Charest place la crise étudiante au coeur de la campagne électorale

Après avoir rencontré le lieutenant-gouverneur pour dissoudre l'Assemblée nationale et officialiser le déclenchement de la campagne, Jean Charest s'est dirigé vers une zone sécurisée à l'extérieur de l'aéroport de Québec.
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson Après avoir rencontré le lieutenant-gouverneur pour dissoudre l'Assemblée nationale et officialiser le déclenchement de la campagne, Jean Charest s'est dirigé vers une zone sécurisée à l'extérieur de l'aéroport de Québec.
Après avoir rencontré le lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne pour dissoudre l'Assemblée nationale et officialiser le déclenchement de la campagne, M. Charest a pris la parole dans une zone sécurisée à l'extérieur de l'aéroport de Québec.

Alors que les leaders étudiants ont affirmé aujourd'hui leur intention de lutter contre la réélection des libéraux, M. Charest a donné le coup d'envoi au marathon électoral sans être perturbé par des manifestants. Tout au plus un éclat de voix et une note de trompette, provenant de l'autre côté de l'édifice, auront brièvement mis les responsables de la sécurité sur les dents.

Sur une estrade érigée sur le tarmac, flanqué par la majorité de ses ministres ainsi que des candidats libéraux de la grande région de Québec, M. Charest a déclaré que l'élection permettra à la « majorité silencieuse » de s'exprimer sur la hausse des frais de scolarité, qui a plongé le Québec dans une crise sociale au printemps. « La rue a fait beaucoup de bruit, a-t-il dit. C'est maintenant au tour des Québécois de parler et de trancher cette question. »

Comme il l'a fait précédemment, M. Charest s'est appliqué à associer son adversaire péquiste aux perturbations, en rappelant que Pauline Marois et ses députés ont arboré le carré rouge, symbole de la lutte étudiante.

Selon le chef libéral, l'enjeu de la prochaine élection est fondamental, puisque les électeurs devront choisir entre la prospérité offerte par son équipe où le chaos inévitable avec les péquistes.

Avant de vanter le Plan Nord, son projet de développement économique du nord québécois, M. Charest a insisté sur les risques de ralentissement économique qui pointent à l'horizon.

« Ces constats sont inquiétants et laissent présager des secousses qui ne manqueront pas de nous toucher si nous ne sommes pas tous au travail, a-t-il dit. Ici encore le choix est simple entre la stabilité et l'instabilité. »

Plus tôt, avant un conseil des ministres où le déclenchement électoral a été décidé, la ministre des Relations internationales Monique Gagnon-Tremblay a déclaré que les libéraux devront « travailler très fort » pour obtenir un quatrième mandat, après plus de neuf ans au pouvoir.

« Il faut dire qu'après neuf ans, après avoir passé neuf ans, c'est un gros défi à relever », a-t-elle laissé tomber, avant d'ajouter que « M. Charest est en pleine forme ».

Mme Gagnon-Tremblay a rejeté la notion d'usure du pouvoir, bien que généralement, aux cours des dernières décennies au Québec, les gouvernements ont changé après environ deux mandats de quatre ans.

« Ce n'est pas une question d'usure, c'est une question de programme, de ce qu'on a à offrir à la population », a-t-elle argué, en vantant le bilan des libéraux sur le front de l'économie, pour démontrer que le passé est garant de l'avenir.

St-Pierre insiste sur l'économie

La ministre de la Culture Christine St-Pierre a affirmé que les électeurs devront se prononcer sur les visions des libéraux et des péquistes concernant les différents enjeux.

Mme St-Pierre a insisté sur le discours économique de son chef et elle a défendu les publicités négatives des libéraux à propos de la chef péquiste.

« Ça va être un message, dans la campagne électorale, des visions qui sont celle du premier ministre Charest, c'est-à-dire le développement économique du Québec et l'autre vision, qui est celle de Mme Marois et ses faucons, c'est-à-dire de faire en sorte que le Québec se déchire », a-t-elle dit.

Le ministre des Finances Raymond Bachand a reconnu que l'attention des électeurs sera peut-être moins grande au début de la campagne, alors que plusieurs sont en vacances.

M. Bachand s'est montré sûr que cela n'aura pas d'impact négatif sur le taux de participation à l'élection, qui avait atteint un creux historique lors du dernier scrutin de 2008.

« Tout le monde est revenu à partir du 15-17 août, parce que c'est les rentrées scolaires partout, tout le monde est là, a-t-il dit. Et comme il n'y a pas beaucoup d'autres choses dans l'actualité, au contraire, les gens vont peut-être y porter plus d'attention. »


Par Jocelyne Richer

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