Charest mettrait fin aux garderies à 7$

Selon le chef libéral Jean Charest, le tarif quotidien d’un service de garde public atteindrait 7,73 $ en 2017-2018.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Selon le chef libéral Jean Charest, le tarif quotidien d’un service de garde public atteindrait 7,73 $ en 2017-2018.

En 2008, les libéraux avaient pris l’engagement électoral de geler les frais des services de garde à 7 $ pendant la durée du mandat. Jean Charest a annoncé que, s’il est reporté au pouvoir, les tarifs seront désormais indexés.

« Nous croyons que c’est une approche qui est juste, qui est raisonnable, et surtout, qui est financièrement accessible pour les jeunes familles du Québec », a fait valoir Jean Charest lors d’une conférence de presse dans une salle du Centre communautaire Raymond Blais. Il était accompagné de la ministre sortante de la Famille, Yolande James, et du député de Lévis, Gilles Lehouillier, et, pour faire image, d’une dizaine de bambins qui jouaient dans un coin de la salle.


Selon les calculs présentés par le chef libéral, à raison d’un taux d’inflation de 2 % par an, le tarif de 7 $ par jour sera porté à 7,14 $ en 2013-2014, pour atteindre 7,73 $ en 2017-2018.


Si les étudiants universitaires, qui doivent assumer une hausse de 82 % sur sept ans, ne bénéficient pas de la même « approche », c’est que le Québec a fait le choix politique « d’appuyer les familles avec enfants », a-t-il dit.


Par ailleurs, Jean Charest a annoncé un engagement d’instaurer une nouvelle mesure pour encourager les entreprises à mettre sur pied des centres de la petite enfance (CPE) en milieu de travail. Ainsi, une entreprise qui ouvrirait un service de garde à 7 $ pour les enfants de ses employés aurait droit à un crédit d’impôt équivalant à 50 % des frais d’exploitation de la garderie. Ces frais s’élèvent à environ un million par an pour une garderie disposant de 80 places. L’entreprise prendrait à sa charge la totalité des coûts d’immobilisation de l’installation, évalués à un million.


Jean Charest a précisé que cette mesure pourrait entraîner la création de 3200 places pendant la durée du mandat, selon les prévisions. Yolande James a indiqué qu’il y avait une forte demande de la part des parents pour obtenir des places en garderie sur les lieux de travail.

 

Politiques familiales


Jean Charest en a profité pour vanter les politiques familiales de son gouvernement, qui y consacre 7 milliards, dont 2,5 milliards pour les services de garde, 2,1 milliards en allocations familiales et 1,7 pour l’assurance parentale, un programme payé par des cotisations versées par les employeurs et les travailleurs. Ainsi, le nombre de femmes avec enfants a augmenté sur le marché du travail, il y a eu une réduction de la pauvreté et l’indice de fécondité est passé de 1,4 à 1,7, a-t-il mentionné.


Ces 3200 places, dont la création dépendra du bon vouloir des entreprises, viennent en sus des autres places promises. Rappelons que des 18 000 places annoncées en 2008, 4300 ne se sont pas encore matérialisées. À ce nombre s’ajoutent les 15 000 places promises dans le budget Bachand de 2011, soit 3500 pour chacune des années en 2012-2013 et 2013-2014, et 4000 pour chacune des deux années suivantes.


C’est par une assemblée partisane à Sainte-Claire dans la circonscription de Bellechasse que Jean Charest a terminé sa journée. Dans son allocution de présentation, la députée sortante de Bellechasse, Dominique Vien, a parlé de la «catastrophe nucléaire» qu’a représentée sa défaite de 2007 et l’élection de l’adéquiste Jean Domingue. Bien qu’elle dise jouir de l’appui de plusieurs maires et de deux préfets de la circonscription, Mme Vien, réélue en 2008, n’est pas assurée de l’emporter, selon certaines sources. Elle affronte l’ex-adéquiste Christian Lévesque, de la Coalition avenir Québec, et Clément Pouliot, du Parti québécois, un ancien président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec.

22 commentaires
  • Philippe Landry - Inscrit 6 août 2012 02 h 37

    Indexer les garderies au coût de la vie? Vite aux barricades! Prière de renvoyer votre titreur, merci.

