Sondage Léger Marketing-Le Devoir - La CAQ gagne six points et brouille les cartes

Il fait des vagues jusque dans les sondages : l’arrivée mouvementée de Jacques Duchesneau au sein de la Coalition avenir Québec (CAQ) semble en effet avoir donné une forte impulsion au parti de François Legault. Ce dernier est en hausse de six points par rapport au jour 1 de la campagne électorale, et cette remontée laisse présager d’une véritable lutte à trois d’ici le 4 septembre.

C’est ce que révèle le premier coup de sonde de la campagne de Léger Marketing, réalisé pour Le Devoir entre lundi et mercredi auprès de 1589 répondants. Il accorde une légère avance au Parti québécois (PQ) de Pauline Marois, à 32 %, un point devant les libéraux de Jean Charest (31 %). La CAQ se situe maintenant à 27 %. Québec solidaire est à 6 %, devant Option nationale et le Parti vert (2 % chacun).


Le sondage précédent de Léger, publié dans Le Journal de Montréal le 1er août (lors du déclenchement de la campagne), accordait 33 % des intentions de vote au PQ, 31 % au PLQ et 21 % à la CAQ. Le président de la firme, Jean-Marc Léger, estime que « la remontée de la CAQ [qui retrouve ses appuis du mois de février] est liée au bon début de campagne de M. Legault, mais surtout à l’effet de la candidature de Jacques Duchesneau », confirmée la fin de semaine dernière. L’arrivée du médecin Gaétan Barrette comme candidat a aussi pu jouer positivement, pense M. Léger. Chose certaine, « la CAQ a donné le ton de la première semaine, dit-il. Et il faudra maintenant nourrir la montée. »


Pour le moment, tous les indicateurs sont bons pour la nouvelle formation : 35 % des gens estiment que c’est le parti qui « incarne le plus le changement » (plus de 20 points devant le PQ et les libéraux), et une personne sur quatre juge que François Legault « a fait jusqu’à présent la meilleure campagne » (Mme Marois et M. Charest sont six et sept points derrière - alors que 35 % des gens n’ont pas d’avis sur la question).


Pour les libéraux, les nouvelles sont au contraire plutôt sombres : si le parti maintient son niveau d’appui général, il essuie un recul important dans le vote francophone, crucial à l’élection de tout gouvernement. Il y a dix jours, 24 % des francophones disaient vouloir voter libéral ; ils sont désormais 18 %. C’est la CAQ (de 24 % à 31 % aujourd’hui) qui récupère ces appuis, alors que le PQ demeure en tête à 39 %. Les libéraux doivent leur maintien général à une progression de leurs appuis chez les non-francophones (81 %).


Selon Jean-Marc Léger, cette répartition donnerait donc un gouvernement péquiste minoritaire (avec la balance du pouvoir à la CAQ), puisque les « libéraux perdraient des sièges francophones ». Mais elle signifie surtout qu’il y a « une vraie campagne, de vraies luttes et que tout est imprévisible », dit-il. L’hypothèse d’un gouvernement minoritaire est jugée une bonne chose par 41 % des répondants, alors que 43 % estiment que ce serait une « mauvaise chose ».

 

Québec et le 450


L’échantillonnage important du sondage (près de 50 % de plus que pour les sondages habituels) permet une ventilation plus précise des résultats par région. Il en ressort que la campagne va vraisemblablement se jouer dans la région de Québec et les couronnes nord et sud de Montréal (le « 450 »).


À Québec, les libéraux ont perdu 10 points dans la première semaine de la campagne, encore là tout au profit de la CAQ (+ 11 %). C’est donc maintenant la CAQ qui domine avec 37 % d’appuis, contre 27 % pour les libéraux et 24 % pour le PQ. Dans le reste du Québec, le PQ mène le bal (38 %) devant les libéraux (28 %) et la CAQ (27 %).


Sur l’île de Montréal, les libéraux se situent à 40 %, 15 points devant les péquistes. La CAQ ne trouve là que 14 % d’appuis, alors que les solidaires sont à 12 %. La lutte déterminante se fera plutôt en banlieue : la Coalition domine légèrement la région du 450, avec 34 % des intentions de vote, quelques points devant le PQ (32 %) et le PLQ (29 %). Considérant la marge d’erreur plus grande de ces échantillons, tout le monde est à égalité.


