Legault couperait la moitié des crédits d'impôt des entreprises

Trop d’entreprises utilisent mal les crédits d’impôt dont ils disposent, notamment dans les secteurs manufacturiers et des technologies de l’information, estime François Legault qui visitait une usine de métal à Saint-Célestin dans le Centre-du-Québec vendredi matin.

Sur les 4 milliards qui sont donnés en crédits d’impôt, la CAQ veut donc en retrancher la moitié, soit 2 milliards. Les entreprises qui feront des investissements pour moderniser leurs moyens de production, rehausser la productivité et créer des emplois payants recevront un appui financier. Les autres ne seront tout simplement plus subventionnés.

«Certains crédits d’impôt sont donnés au provincial et au fédéral, il y a une définition qui est assez large et qui inclut trop d’entreprises, incluant des entreprises qui ne posent pas des gestes nécessaires pour améliorer leur productivité, a soutenu le chef caquiste. Il faut être capable de dire aux entreprises, on va vous aider dans certains cas à vous consolider, à vous moderniser, mais on va vous aider seulement si vous faites l’effort.»

Il précise que le gouvernement n’aurait pas à choisir des secteurs qui seraient financés, mais que celui-ci devrait juger de la création d’emplois payants. «L’objectif au Québec, c’est d’arrêter de créer des emplois à 10 $ de l’heure, comme le fait Jean Charest, et de créer des emplois à 20,30, 40 $ de l’heure. C’est ça qui manque au Québec et c’est ça qui doit être aidé.»

Guichet unique

La CAQ propose de faire d’Investissement Québec un guichet unique pour les entreprises. La société d’État a été créée en 1998, alors que François Legault était ministre de l’Industrie, un mandat qui n’aura duré que trois mois. Lors de sa création, rappelle Legault, Investissement Québec devait devenir un guichet unique. Mais avec la prise de pouvoir des Libéraux, Investissement Québec est «devenu davantage une espèce de banque qui fait des garanties de prêts».

Avec un gouvernement caquiste, «tous les outils de développement économique seraient sous la responsabilité d’Investissement Québec». Les entrepreneurs locaux et étrangers n’auraient donc plus à «cogner à dix portes au Québec, mais à une seule.»

Le relais d’investissement Québec en région serait fait par les centres locaux de développement qui, selon François Legault, disposent présentement d’une «expertise très variable», certains  se spécialisant dans le développement économique d’entreprises privées, d’autres faisant «presque exclusivement» de l’aide aux organismes d’économie sociale. «C’est important l’économie sociale, mais il ne faut pas négliger l’économie traditionnelle privée», estime François Legault. Investissement Québec aura par ailleurs une obligation de résultat. «Il y aura un compteur des investissements sur le bureau des gens d’Investissement Québec et il y aura un compteur sur mon bureau si je suis, demain matin, premier ministre du Québec.»

La CAQ propose finalement des cours d’entreprenariat et d’économie dans les écoles secondaires, de même que des programmes de mentorat.

Commission Charbonneau

Par ailleurs, François Legault a réagi très discrètement à l’article de La Presse vendredi matin qui révélait que le procureur-chef de la Commission Charbonneau, Sylvain Lussier, avait représenté dans sa pratique privée un géant de l’asphalte faisant partie des 25 firmes visées par le rapport de Jacques Duchesneau.

François Legault assure que son candidat vedette n’a rien à voir avec cette fuite. Quant à l’intégrité du procureur, qu’il remettait en doute il y a quelques jours à peine suite à la sortie de Me Lussier contre Jacques Duchesneau, le chef caquiste se garde bien de remettre de l’huile sur le feu. «Ce n’est pas à moi de juger de l’indépendance de Me Lussier. Moi je fais confiance aux commissaires. […] C’est surtout à la juge Charbonneau de voir s’il y a conflit d’intérêts.»





   



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