Barrette dénonce «l'intimidation» de Marois

Malgré les précisions de Pauline Marois, Gaétan Barrette ne décolère pas et en rajoute contre la chef péquiste pour une deuxième journée d'affilée. Le candidat de la Coalition avenir Québec dans Terrebonne, se dit maintenant victime d'«intimidation» de la part de la chef péquiste.

«On est au niveau de l’intimidation dans les écoles primaires. [...] Elle a quel âge la Mme Marois?», a-t-il lancé ce matin à Québec, en marge de la présentation de la plateforme de la CAQ. Radiologue, il aspire à devenir ministre de la Santé dans un éventuel gouvernement Legault.

La chef péquiste a soutenu samedi à Terrbonne, sans jamais nommer M. Barrette, que le ministre de la Santé devait se montrer «exemplaire» sur le plan des «saines habitudes vie». Son seul commentaire fut le suivant : «Je crois qu'un ministre de la santé a un devoir effectivement d'être exemplaire. Comme pour moi le ministre de l'Éducation a un devoir d'être exemplaire; envoyer ses enfants à l'école publique par exemple.» Elle annonçait un crédit d'impôt afin d'inciter les jeunes à faire du sport.

Dimanche matin à l'émission Les Coulisses du pouvoir à RDI, Pauline Marois tenté de mettre fin à la polémique: «Je ne voulais d'aucune façon attaquer M. Barrette.» Son intention, a-t-elle expliqué, était de dire que «tout le monde» doit tenter d'avoir de bonne habitudes de vie. «Voyons donc, est-ce que je vais répondre, comme chef de gouvernement, que c'est pas important les habitudes de vie?»

Intimidée devenue intimideuse

M. Barrette reste toutefois convaincu qu'il était bel et bien la cible du «commentaire de bas étage» de Mme Marois. «C’est une défense insignifiante parce que Mme Marois a fait ces commentaires-là avec son candidat en santé, dans mon comté», a-t-il insisté.

«Les gens sont pas des imbéciles. Arriver et de prétendre qu’elle ne me vise pas, dans une campagne électorale, en utilisant ces propos-là, c’est rire du monde. Elle a le droit de rire du monde, c’est son choix à elle et les gens réagiront à cela comme ils le voudront.»

Qualifiant d'«intimidation» le commentaire de la chef péquiste, M. Barrette a soutenu que cette dernière utilisait une méthode dont elle avait pourtant été victime elle-même.

«C’est une personne qui a souffert de cela toute sa vie et qui utilise ces mêmes tactiques», a-t-il noté, rappelant que Mme Marois avait été ciblée parce qu'elle «était une femme»; «parce qu’elle avait la coiffure qui était pas de la bonne couleur ou de la bonne longueur, parce qu’elle avait des vêtements qui coûtaient trop chers, parce qu’elle avait des bijoux, des foulards, des ci et des ça. Et aujourd'hui, elle utilise ça?»

Barrette explose

Lorsqu'un journaliste a noté qu'il s'agissait d'une question qui revenait souvent, M. Barrette, exaspéré, a explosé : «J’ai déjà répondu, il est temps de passer à autre chose là. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse là? Que je fasse un acte de contrition physique devant vous? Que je m’engage à faire un régime? Que je me mette sur weight watchers? Que je perde 10 kilos par semaine? Là un moment donné… y en a combien ici qui fument? Allez-vous arrêter de fumer parce que vous suivez l’autobus du chef? Voyons donc!»

Au début du mois, le Journal de Montréal l'avait questionné sur le sujet et M. Barrette avait pourtant lui même soulevé la question de l'exemplarité du ministre de la Santé : «Je ne suis pas le modèle de santé. [...] Je suis un individu gourmand, admet-il d’emblée. Et la nourriture diète n’est pas nécessairement gourmande. À un moment donné, je vais venir à le corriger [ce défaut] ». Le Journal de Montréal rapportait que M. Barrette sentait «bien que la pression s’accentuera davantage au sujet de ses habitudes santé s’il devient ministre de la Santé, pour qu’il donne "un certain exemple"».

M. Barrette avait aussi déclaré au Journal que sa santé n’avait «jamais été une priorité» pour lui mais qu'il aurait bientôt plus le choix de s'en préoccuper. «Ma job, c’était de m’occuper de celle des autres. […] Je n’ai jamais vraiment vécu ma vie en fonction de ma santé. Mais j’ai prêché les bonnes choses pour mes patients, pour ma famille », avait-il dit avant d'ajouter :«Mais maintenant, j’arrive à un âge où je n’ai pas le choix.»

Charest dénonce Marois

À Québec, Jean Charest a dénoncé la chef péquiste. Selon lui, Pauline Marois a clairement voulu se moquer du physique du candidat vedette de la CAQ. «La remarque qu’elle a faite était clairement dirigée contre lui», juge-t-il.

«Franchement, est-ce le genre de sujet [dont] on veut débattre pendant une campagne électorale alors qu’on veut parler de l’avenir du Québec ?» a-t-il lancé.

Au dire de M. Charest, ce sont les idées du Dr Barrette qu’il faut critiquer. Par exemple lorsqu'il affirme qu’il y a suffisamment de médecins de famille au Québec : «Il est complètement à côté de la coche.»

Par ailleurs, Jean Charest a accusé Pauline Marois et Dr Réjean Hébert de s’en être pris aux médecins spécialistes. «M. Barrette attaque les médecons omnipraticiens; les péquistes attaquent les médecins spécialistes. Nous autres, on veut travailler avec tous les médecins et on veut plus de médecins», a fait valoir le chef libéral.

Avec Robert Dutrisac et Jessica Nadeau

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