Saines habitudes de vie: Gaétan Barrette est outré par les propos de Marois

Pancarte électorale de la CAQ à Terrebonne.<br />
Photo: - Le Devoir Pancarte électorale de la CAQ à Terrebonne.

Terrebonne — Gaétan Barrette est furieux: «À tous les citoyens du Québec qui avons un surplus de poids: répondons à Pauline Marois en votant CAQ. Rien à cirer du mépris!» Le candidat de la Coalition avenir Québec dans Terrebonne réagissait ainsi sur Twitter à une déclaration de la chef péquiste qui, en après-midi, a soutenu que le ministre de la Santé — poste que convoite M. Barrette —, doit être exemplaire en matière de saines habitudes de vie.

Mme Marois venait de s'engager à mettre en place un crédit d'impôt pour encourager la pratique des sports chez les jeunes.

«Je crois qu'un ministre de la santé a un devoir effectivement d'être exemplaire. Comme pour moi le ministre de l'Éducation a un devoir d'être exemplaire; envoyer ses enfants à l'école publique par exemple», a déclaré la chef péquiste. À ses côtés M. Hébert, ancien doyen de la Faculté de médecin de l'Université de Sherbrooke, a acquiescé.

Mme Marois n'a pas nommé Gaétan Barrette lorsqu'elle a fait sa déclaration. Mais celui-ci s'est senti visé et a multiplié les réactions outrées sur Twitter : «Pauline Marois juge que les apparences sont plus importantes que les compétences!Ouf! Questionnons nous sur les valeurs du PQ.» Plus tard, il a écrit : «Pauline Marois vient d'insulter la moitié de la population du Québec! Bravo! Et elle veut être premier ministre!» L'attaché de presse de la CAQ, Jean-FRançois Del Torchio, a ajouté : «La dernière fois que quelqu'un s'en est pris au physique d'un adversaire, cela a mal fini pour elle» , a-t-il écrit, en citant le cas de Kim Campbell qui s'était moqué du physique de Jean Chrétien.

Pas un «modèle»

Le 3 août, en entrevue au Journal de Montréal, M. Hébert et les deux autres médecins candidats et aspirants au poste de ministre de la Santé après le 4 septembre — le docteur Gaëtan Barrette de la CAQ et le ministre libéral actuel, Yves Bolduc— ont répondu à la question: «Qu’en est-il de vos habitudes santé personnelles ?»

Or, Gaétan Barrette avait soutenu ne pas être un «modèle de santé». Il s'était dit peu sportif — à part pour la marche en montagne. S'il devenait ministre, il aurait de la pression pour améliorer les choses : «Je suis un individu gourmand, avait-il confié, et la nourriture diète n’est pas nécessairement gourmande. À un moment donné, je vais venir à le corriger [ce défaut]».

Le docteur Hébert avait admis quant à lui être un bon vivant et aimer «la bonne chair». «Pour moi, c’est toujours un défi de limiter la quantité d’aliments et de garder un poids santé.»

Être en santé doit devenir cool

Lors de la conférence de presse le médecin Réjean Hébert a soutenu que l'État doit «absolument inculquer de bonnes habitudes de vie» aux citoyens. Et il ne doit pas se borner à l'activité physique, a-t-il précisé, mais doit aborder aussi la question de l'alimentation: «Être en santé, avoir un poids santé, de pratiquer l'activité physique, il faut que ça devienne cool. Je pense que c'est important que l'école mais aussi que la famille devienne le moteur de cette valeur.»

Le crédit d'impôt d'un éventuel gouvernement Marois serait de 500 dollars par enfant âgé de 5 à 16 ans et viserait à financer toute «inscription à des activités sportives», mais seulement pour les familles dont le revenu familial est de moins de 130 000 dollars. «Cette mesure touchera un peu plus de 300 000 jeunes. Elle coûtera 25 millions de dollars qui seront puisés à même le fonds de la taxe spécifique sur les produits du tabac», explique-t-on dans le communiqué du PQ. Selon la chef péquiste, il serait plus accessible que celui instauré par le fédéral, puisque tous les enfants qui pratiquent un sport reconnu par Sport Québec [corporation privée qui assume le leadership du sport fédéré au Québec] y auraient accès.

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29 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 11 août 2012 16 h 43

    Pour tenir le poste premier ministre, que faut-il?

