«Tolérance zéro pour la corruption», dit François Legault

L’ex-présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec, Maud Cohen, se joint à la Coalition pour mieux contrôler l’attribution des contrats en construction. «Avec l’arrivée de Maud Cohen, le gouvernement du Québec sera maintenant en mesure d’allouer des contrats d’infrastructure de manière intègre et efficace», a soutenu François Legault en présentant sa nouvelle recrue qui livrera bataille dans la circonscription de Laval-des-Rapides.

Maud Cohen avait été l’une des premières, avec l’avocate et députée adéquiste de Lotbinière, Sylvie Roy, à réclamer une enquête publique sur la corruption. Cette dernière briguera un premier mandat sous la bannière de la CAQ.

Fier de l’expérience de ces deux femmes, des «incorruptibles» qui représentent, selon lui, un exemple d’intégrité, François Legault a soutenu que son gouvernement aura une politique «tolérance zéro pour la corruption et le copinage.»

Il veut créer un poste de Commissaire à l’intégrité de la vie publique, qui regroupera les fonctions du Commissaire au lobbyisme et du Commissaire à l’éthique et à la déontologie. Il veut également moderniser la Loi sur le lobbyisme pour interdire toute activité de lobbyisme entre le moment de la publication d’un appel d’offres public et l’octroi du contrat. Il veut enfin limiter les dons à 100 $ par année et pour un seul parti.

L’école du MTQ

Répondant aux questions des journalistes sur les façons concrètes dont il entendait s’attaquer à la collusion dans l’octroi des contrats publics et la surveillance des travaux, François Legault a soutenu qu’il ne fallait pas nécessairement plus d’ingénieurs au ministère des Transports, comme le propose l’actuel ministre Pierre Moreau, mais bien de meilleurs ingénieurs. «Le ministère des Transports est devenu comme une école pour les jeunes qui apprennent leur métier au ministère et qui, une fois qu’ils ont pris leur expérience, s’en vont dans le privé», affirme-t-il d’une voix assourdie par les pétarades de motos et de camions d’ordures passant bruyamment sur la rue.

«Lorsqu’on négocie les salaires avec tous les employés de l’État, on offre la même augmentation de salaire à tout le monde, déplore-t-il. Or, depuis dix ans, les ingénieurs d’expérience du MTQ ont quitté pour aller dans le privé pour des raisons salariales. Donc il va falloir revoir l’échelle salariale. Mais on va être capable de récupérer beaucoup d’argent en ayant des ingénieurs d’expérience.»

Ses propos ont trouvé écho chez Maud Cohen, heureuse d’appuyer son nouveau chef dans sa lutte à la corruption. «Il faut regarder le marché tel qu’il est et il faut qu’on soit compétitif. C’est certain qu’il y a de gros avantages à travailler au ministère des Transports, mais en ce moment, la différence salariale est telle que ça ne permet pas de garder l’expertise au niveau du ministère. Il faut essayer d’arriver avec une offre globale compétitive.»

Le monde municipal va aussi passer dans le tordeur sous un gouvernement caquiste. Le projet de loi de François Legault accorde notamment le droit aux municipalités de refaire un appel d’offres si les prix demandés par un petit groupe de soumissionnaires sont trop élevés. «J’ai rencontré au moins une quinzaine de maires dans ma tournée des dernières semaines et cela revint continuellement, ils veulent avoir le droit d’annuler un appel d’offres quand le prix n’est pas raisonnable.»

Selon lui, il n’y a pas besoin de chercher longtemps pour voir qu’il y a un problème. Il rappelle que le premier ministre a attendu beaucoup trop longtemps avant de déclencher une commission d’enquête. «Comment se fait-il que monsieur Charest se soit retrouvé en élection cet été avant les audiences publiques sur la construction? Je pense que nous savons tous où est le problème, il faut juste avoir le courage de le régler.»

 Faire sortir les enjeux à Laval

La lutte s’annonce chaude à Laval-des-Rapides où Maud Cohen livrera bataille à deux candidats vedettes, soit l’ex-président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, qui représente le Parti Québécois, et le libéral Alain Paquet, ministre délégué aux Finances ayant participé aux négociations sur la hausse des frais de scolarité. Pour les caquistes, la candidature de Maud Cohen permettra d’élargir le débat à Laval, qui se dessinait de plus en plus comme un débat centré uniquement sur les frais de scolarité.

«J’ai démontré par le passé que j’avais toute une détermination, ce n’est pas cela qui va me faire peur», a soutenu Maud Cohen dans son tout premier point de presse comme politicienne, avouant néanmoins ne pas avoir été au courant de l’identité de ses adversaires lorsqu’elle a accepté le mandat.

«La question va être de faire sortir les idées de la Coalition, poursuit-elle. Et le fait que la circonscription a être visible, ça va permettre de faire sortir nos idées davantage et de faire entendre aux Québécois et aux gens de la circonscription quels sont les vrais enjeux pour le Québec.»




À voir en vidéo