La firme de sondage a par ailleurs demandé aux répondants quel serait leur deuxième choix s’il ne pouvait voter pour leur parti préféré. Et c’est la CAQ qui serait le « meilleur deuxième » avec 26 % d’appuis, devant le PQ (13 %), Québec solidaire (11 %), les libéraux et Option nationale (7 % chacun). La CAQ trouve la majorité de ces appuis de deuxième choix chez les électeurs libéraux (un sur deux opterait pour la CAQ en deuxième choix). Les électeurs péquistes seraient 28 % à voter CAQ, alors que 22 % choisiraient Québec solidaire. Les électeurs de la CAQ choisiraient quant à eux le PQ (29 %) avant le PLQ (23 %).


La lecture du sondage indique autrement que 70 % des répondants (dont les deux tiers du groupe des 18-24 ans) ne souhaitent pas que les étudiants tiennent des manifestations durant la campagne électorale (24 % y sont favorables). Mais si les étudiants manifestent, c’est le PQ (32 %) et les libéraux (30 %) qui pourraient le plus en tirer profit, estiment les personnes sondées. La CAQ a peu à gagner et peu à perdre d’une telle situation (6 %).


***

 

Méthodologie

L’étude a été réalisée par Internet auprès de 1589 personnes de 18 ans et plus, réparties dans toutes les régions du Québec, du 6 au 8 août 2012. Par comparaison, un échantillon probabiliste de 1589 répondants aurait une marge d’erreur de plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20.

Les données finales du sondage ont été pondérées à l’aide des données du recensement de 2011 selon l’âge, le sexe, la langue maternelle, le degré de scolarité, la composition du foyer (avec ou sans enfant) et la région, de façon à garantir un échantillon représentatif de la population québécoise.

Les répondants de cette étude ont été sélectionnés aléatoirement à partir du panel Internet LégerWeb, comprenant 185 000 ménages au Québec, selon un procédé de stratification des listes d’invitation assurant la représentativité optimale des répondants. Les panélistes ont été recrutés aléatoirement à partir des enquêtes téléphoniques de Léger.   



 

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114 commentaires
  • Simon Nollet - Inscrit 10 août 2012 00 h 24

    un debut

    Pauline Marois et Jean Charest sont les deux chefs politiques les plus impopulaires depuis belle lurette.
    Ils ne passeront pas au travers de cette course.

    • Lydia Anfossi - Inscrite 10 août 2012 08 h 51

      Pas Legault svp!! C'est quatre trente sous pour une piastre! Si les Québécois veulent du changement, ce n'est pas avec la CAQ qu'lls l'auront. Seule l'indépendance du Québec pourra nous donner un pays différent.

    • Michel Belisle - Inscrit 10 août 2012 14 h 02

      Madame Anfossi, le parti Québécois est soutenu principalement par des syndicats qui sclérosent l’appareil gouvernemental. Comment voulez-vous que le PQ puisse faire des changements alors que leurs petits amis, les syndicats, contribuent à la caisse électorale de façon soutenu.

      Lors de deux référendums, la population a dit non. Ça prend combien de référendum avant que les membres du parti Québécois qui s’accroche désespérément à leur rêve, réalisent que nous aurions tous intérêts à nous concentrer sur des enjeux communs afin de renforcir notre belle province. C’est ce que la CAQ propose. Ce parti n’est pas parfait mais au moins il propose des idées différentes des vieux partis.

      Je suspecte que la hausse du pourcentage du vote envers PQ s’explique principalement par un vote contre le gouvernement Charest que pour un vote en faveur de l’indépendance.

    • Louka Paradis - Inscrit 10 août 2012 14 h 16

      Voici un autre son de cloche :
      http://www.lapresse.ca/html/1516/graph01.jpg

      Une variété de sources permet de confronter les résultats et de se poser les bonnes questions. Bonne analyse !

      Louka Paradis, Gatineau

    • Frédéric Gosselin - Inscrit 10 août 2012 14 h 27

      Lors du dernier référendum, il n'y a que la moitié de la population qui a dit non… et le canada n'était pas dirigé par Stephen Harper, à l'époque.