    Pourb tenir le poste de premier ministre, il faut d'abord croire en la démocratie. M. Charest nous l'a dit et redit.
    Alors Mme Marois,l en vraie démocrate, vous allez faire des pieds et des mains pour que M. Auissant soit invité aux débats télévisés.
    La démocratie avant tout! Quel beau geste Mme Marois.

    • Louka Paradis - Inscrit 12 août 2012 00 h 49

      Pas rapport, comme disaient mes ados.

      Louka Paradis, Gatineau

  • Louka Paradis - Inscrit 11 août 2012 17 h 19

    Quelle photo inspirante !

    Jeunesse, santé et tendresse... Vraiment rafraîchissant. Merci Jacques Nadeau ! Ça donne effectivement le goût de prendre soin de sa santé, le goût d'un bien-vivre. Ça fait ma journée.

    Louka Paradis, Gatineau

    • Louka Paradis - Inscrit 11 août 2012 22 h 43

      Quel dommage que la photo ait été changée si vite ! Il est 22 h et revoilà déjà une affiche électorale déprimante.

      Je profite de l'occasion pour souligner que la version imprimée du Devoir de la fin de semaine ne compte pratiquement que des photos d'hommes. Je trouve que ça fait un peu macho...

      Louka Paradis, Gatineau

  • Claude Champagne - Inscrit 11 août 2012 18 h 02

    Mme Marois et le peuple

    Merci le devoir une sacrée belle photo si on la compare à hier, F. Legault en page d'ouverture toute la journée.

    • Louka Paradis - Inscrit 11 août 2012 22 h 45

      Malheureusement, il est déjà revenu, beaucoup trop vite à mon avis...
      Louka Paradis, Gatineau

  • Gilles Théberge - Abonné 11 août 2012 18 h 17

    Si mon souvenir est bon...

    Je crois que le candidat Barrette aurait plutôt déclaré que sa santé ne le préoccupait pas beaucoup, et qu'il ne s'intéreeait qu'à celle des autres...

    Si c'est bien ce qu'il a dit, je trouve curieux qu'une personne, médecin de surcroît ait une telle attitude et tienne de tels propos. en effet un médecin croyant à ce qu'il prône devrait il me semble avoir un souci important pour rester en santé.

    Ce n'est certainement pas une attitude qui joue en faveur de ce curieux candidat.

    • Sylvie Breault - Abonné 11 août 2012 21 h 29

      Comme un prof ignare qui déclare que seule l'éducation des élèves le préoccupe tout en négligeant la sienne.

  • François Caron - Abonné 11 août 2012 20 h 11

    S'il y avait un chantier-santé à prioriser au Québec...

    ... c'est bien celui des saines habitudes de vie.

    Cela dit, avoir 'une bonne hygiène de vie', comme a déjà dit un certain A Boisclair en 2007, va avec une bonne éducation, publique de préférence, à l'hygiène et aux saines habitudes, justement, mais aussi avec un niveau de revenu disponible compatible avec une vie personnelle épanouie et équilibrée.

    Mais voilà dans le système turbocapitaliste néolibâral dans lequel on vit aujourd'hui, tout est déséquilibre: l'énergie et la nourriture de qualité sont de plus en plus rares et chers, en raison entre autres que la production de céréales va à l'engraissement du cheptel animal aux grains, ainsi que celui du parc automobile à l'éthanol, denrées toutes détournées de la consommation humaine. Bien se nourrir coute donc de plus en plus cher, avoir du temps 'de qualité' pour soi-même et sa famille est de plus en plus rare, et disponible seulement aux plus friqués qui sont paradoxalement les moins productifs en heures travaillées par dollar gagné. Enfin les saines habitudes de vie passent aussi par une éducation à l' 'hygiène de vie' - terme borderline nazi - et par un système de santé orienté vers l'acte préventif en priorité au lieu du curatif, bout de ligne témoin de l'échec psychosocial, socio-sanitaire et physiologique à la clé.

    Que le bon Dr Barrette ait convenu, dans son style bonhomme, qu'il avait sacrifié des heures de mise en forme pour se consacrer au bien-être de ses patients est touchant en soi. Madame Marois n'en est pas à une gaffe près dans son parcours politique, mais voilà qu'en n'ayant pas nommé le bon Dr Barrette ce sous-entendu compris par tout le monde autorise la récupération politique de troisième catégorie faite par les nationaleux droitistes de la CàQ. Ces derniers font reculer la joute politique aux années '70, année-cible de référence du bonheur néolibâral perpétuel tel que conçu par John J Charest, le prochain dernier premier ministre rétrofuturiste de l'histoire moderne de la Province de Québec.