Le Dr Barrette confirme son passage à la CAQ

Le Dr Gaétan Barrette a livré hier un vibrant plaidoyer pour le système public de santé, promettant notamment, s’il est élu, de faire en sorte que chaque Québécois ait son médecin de famille.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le Dr Gaétan Barrette a livré hier un vibrant plaidoyer pour le système public de santé, promettant notamment, s’il est élu, de faire en sorte que chaque Québécois ait son médecin de famille.

Après des mois de réflexion, le Dr Gaétan Barrette fait finalement le saut en politique aux côtés de François Legault et briguera les suffrages dans Terrebonne. Celui que la Coalition avenir Québec (CAQ) voit comme futur ministre de la Santé veut donner un médecin de famille à tous les Québécois.

« Nous sommes pleinement conscients que, pour plusieurs Québécois, la santé, c’est la priorité », a soutenu le chef de la CAQ, François Legault, en présentant son candidat-vedette hier matin à Montréal. « En 2003, Jean Charest en avait fait la priorité des priorités. Mais, comme on l’a vu depuis neuf ans, le système ne s’est pas amélioré. Le docteur Barette aura tout un mandat […] et la priorité principale du docteur Barette sera de s’assurer que chaque Québécois ait son médecin de famille. C’est possible avec le nombre de médecins de famille qu’on a actuellement au Québec, il faut juste avoir du courage, de l’audace. »


Le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, qui a pris un congé sans solde pour la durée des élections à venir, a dit avoir pris le temps de mener une réflexion en profondeur avant de se lancer. « Il y a une chose qui m’a convaincu de faire le saut, c’est la situation politique. Au moment où l’on se parle, si je me mets dans la peau du citoyen, celui qui paye des impôts, qui paye des taxes et qui considère qu’il n’en a pas pour son argent, à un moment donné, il faut arrêter de critiquer de l’extérieur — ce qui était ma fonction principale — et participer en tant que politicien, éventuel ministre de la Santé, pour faire en sorte que les gens en aient pour leur argent. Et c’est faisable. »


Le radiologiste a livré un long plaidoyer pour le système de santé public. « Je suis un défenseur du système de santé public, je crois en la pérennité du système de santé public pour les gens qui sont là aujourd’hui, qui s’en viennent, nos enfants, nos petits-enfants. Et pour que ce système continue, compte tenu de la situation économique mondiale, à un moment donné, il faut prendre le virage de la bonne gestion. »


Affirmant être un homme de parole et de conviction qui n’a pas la langue de bois, il a promis que, s’il est élu, il donnera à tous les Québécois un médecin de famille. « Nous pouvons et nous allons — ça, c’est mon caractère — mettre en place des mesures qui vont faire en sorte que, oui, vous allez avoir accès à un médecin de famille et, non, vous n’allez plus attendre. »


La CAQ a clairement indiqué son intention de donner plus d’autonomie et de marge de manoeuvre aux établissements de santé qui sont beaucoup trop centralisés. Et non, elle ne se fera pas que des amis. « C’est sûr que, le jour où je vais proposer de faire en sorte que ça fonctionne, il est possible que des gens aient de la peine, mais pas les patients. »


D’autres vedettes


La Coalition avenir Québec a également confirmé hier la candidature de Claire Samson, p.-d.g. de l’Association des producteurs de films et de télévision du Québec, qui se présentera dans Iberville. La communicatrice, qui a oeuvré notamment au sein de TQS (aujourd’hui V télé) et de TVA, a dit déjà aimer sa nouvelle circonscription, qu’elle « sillonne depuis quelques semaines incognito ».


La CAQ réserve encore quelques surprises. Hier après-midi, des rumeurs donnaient la circonscription de Laval-des-Rapides à Maud Cohen, ex-p.-d.g. de l’Ordre des ingénieurs, qui avait fait de la lutte contre la corruption sa priorité pendant son mandat. La CAQ devrait confirmer cette annonce demain.

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15 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 1 août 2012 00 h 35

    Un gros morceaux

    Mais dans le fond, pas si gros que cela. Un gueulard, un fonceur , oui mais innovateur, penses pas. Comme les RONA, "si sa solution aurait existté, on l'aurait". Moi les inventeurs de solutions mais qui nous denmandent avant de les élire, pas trop confiance à cela.

  • Gilles Bousquet - Abonné 1 août 2012 07 h 45

    Bon coup pour la CAQ

    Suivi d'un mauvais coup de son chef qui vient de sortir ce matin : L'affaire des FIERS pour protéger M. Sirois, quand M. Legault était critique péquiste des finances. À suivre.

