L’honnêteté plutôt que la corruption

« L’enjeu le plus urgent, c’est de changer le gouvernement libéral de Jean Charest, ce gouvernement usé et corrompu », a répété Pauline Marois tout au long de la journée. 
Photo: Le Devoir « L’enjeu le plus urgent, c’est de changer le gouvernement libéral de Jean Charest, ce gouvernement usé et corrompu », a répété Pauline Marois tout au long de la journée. 

Blainville – Le Parti québécois a donné le coup d’envoi de sa campagne hier en se posant comme le parti de « l’honnêteté », par opposition au Parti libéral, qui symbolise l’usure et la corruption aux yeux de Pauline Marois. La chef souverainiste a aussi insisté sur le fait que sa formation est d’abord là pour gouverner et non pas seulement pour organiser le plus rapidement possible un référendum sur l’indépendance du Québec.

« L’enjeu le plus urgent, c’est de changer le gouvernement libéral de Jean Charest, ce gouvernement usé et corrompu », a répété la chef péquiste tout au long de la journée. Une formule qui risque de se répéter au cours des prochaines semaines. « Le moment est venu de mettre fin au régime libéral de Jean Charest » et de « nous remettre en marche vers le pays. C’est maintenant que ça commence », a-t-elle ajouté en soirée à Blainville, au cours de son premier grand rassemblement militant de la campagne.


« À partir de maintenant, ce n’est plus aux donateurs du Parti libéral de décider. C’est aux Québécois », a-t-elle ajouté, en référence au slogan de la campagne : « À nous de choisir ». Elle a répliqué au premier ministre, qui a plusieurs fois accusé le Parti québécois (PQ) d’avoir pris le parti de « la rue », mais aussi de « l’intimidation et de la violence » en appuyant le plus important mouvement étudiant de l’histoire du Québec. Mme Marois estime que les Québécois ne répondront pas à ce genre de discours « négatif ». « Il me semble que ça ferait du bien à M. Charest d’aller dans la rue. Il comprendrait mieux les besoins des Québécois. Il a des problèmes à y aller parce qu’à chaque fois, il doit être accompagné d’une horde de policiers », a-t-elle lancé.


Dans un discours livré en soirée devant ses partisans, la leader péquiste a aussi servi quelques attaques à la Coalition avenir Québec, un parti qui « marche dans les pas du chef libéral ». Elle a ainsi comparé les troupes libérales à celles dirigées par François Legault. Elle estime que les deux formations politiques partagent les mêmes positions économiques et nationales.


À cette vision, Mme Marois dit vouloir opposer l’« audace » de son parti. « Notre vision d’avenir pour le Québec se résume simplement : s’affirmer, s’enrichir, s’entraider. » Elle a d’ailleurs réitéré les grandes lignes de son programme électoral. Le Parti québécois promet notamment des élections à date fixe, le financement public des partis politiques, le renforcement de la loi 101, une bonification du régime de redevances minières, l’ajout de places en garderie et un accès « abordable » à l’éducation.


La chef péquiste a également déclaré qu’elle considérait le Canada comme étant « un risque pour le Québec », indiquant clairement que les Québécois devront choisir entre demeurer une province et devenir un pays. Mais le 4 septembre, a-t-elle ajouté, « on ne votera pas pour ou contre un référendum, on votera pour ou contre un gouvernement en devenir ». Au sujet de la tenue d’un éventuel référendum sur la souveraineté, Pauline Marois a répété que son agenda demeurait « ouvert ». Mais son choix est on ne peut plus clair : « Nous préférons, nous souhaitons, nous désirons un pays. »

 

Le phénomène « Léo »


Pauline Marois, qui a entamé sa journée à Beauport avant même le déclenchement officiel des élections, a promis de « reconquérir » des circonscriptions dans la région de la Capitale-Nationale. Elle s’est ensuite rendue à Trois-Rivières, le temps d’un point de presse avec la candidate Djemila Benhabib, une militante anti-islamiste et pro-laïcité bien connue.


Présent à Blainville, le candidat Léo Bureau-Blouin, ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, a reçu un accueil très chaleureux de la part des péquistes réunis dans une salle d’un hôtel. Au cours d’un bref entretien avec Le Devoir, il a dénoncé la décision de Jean Charest d’« utiliser » le conflit étudiant dans le cadre de la présente campagne. Selon lui, les libéraux souhaitent carrément « diviser la population et se faire du capital politique ». Qui plus est, il estime que « la réélection du Parti libéral ne fera rien pour régler ce conflit-là ». L’ancien leader étudiant a rappelé que le PQ compte abolir la loi 78, mais aussi revoir la question de la hausse des droits de scolarité.

C’est la jeune recrue péquiste qui a présenté les candidats pour les cinq circonscriptions de Laval. La tâche s’annonce difficile puisque le PQ n’a pu faire mieux qu’une seconde place lors du scrutin de 2008. À Blainville, les souverainistes ont décidé de présenter le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux. L'ancien député péquiste Daniel Ratthé a été expulsé en 2011 et a joint les rangs de la CAQ. Dans Groulx, c’est le président du conseil exécutif du parti, Raymond Archambault, qui se présente cette année.

Dans la couronne nord et dans les Laurentides, les péquistes espèrent aussi tirer leur épingle du jeu. En 2008, plusieurs courses s’étaient soldées par des résultats relativement serrés, notamment contre l’ADQ. Selon un sondage Léger Marketing réalisé pour le compte de l’agence QMI et rendu public hier, le PQ devancerait largement la CAQ et le PLQ.

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