

    « "Ce n’est pas l’envie qui manque ! […] Il me reste encore une semaine pour y penser", a répondu l’avocat de Québec hier. La période de mise en candidature se termine samedi à 14 h. »

    S'il appelle ça penser, alors ma grand-mère se nomme Tocqueville!

    • Louis Palardy - Inscrit 14 août 2012 09 h 09

      "L'élection est-elle un concours de popularité"
      Eh bien oui...
      Si vous êtes 100% honnête avec de bonne idées mais pas connu, vous serez jamais élu.
      Madame Boucher a été élue Maire de Québec, sans parti et sans organization électorale. C'est grace a sa popularité et au travail qu'elle a fait.

  • Anne-Marie Courville - Abonnée 14 août 2012 06 h 06

    Travailler plutôt à l'élection du PQ

    M. Bellemarre devrait plutôt travailler à l'élection du candidat péquise que de poser sa candidature qui ferait diviser les votes.
    Il a raison de vouloir battre M. Charest car il le mérite. D'ailleurs, Charest est déjà battu dans son comté et au niveau provincial

    • Gisele Dobson - Inscrite 14 août 2012 09 h 00

      À ce que je sache il est encore fédéraliste. Il ne se joindra pas à un parti fédéraliste PQ,

    • Sylvain Auclair - Abonné 14 août 2012 09 h 38

      Dans ce cas-ci, vu que M. Bellemare n'est pas un indépendantiste de gauche, il pourra attirer les voix de ceux qui auraient voté libéral «en se bouchant le nez». Ce qui pourrait faire passer le candidant du Parti québécois. Il faudrait voir sur place.

    • Samuel Pothier - Inscrit 14 août 2012 10 h 42

      Bof, le PQ est aussi éloigné de la souveraineté que le PLQ ces dernières années. Il ne discute pas souvent par quelle manière les habitants du Québec y gagneraient, ce qui est pourtant une étape essentielle pour convaincre la population d'adhérer au projet souverainiste.

    • Sylvain Auclair - Abonné 14 août 2012 13 h 53

      Il y a sans doute plus de souverainistes membres du PQ que de tous les autres partis souverainistes réunis.

      Mais, bien entendu, l'obstacle à la souverainté du Québec, ceux qu'il faut convaincre, ce n'est pas Mme Marois, ce sont tous les Québécois qui sont opposés à la souveraineté. Une seule personne, fût-elle premier ministre, ne peut pas faire grand-chose. Il faut alors cesser de comploter contre elle et aller les chemins parler de souveraineté à nos «adversaires».

      Si au moins on pouvait déconstruire les mensonges colportés par les souverainistes canadiens, ce serait déjà un bon pas.

    • Raymond Labelle - Abonné 14 août 2012 15 h 54

      Le rappel par M. Bellemare de ce qu'il a vu de l'intérieur du cabinet est certainement un facteur qui peut jouer contre M. Charest. Pour ce qui de sa candidature dans Sherbrooke, cette question est examinée par ailleurs dans les commentaires.

    • Fernand Lachaine - Inscrit 14 août 2012 17 h 26

      Moi qui pensait que monsieur Bellemare comme libéral indépendant soutirerait des votes à Charest et ferait passer plus facilement le PQ. Ai-je besoin d'un cours de science politique 101??

  • Réal Giguère - Inscrit 14 août 2012 06 h 19

    Quel ego!


    Sa candidature risque de faire réélire Charest en divisant le vote. Pu capable de l'ego de Bellemarre

  • Francois Parent - Inscrit 14 août 2012 07 h 05

    M. Bellemare on vous attends

    M. Bellemare, un homme qui se tient debout et qui est réellement au service des citoyens. Le Québec a grandement besoin d'un homme comme vous en ce moment.

    • ghislaine fortin - Inscrite 14 août 2012 15 h 14

      En se présentant dans le comté de Jean Charest, il aidera à sa réélection....par division des votes.