  • Pierre Germain - Inscrit 1 août 2012 08 h 15

    Cela n'annonce rien de bon

    Que dire d'un présent de la Fédération des médecins spécialistes qui ne s'est jamais insurgé de la double facturation que pratique les ophtamologistes, dermatologistes, gastro-entérologues et autres? Tout simplement que cette personne n'attebd que le pouvoir pour privatiser à outrance le système de santé et faire payer aux gens deux fois le mêmes services: une première fois via leurs impôts et une seconde par une facturation supplémentaire des médecins. Honteux, anti-démocratique et scandaleux!

    • Christian Lamontagne - Inscrit 1 août 2012 11 h 03

      D'accord avec vous: Barrette privatiserait tout ce qu'il peut. Il n'a jamais eu une autre attitude que corporatiste. Bien avant que le docteur annonce ses intentions, je me suis dit que si la CAQ l'accueillait, ça me confirmerait que la CAQ ne sait pas où elle s'en va. Il va me rester seulement le vote stratégique...

  • Jean Lapointe - Abonné 1 août 2012 08 h 20

    Barrette et l'amiante

    «Barrette dit comprendre la critique envers l'amiante sans y adhérer.»

    http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/sante/

    Ce qui semble vouloir dire que le docteur Barrette ne serait pas contre la reprise de la production de l'amiante à Asbestos.

    Propos étonnants de la part de quelqu'un qui aspire à devenir ministre de la santé . Je dis bien «santé».

  • Pierre Germain - Inscrit 1 août 2012 08 h 21

    Le gros bon sens

    Si Gaétan Barrette avait réellement eu la volonté d’améliorer le système, il aurait milité pour ramener le ratio médecins/habitants de 2,2 pour 1000 (ratio présent au Québec) à 3 ou 4 pour 1000 comme c’est le cas dans les pays de l’Europe de l’Ouest. G. Barrette sait très bien que les médecins se servent de leur monopole protégé par l'état pour exercer une surenchère malsaine, qu’ils militent très fort pour conserver le ratio médecins/habitants très bas pour artificiellement créer une pénurie. Afin d’avoir un système de santé plus efficient, il faut ramener la rémunération des médecins à un niveau plus raisonnable et, avec les sommes ainsi dégagées, en former plus. Le désengorgement du système ne réside pas en payant encore plus des gens déjà trop payés (car en les payant encore plus, ils ne vont que travailler moins car leur paie est déjà exagérée) mais en en formant plus.

    • Sylvain Auclair - Abonné 1 août 2012 08 h 43

      Aucun médecin québécois (sauf exceptions) ne serait prêt à travailler au salaire des médecins d'Europe de l'Ouest.

    • Pierre Germain - Inscrit 1 août 2012 09 h 27

      Eh bien, M. Auclair, il est temps que ça change. La seule raison qui explique cette rémunération exagérée est la proximité des USA, pays où les soins de santé, au prorata, sont les plus coûteux pour les pires résultats parmi tous les pays industrialisés. Le système américain a démontré éloquemment sont inefficacité de même que son iniquité.

      Par ailleurs, il est temps de facturer la formation de résidence au même prix que ce que ça coûte aux USA à tous les nouveaux médecins qui quittent pour aller exercer à l'extérieur. On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre. Il est temps que nos gouvernements de molassons prennent leurs responsabilités.

    • Pierre Germain - Inscrit 1 août 2012 09 h 32

      Les conditions salariales très élevées, les bonis et autres incitatifs consentis aux médecins n'ont donné aucun résultat; au contraire, le système se porte de plus en plus mal. Rémunérer encore plus les médecins n'en fera pas apparaître plus. Encore ici, au contraire. En effet, si on augmente la rémunération de quelqu'un de 30 %, il peut travailler 15 % moins tout en empochant tout de même 15 % de plus. La rémunération à outrance devient un incitatif à moins travailler. Les médecins doivent prendre acte une fois pour toute que le monopole qui leur est consenti doit être géré par l'état et que ce derbier ne peut céder ni sur le chantage des médecins ni sur leur volonté de maintenir leur nombre artificiellement bas afin de préserver un état artificiel de pénurie qui leur est bénéfique mais qui nuit grandement à la santé des gens.

    • Sylvain Auclair - Abonné 1 août 2012 12 h 11

      À monsieur Germain:
      Je ne dis pas le contraire. En fait, la première chose à faire, ce serait de fermer la faculté de médecine de McGill, d'où les médecins vont en très grande proportion pratiquer hors du Québec.