  • François Lauzon - Inscrit 10 août 2012 00 h 33

    Quel changement?

    Quel changement François Legault peut-il incarner? Opportuniste, affairiste, vire-capot, un néo-libéral qui a appuyé l'odieuse loi 78.
    Un clone de John James.

    • Alexandre Trottier - Inscrit 10 août 2012 12 h 35

      Surtout quand il l'a dit clairement lui même en fin de session parlementaire que les libéraux faisaient exactement ce qu'il fallait, c'est juste que leur chef n'arrivait pas à faire passer le message.

      Comme quoi l'image n'est que rarement un reflet de la réalité... mais plutôt le fruit des médias qui avantage significativement la CAQ depuis 1 mois environ

    • Frédéric Gosselin - Inscrit 10 août 2012 14 h 28

      et populiste aussi

  • Denis Raymond - Inscrit 10 août 2012 00 h 47

    Une bonne campagne?

    ''une vraie campagne, de vraies luttes et que tout est imprévisible ». Imprévisible ah ça oui. De vrai luttes pour Legault? Une lutte à celui qui donnerait le plus de controverses? Enfin, à moins que j'ai manqué quelque chose, que je ne sache pas c'est quoi une vraie lutte électorale? Son candidat vedette ne m'impressionne pas du tout, si c'est ce qu'on veut insinuer par ''de vrai luttes''. Une vraie lutte pour Duchesnau ah ça oui. Pas si fou le monsieur, il a reçu une invitation, il en profite. Autant pour le parti. Des clichés politique et un vrai psychodrame. Mais c'est vrai qui reste l'imprévisible. Faites vos jeux, qui dit mieux.

  • martin carrier - Abonné 10 août 2012 01 h 29

    limites du sondage

    Bien que les sondages internet soient de plus en plus efficaces, ils demeurent non-probabilistes. Le parallèle avec un sondage et sa marge d'erreur n'est pas pertinent.

    Il serait plus intéressant de noter les méthodes précises de la sélection de l'échantillon pour ce sondage. Combien d'individus ont été choisis par catégories.... etc...

    Dans tous les cas, ce genre de sondage est motivé avant tout par la recherche de moindre coûts. Aux USA, les grands sondages demeurent aléatoires et probabilistes (même Rasmussen) qui utilisent plutôt un sondage téléphonique avec messages enregistrés.

    Aucun sondage n'est parfait, mais utiliser la "comparaison probabiliste" dans ce cas-ci pour énoncer une marge d'erreur est non-pertinente.

    M. Carrier

    • Jacques Pilon - Abonné 10 août 2012 09 h 39

      Entièrement d'accord ! Le Devoir devrait avoir le sérieux de mettre un GROS bémol sur les sondages non probabilistes qui sont à la hausse depuis quelques années.

      Parce qu'il coûte moins cher, peut-être. Mais peut-être aussi parce qu'ils peuvent être biaisés dans le sens désiré par celui qui l'a commandé (Power Corporation, Québécor, etc) histoire d'influencer l'opinion public...

    • Alain Carré - Inscrit 10 août 2012 10 h 36

      M. Carmichael, J'ai déjà lu le commentaire de Léger. C'est sûr qu'il va nous dire que c'est bien plus précis car ça lui coûte moins cher pour lui.

      Mais si c'était aussi précis, veuillex m'expliquer pourquoi il n'y a pas de marge d'erreur ("aurait")?

      En plus, sur internet, ça avait été prouvé que le PLQ s'inscrivaient en grand nombre à Léger Marketing, Crop, etc. Mais quand c'est téléphonique, tu ne peux pas influencer le sondage.

      C'est pour cette raison que je félicite CROP car pour une fois, ils ont fait un sondage téléphonique avec une marge d'erreur.

    • Sylvain Auclair - Abonné 10 août 2012 11 h 04

      Pas de marge d'erreur:
      si on sondage n'a pas de marge d'erreur, ça ne veut pas dire qu'il décrit précisément la réalité, ça veut juste dire qu'il n'existe pas de modèle mathématique permettant de calculer cette marge. Dans un sondage probabiliste, on dira par exemple que les données sont précises à moins ou moins 3%, 19 fois sur 20. C'est le «19 fois sur 20» qui est important. Après tout, on peut très bien tomber sur 1000 partisans du Green Party of Quebec, tout comme on peut gagner au 6/49 trois fois en ligne: ça tombe dans le une fois sur vingt.