  • Paolo Mitriou - Inscrit 6 août 2012 06 h 07

    Un café par jour

    Pourquoi ne pas augmenter de 75% les tarifs de garderie sur une période de 5 ans? Après tout il faut bien que les parents fassent davantage leur part. Ils ne sont pas à plaindre. S'ils ont besoin de garderies c'est qu'ils travaillent et s'ils travaillent ils ont probablement un iPhone, un cellulaire et boivent certainement parfois de la sangria ou autre breuvage alcoolisé. Et puis l'augmentation que je propose n'équivaudrait qu'à la valeur d'un café par jour, du moins la première année.

    Pourquoi un parent qui envoie un enfant à la garderie ne devrait-il pas payer une augmentation de tarif équivalente à l'augmentation des droits de scolarité imposée par le gouvernement Charest? Il n'y a pas de grande différence entre une garderie et un CEGEP à part la taille de l'enfant qu'on y envoie. Deux poids, deux mesures?

    Il faudrait que les enfants fréquentant les garderies puissent se regrouper en association et se prononcer sur le sujet. Ce serait là un apprentissage valable pour plus tard.

    Je ne sais pas c'est quoi l'idée de l'annonce de Jean Charest en pleine campagne électorale. Selon un groupe d'économistes ayant présenté une étude il y a à peine quelques mois, le programme des garderies à 7$ rapporte déjà 1,500,000,000$ de plus par année que ce qu'il en coûte au gouvernement pour l'offrir, ce programme ayant permis à des dizaines de milliers de femmes de retourner sur le marché du travail et de gagner des salaires assez élevés pour payer plus d'impôt et de taxes à la consommation pour financer le programme et enrichir, annuellement, le gouvernement de 1,500,000,000$. Ce revenu gouvernemental annuel n'est-il pas suffisant pour un gouvernement? Moi je crois que c'est amplement suffisant et qu'une augmentation des tarifs n'est pas justifiée à ce moment-ci ni même à court terme. Quand donc le gouvernement cessera-t-il de vider inutilement nos poches? Quand ce gouvernement changera?

    • Denis Boyer - Inscrit 6 août 2012 07 h 55

      Le minable premier ministre utilise encore la carte de ce qui est "juste" pour faire passer quelque chose qui déplaira à plusieurs. En effet, si je n'ai pas d'enfant, pourquoi oudrais-je subventionner la garderie à ceux qui en ont? Et pourquoi voudrais-je subventionner les études de ces mêmes enfants plus tard?

      Chacun pour soi, c'est la plate-forme du premier ministre!

      C'est pourtant, comme vous l'avez mentionné, la société toute entière qui bénéficie des garderies subventionnées tout comme c'est la société dans son ensemble qui bénéficie de l'éducation supérieure de ses citoyens.

    • Lisa Hamel - Inscrite 6 août 2012 08 h 15

      Bien dit!

      Je mettrais une autre "chaerstrie" (extension de chrétiennerie) en évidence:

      Si les étudiants universitaires, qui doivent assumer une hausse de 82 % sur sept ans, ne bénéficient pas de la même « approche », c’est que le Québec a fait le choix politique « d’appuyer les familles avec enfants », a-t-il dit.

      Parce que ces familles, une fois les enfants plus grands, ne sont plus des "familles avec enfants"????

    • Albert Descôteaux - Inscrit 6 août 2012 08 h 56

      "Il n'y a pas de grande différence entre une garderie et un CEGEP à part la taille de l'enfant qu'on y envoie."

      Oui, il y a une différence de "taille": le CEGEP est gratuit (à part les frais afférents, bien sûr). Et lorsque le grand est au CEGEP, il peut se garder seul lorsque ses parents sont au travail.

    • Roxane Bertrand - Abonnée 6 août 2012 09 h 45

      Si c'est du "chacun pour soi" et du "utilisateur payeur", on peut aussi appliquer le principe en santé. Faire tous sa "juste part".

      Payer les garderies, les études, les soins pour les personnes âgés découlent du principe que nous sommes une société et non la "jungle". Nous avons tous besoin tôt ou tard de ses services payés par la communauté. C'est comme une assurance collective.

      Il ne faut pas faire deux poids deux mesures. C'est un groupe qui en abuserait un autre.

