L'absence de manifestation et de violence profitera au PLQ, selon Charest

«On n’en veut pas de manifestation, on s’entend-tu? On n’en veut pas de violence. On a fait une loi justement pour venir à bout de ces choses-là», a souligné Jean Charest.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir «On n’en veut pas de manifestation, on s’entend-tu? On n’en veut pas de violence. On a fait une loi justement pour venir à bout de ces choses-là», a souligné Jean Charest.

Victoriaville - Sur les lieux même où avait eu lieu l’émeute du 4 mai dernier, Jean Charest s’est réjoui qu’aucune violence n’ait marqué un rassemblement de jeunes libéraux auquel il participait samedi.

Le chef libéral voit «un message puissant pour les Québécois», «un phénomène assez important» qui va pousser les Québec à reporter son parti au pouvoir le 4 septembre prochain. «Dans la mesure où les Québécois se prononcent sur l’avenir de notre société en disant : on ne tolère pas ces choses-là, ces choses-là ont plus de chance de cesser.»

«On n’en veut pas de manifestation, on s’entend-tu? On n’en veut pas de violence. On a fait une loi justement pour venir à bout de ces choses-là», a-t-il souligné.

Même le mot d’ordre des centrales syndicales, qui en ont appelé à la trève en  demandant aux étudiants de cesser leurs moyens de pression afin de ne pas favoriser la réélection des libéraux, trouve grâce à ses yeux. «Déjà le fait qu’on évoque notre élection a un effet sur certaines personnes. Bien, tant mieux», a-t-il dit.

Cette absence de violence ne fait pas perdre au Parti libéral un des thèmes centraux de sa campagne : la loi et l’ordre. «Il faut tenir compte de ce qui s’est passé le printemps dernier dans le choix que nous ferons le 4 septembre prochain», a-t-il dit. «On ne peut pas faire abstraction de ça. Personne ne peut oublier que Mme Marois a choisi la rue.»

Ce n’est qu’une poignée de manifestants - à peine une dizaine - qui se sont pointés samedi lors du rassemblement de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec, une manifestations partisane qui a remplacé leur congrès prévu pour cette fin de semaine. Léthargiques, les manifestants n’ont scandé aucun slogan, n’ont entonné aucun chant. En revanche, la Sûreté du Québec, qui s’était préparé au pire, avait dépêché plus d’une centaine de policiers et d’anti-émeutes sur les lieux et érigé des solides clôtures autour du Centre des congrès.

Lors de son discours devant les jeunes libéraux, Jean Charest s’est engagé à faire passer de 50 millions à 200 millions par an la somme des redevances qu’un prochain gouvernement libéral consentira au Fonds des générations. C’est la moitié des 400 millions que le gouvernement entend tirer de l’exploitation des ressources naturelles, l’autre moitié venant réduire le montant que verse le gouvernement fédéral en péréquation.

Legault, l'indécrottable gauchiste

À cet égard, Jean Charest a dénoncé la promesse de la Coalition avenir Québec de consacrer la totalité des redevances à la réduction de la dette. Selon lui, François Legault n’a pas tenu compte que 200 millions de cette somme sera déduite de la péréquation, ce qui entraînera un manque à gagner de un milliard en cinq ans. «Le problème de M. Legault, c’est que c’est un comptable qui ne sait pas compter», a-t-il fait avoir.

Jean Charest a critiqué le chef caquiste pour sa prodigalité et ses promesses qui s’élèvent à 4,5 milliards, selon les calculs libéraux. «C’est comme le gars qui se présente chez son banquier avec un billet de 6/49 pour payer son hypothétique», a-t-il raillé devant les jeunes libéraux.

Jean Charest a aussi tourné en ridicule l’intention de la CAQ d’utiliser les revenus tirés de l’exploitation du pétrole pour diminuer la dette. «Excusez-moi, je n’ai pas vu beaucoup de puits de pétrole en m’en venant à Victoriaville», a-t-il dit. «Est-ce que d’ici les prochaines années, il y a un Québécois qui pense qu’il y a du revenu de pétrole au Québec qui va changer l’équilibre des finances publiques ?»

Jean Charest a présenté François Legault comme un indécrottable gauchiste. «Ça prouve une chose: il a toujours été de gauche. Et le naturel revient au galop», a-t-il dit. François Legault s’est défini de trois façons différentes, selon le chef libéral : «un social-démocrate de gauche, un capitaliste de gauche» et un tenant de «la gauche efficace.» «Il doit y avoir beaucoup de gens de l’ancienne ADQ qui se demandent dans quoi ils se sont embarqués», a-t-il avancé.

Quant à la conversion fédéraliste de François Legault, Jean Charest n’y croit pas. «Il a été souverainiste pendant 40 ans. C’est une illusion de penser que tout d’un coup, il va changer. Il ne changera pas. Il est ce qu’il est», juge-t-i. «On ne peut pas lui faire confiance.»