      Et comment feriez-vous des sondages probablistes, si seulement 85% des gens ont actuellement le téléphone?

    • Gaston Carmichael - Inscrit 10 août 2012 11 h 11

      Bon, d'accord M. Carrier, ignorons les commentaires de M. Léger qui pourraient être subjectifs ou tendancieux.

      Il reste les deux tableaux comparatifs qu'il présente sur l'élection fédérale 2011 et l'élection provinciale 2008.

      À moins de prétendre que les chiffres dans ces tableaux sont faux, il faut quand même reconnaître que dans ces deux cas récents, le sondage internet a été remarquablement précis.

      Il serait intéressant de pouvoir les comparer avec les résultats d'un sondage téléphonique.

  • Rafik Boualam - Inscrit 10 août 2012 06 h 02

    Oups

    Est-ce une tendance, ou bien le ballon va-il se dégonfler. Et quelqu'un a-t-il vu Mme Marois? Pourquoi le PQ n'arrive-il pas à profiter d'une situation tellement favorable que même un cadavre saurait exploiter. À moins d'un revirement spectaculaire, le PQ, àmes yeux a déjà perdu la bataille.

    • Lydia Anfossi - Inscrite 10 août 2012 08 h 56

      Pas d'accord.

    • Claude Desjardins - Inscrit 10 août 2012 09 h 26

      Vous fermez les livre assez rapidement à mon avis. Que nous réservie les 25 derniers jours de campagne, Sont-ils inutiles à vos yeux et est-ce qu'aucun parti n'a quelques munitions de fin de combat. Laissez-moi en douter.

    • J-Paul Thivierge - Abonné 10 août 2012 10 h 13

      Mme Marois fait sa tournée dans le bas ST Laurent mais les média font peu de couverture et ne fait pas d'annonces spectaculaires qui attirent les médias .

    • Lise Labelle - Abonnée 10 août 2012 11 h 21

      N'oublions pas que les deux sondages dont nous parlons ce matin, ont été réalisés, au début de la semaine, suite aux deux prises de la CAQ, soit Gaétan Barrette et Jacques Duchesneau. Laisson aller François Legault, lui qui est obligé de dire qu'il est le chef du parti. Laissons-le continuer de faire des promesses irréalisables comme le 9 à 5 pour les élèves du secondaire avec tout ce que cela implique de coût et de difficultés organisationnelles et les Québécoises et les Québécois constateront qu'il n'y a que du vent....Attendons les réactions des médecins à l'engagement du Dr Barrette de forcer les médecins à soigner des patients qui leur seront assignés.
      Le vrai changement ne peut venir que du PQ. Espérons qu'en plus de promettre une gouvernance intègre, le PQ inscrive dans sa plate-forme électorale une meilleure répartition de la richesse collective et une réforme du mode scrutin. Le vrai sondage aura lieu le 4 septembre. On verra....comme dirait quelqu'un.

    • Jean-Michel Lambert - Inscrit 12 août 2012 16 h 21

      @ Labelle
      Le PQ n'incarne pas le changement, il incarne seulement la fin de la crise sociale.
      Le PQ a une bonne équipe certes, mais une Chef de parti qui n'aurrivera à aucun changement. Elle manque totalement de leadership.
      De plus, le PQ ne changera pas le mode de scrutin car celui-ci l'avantage! Il favorise la succession des partis au pouvoir sous l'excuse de la division du vote. Aucun autre parti n'est alors légitime.
      La CAQ, le PLQ et le PQ sont tous des partis dépassés avec des tactiques électorales qui insulte l'intelligence populaire.
      Avec l'obligation des médias d'offrir une couverture médiatique équivalente en temps et qualité sleon l'art. 423 de la loi électorale, des partis qui ne sont pas bien soutenus présentement, se retrouveront bientôt à l'avant-scène. J'ai bien hâtes de voir le dénouement de cette lutte électorale!

      -Jean-Michel Lambert