    • Jean-Michel Lambert - Inscrit 6 août 2012 10 h 58

      Et bien je suis étudiant en ce moment et je comprends totalement l'idée de ne pas vouloir payer plus sans qu'il y ait de raisons valables.

      Les garderies à 7$ sont un concept qui visait justement à favoriser la natalité pour recréer un boom démographique. Ma génération (j'ai 25 ans) n'en bénificiera pas réellement. Lorsque ceux-ci auront 20 ans et prendront le relais, j'approcherai suffisament de la retraite. J'aurai donc à payer leur éducation en plus de la pensions des baby-boomers actuel. Je fais parti du creux démographique et c'est ainsi.

      Cependant, avec la problématique du choc démographique que l'on subit déjà, et ce, mondialement, il est urgent de stabiliser le tout. Sans être spécialiste, tenter de stabiliser le taux de natalité à 2 semble être une bonne idée (Il faudrait se fier à une étude concernant les morts après naissances, mais une décroissance lente et progressive s'impose déjà, 8 milliards, c'est trop!).

      Dans cette optique, comment en arriver là si ce n'est que d'augmenter les frais des garderies? Oui, l'économie du Québec, mais encore faut-il agir responsablement. C'est mon avis.

      Jean-Michel Lambert

  • Fernand Lachaine - Inscrit 6 août 2012 07 h 00

    Augmentation de tarifs.

    Le Devoir annonçait dans ses pages au début de juillet cinq (5) augmentations de tarifs et d'augmentations de taxes imposées par le gouvernement Charest.
    Or, si le PLQ est réélu il y aurait une autre augmentation de tarifs, celle-là pour les garderies.
    C'est bien sûr qu'à ce rythme, et ce depuis dix ans, qu'en augmentant les taxes et tarifs dans tous les domaines il doit y avoir augmentations de taxes et tarifs pour payer les augmentations de taxes et tarifs...
    Si vous ne croyez pas cela, jetez un coup d'oeil sur votre pouvoir d'achat.
    Et toutes ces augmentations n'ont pas empêcher la dette du Québec de grimper de 33% depuis l'arrivée des mains de JJCharest dans nos goussets.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 6 août 2012 07 h 17

    Changement de paradigme

    Avec Charest, le chantre du néo-libéralisme, le champion de l’utilisateur-payeur, les parents devront faire leur « juste part » pour payer les garderies. Après les étudiants et les enfants, les vieux et les baby-boomers vont y goûter eux aussi quand Charest va appliquer au domaine de la santé ce qu’il fait au domaine de l’éducation.

    Les vieux et les baby-boomers veulent-ils être traités comme leurs semblables le sont aux Etats-Unis, et payer des fortunes pour se faire soigner? Si oui, ils n’ont qu’à voter Charest.

    Le premier sinistre a un agenda de moins en moins caché: il travaille à changer le paradigme d’un Québec égalitaire socialement responsable pour celui d’un néo-libéralisme branché sur l’utilisateur-payeur, sur l’« au plus fort la poche », sur l’assiette au beurre pour les riches et les mafieux, et les miettes pour les pauvres et la classe moyenne. 
On l’a payé pour venir faire cette job de bras au Québec.


    • Claude Smith - Abonné 6 août 2012 08 h 48

      Ce qui m'étonne, c'est qu'il y a beaucoup de gens de la classe moyenne qui ne sont pas conscients de ce qui se passe parce que ces mesures ne les touchent pas directement pour le moment ou parce que ces mesures sont mises en place d'une façon très graduelle. Toutefois, à moyen et long terme, le réveil risque d'être douloureux. Comme au jeu des échecs, il faut apprendre à voir plusieurs coups d'avance si on ne veut pas être mis échec et mat.

      Claude Smith

  • Roland Guerre - Inscrit 6 août 2012 07 h 27

    Bambin - utilisateur/payeur

    Fidèle à sa conception de l'utilisateur/payeur, le premier ministre sortant s'attache et s'attaque à une nouvelle couche de la population, qui découvre, dès la petite enfance, les charmes de l'ultra-libéralisme. Les bambins applaudiront cette précoce éducation civique, qui apporte un nouveau thème à la campagne. Quelle politique familiale ? Quel jeu our le quotient familial ?