Charest promet 250 000 emplois sans s'avancer sur des mesures concrètes

«Nous voulons que tout le Québec vive ce que la région de Québec vit, c’est-à-dire le plein emploi», a déclaré Jean Charest au cours d’une conférence de presse en matinée à l’Institut national d’optique (INO) dans la circonscription de Vanier-Les Rivières, à Québec.

Comme ça semble être la règle depuis le début de sa campagne, le chef libéral était accompagné de plusieurs de ses ministres, six en tout, soit Raymond Bachand, Sam Hamad, Clément Gignac, Julie Boulet, Pierre Arcand et Alain Paquet. Le taux de chômage dans la région métropolitaine de Québec atteint 5,1 % tandis qu’il s’élève à 7,7% dans l’ensemble du Québec et à 10,7 % dans la région de Montréal.

À 6 %, l’objectif libéral est lègèrement en deça du plein emploi : la plupart des économistes le situe autour de 4,5 %. Mais il s’agit d’un «objectif ambitieux», estime Jean Charest. Sous le gouvernement libéral, de 2003 à 2012, ce qui comprend les prévisions pour l’année en cours, il s’est créé 41 000 emplois par an en moyenne. On en promet donc 9000 de plus par an pour les cinq prochaines années.

Le chef libéral n’a pu préciser combien d’emplois proviendrait du Plan Nord sinon pour dire que son gouvernement prévoyait que ce plan entraînerait la création de 20 000 emplois par an en moyenne pendant 25 ans.  

L’objectif de création de 250 000 emplois, dont 50 000 seront des emplois verts sans que cette notion élastique ne soit définie, n’est accompagné d’aucune nouvelle mesure.

Le document rendu public et intitulé Pour le plein emploi porte d’ailleurs comme sous-titre «Énoncé de principe du plan économique du Parti libéral du Québec». Le texte reste vague et il est mince en ce qui a trait aux moyens.

Ainsi, pour réduire le chômage à Montréal, le document propose «d’assurer le rayonnement de notre métropole». Pour sa part, Jean Charest s’est contenté d’indiquer qu’une «attention particulière» sera portée à l’économie de Montréal.

De même, le document mentionne que 40 % des emplois créés d’ici 2020 exigeront une formation universitaire. Or selon les données de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), seulement 24 % de la population québécoise âgée de 15 à 44 ans détient un diplôme universitaire.

La hausse des frais de scolarité n’empêchera pas qu’on puisse réduire cet écart, bien au contraire, a soutenu Jean Charest. «Nous allons mieux financer nos universités. Nous allons travailler avec nos universités pour qu’on puisse attirer davantage d’étudiants. Et nous constatons que des droits de scolarité plus élevés, par exemple en Ontario, n’ont pas eu d’effet sur la question de la participation des étudiants», a-t-il fait valoir.

De nouvelles mesures pour stimuler l’emploi, notamment chez les travailleurs «expérimentés» seront annoncées plus tard, a signalé le chef libéral. Il a surtout insisté sur les mesures déjà prises par son gouvernement en matière d’infrastructures, de formation des travailleurs ainsi que sur le Plan nord et sur l’ouverture des marchés dont son idée d’un partenariat économique et sociale avec l’Europe. Le taux de chômage au Québec était de 9,2 % à son arrivée au pouvoir en 2003, a-t-il rappelé.

Doutes de Pauline Marois

De son côté, la chef du Parti québécois, Pauline Marois a dit douter de l'objectif de création d'emplois des libéraux dans le cadre d'un éventuel quatrième mandat. «M. Charest promet beaucoup de chose et ne livre pas toujours la marchandise. En 2008, il avait dit beaucoup de choses qui ne se sont pas réalisées, comme qu'il ne hausserait pas les taxes, qu'il n'y avait pas de problème de déficit, qu'il n'y avait pas de problème avec la Caisse de dépôt. On va donc regarder ces nouveaux engagements avec un grain de sel.»

Plus tôt ce matin, le chef libéral a accordé des entrevues à deux radios de Québec, Radio-Canada et CHOI Radio X. C’est l’animateur Jérôme Landry de cette station privée qui lui a donné le plus de fil à retordre, lui posant des questions sur la santé, qui apparaît comme la préoccupation principale de l’électorat, selon un sondage Léger Marketing, et le relançant sur le fardeau fiscal des contribuables. Jean Charest a donné une note de 8 sur 10 à son gouvernement pour sa gestion du système de santé.

Jean Charest a défendu la Loi 12 (le projet de loi 178) qui restreint le droit de manifester, tout en critiquant les compromis que François Legault est prêt à faire pour régler le conflit étudiant. «François Legault nous lâché«, a laissé tomber le chef libéral. Jean Charest a mis en opposition, une fois encore, le respect de la démocratie et «la rue».

Avec la collaboration d’Alexandre Shields
Le Devoir

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