Pauline Marois demande des comptes à François Legault

Québec — Préoccupée par les plus récents sondages qui suggèrent une lutte à trois, la chef péquiste Pauline Marois cherche à faire feu de tout bois: après les «fédéralistes fatigués», elle flirte avec les anglophones et les allophones et s'acharne sur son plus proche rival, le caquiste François Legault.

Dans une conférence de presse à Québec, vendredi matin, elle n'a pas voulu commenter directement les sondages, mais s'est attardée à demander des comptes au chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui la chaufferait dans les intentions de vote particulièrement chez les francophones, dans les couronnes de Montréal.
 
Mme Marois demande à M. Legault s'il a «trouvé un arbre où pousse l'argent». Elle veut savoir comment il financera ce qui équivaut selon elle à environ 4,3 milliards $ d'engagements déjà pris après à peine neuf jours de campagne, des mesures au poids «démesuré» sur les finances publiques, à ses yeux. Le libéral Jean Charest estime plutôt leur coût à 5 milliards $, tandis que le chef caquiste lui-même les évalue à 3 milliards $.
 
«Je vais leur montrer comment on balance [sic] ça, un budget», a répondu le leader de la CAQ en s'adressant à ses adversaires, au cours d'une conférence de presse en après-midi dans le Centre-du-Québec.
 
Utopiques

Reste que pour Mme Marois, les mesures de la CAQ sont utopiques.
 
«Ses promesses ne sont pas réalisables, c'est broche à foin!, a lancé Mme Marois en conférence de presse, devant l'immeuble de l'Agence du revenu du Québec, dans le secteur Sainte-Foy, en matinée. Les promesses en l'air, je laisse ça aux autres. Tous nos engagements sont réalisables, c'est du sérieux.»
 
À ce titre, elle a réitéré son engagement à abolir l'impôt santé annuel de 200 $ exigé de chaque contribuable par le gouvernement libéral depuis 2010. Cette réduction d'impôt de 1 milliard $ sera compensée par l'imposition accrue des revenus de plus de 130 000 $ et la réduction du crédit d'impôt sur les dividendes. La mesure serait donc à coût nul, plaide le PQ.
 
La chef péquiste a dû se défendre de présenter du «réchauffé» aux électeurs en répliquant qu'elle ne veut pas «inventer de nouvelles mesures juste pour être 'glamour"». Elle se présente comme une pédagogue: «La répétition, c'est nécessaire quand on veut qu'un message soit clairement entendu, soit compris.»
 
Patrice Bergeron, La Presse canadienne