Legault veut revoir la gouvernance de Montréal

Il y a trop d’élus à Montréal, dénonce la CAQ, qui veut faire le grand ménage dans la gouvernance de la région métropolitaine. C’est une des grandes nouveautés dans le Plan de relance pour le Québec de la CAQ, plan lancé aujourd'hui et qui compte 94 engagements.

«Je pense que ce qui manque le plus à Montréal, c’est du leadership, scande Legault en conférence de presse, entouré d’une trentaine de candidats vedettes pour le lancement de sa plateforme électorale à Québec. Et le leadership doit venir en particulier du premier ministre du Québec [qui] doit s’assurer qu’on soit capable de faire fonctionner cette métropole.»
 
Selon François Legault, il devient «gênant» de voir la métropole ainsi «dénigrée par tout le monde». Et l’un des problèmes, c’est le trop grand nombre d’élus, estime la CAQ. «Toronto a un maire et 44 conseillers municipaux pour une population de 2,6 millions de personnes, peut-on lire dans le document de 114 pages. Pourquoi alors faut-il qu’il y ait 1 maire pour la ville, 18 maires d’arrondissements et 84 conseillers, soit 103 élus, pour une population de 1,6 million à Montréal?»
 
La CAQ s’engage à éliminer les postes de conseillers d’arrondissement et à réduire le nombre de conseillers municipaux à moins de 50. La CAQ veut «simplifier et alléger les structures».
 
Selon la Coalition avenir Québec, la métropole est devenue «quasi ingouvernable» à la suite des épisodes de «fusions péquistes et défusions libérales». C’est pourquoi elle s’engage aussi, si elle est élue, à réviser le partage des pouvoirs entre les arrondissements et la ville-centre.
 
«Il faudrait redonner certains pouvoirs à la ville de Montréal plutôt qu’à certains arrondissements», précise François Legault.
 
Le Plateau de Ferrandez
 
François Legault revient notamment sur les problèmes de circulation dans les rues du Plateau depuis les changements imposés par le maire Ferrandez. «Par exemple, quand vous arrivez du Métropolitain pour essayer d’aller au centre-ville, vous passez par le Plateau et là il y a un maire qui peut décider – et qui décide parfois – de mettre la circulation avec des règlements qui empêchent de passer nord-sud. Un moment donné, il faut que ça fonctionne, la grande ville de Montréal.»
 
Selon lui, il y a un consensus pour redonner un certain nombre de pouvoirs à la ville-centre afin d’être capable de «faire fonctionner Montréal».
 
« Il faut s’assurer que les individus puissent circuler […] même si ça passe à travers différents arrondissements de Montréal».
 
 Critiques de l’AMT
 
La CAQ veut également s’ingérer dans la planification du transport métropolitain et ce, pour des raisons d’efficacité. «Actuellement dispersés entre plusieurs instances, les rôles et responsabilités sont confus, ce qui compromet ultimement l’émergence d’une vision intégrée et cohérente de l’aménagement et du développement des transports métropolitains», écrit la CAQ dans sa plateforme électorale.
 
La CAQ éliminera l’Agence métropolitaine de transport (AMT) et la remplacera par une société d’État relevant du gouvernement. En point de presse, le chef caquiste s’est montré particulièrement cinglant envers cette agence qu’il qualifie de «vrai fouillis».
 
«Je ne fais pas confiance à l’AMT, avoue-t-il d’emblée. L’AMT a été dirigée par un homme qui avait comme grande qualification d’avoir été président de la commission politique du parti libéral du Québec. On a vu ce que ça a donné. Le coût du train de l’Est a doublé dans l’espace de quelques années.»
 
Il dit qu’il ne faut pas être «dupe» et arrêter de «laisser le 514 et le 450 se démerder pour essayer de faire consensus». C’est pourquoi Québec doit assumer le leadership plutôt que de laisser «une AMT qui ne fonctionne pas» gérer ce dossier coûteux pour les Québécois.
 
Enfin, il veut régler le problème de la congestion routière de la métropole en misant sur le développement des trains de banlieue, des voies réservées pour les autobus et des systèmes rapides par bus sur les axes en surface à fort achalandage. Mais le prolongement du métro doit être envisagé «dans une optique à plus long terme».
 
La plateforme électorale comprend 94 engagements dont plusieurs ont été annoncés au cours des premières semaines de campagne, notamment en ce qui concerne la saine gouvernance, la lutte à la corruption, les médecins de famille, la lutte au décrochage scolaire, la création d’un fonds des ressources naturelles, le rapatriement des évaluations environnementales, des baisses d’impôts, la conciliation famille-travail et le développement d’une économie de propriétaires.