Droits de scolarité - Les étudiants disent non à Legault

François Legault a expliqué hier sa solution pour la rentrée scolaire.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir François Legault a expliqué hier sa solution pour la rentrée scolaire.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault a beau prétendre que sa proposition d’une hausse modérée de 200 $ des droits de scolarité peut régler le conflit étudiant, les associations étudiantes n’y voient que du marketing politique qui ne touche pas le coeur du problème.


D’un seul bloc, les trois principales associations étudiantes ont rejeté hier ce que François Legault appelle un « compromis » afin d’assurer un retour en classe «paisible» dans deux semaines. Mais s’il accuse Jean Charest d’avoir favorisé le bras de fer avec les étudiants par son entêtement, il ne semble pas récolter plus d’appuis.


« C’est encore pire que les libéraux », a tranché hier Martine Desjardins de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). « On nous avait proposé 325 $ par année, puis 254 $. Et là, la CAQ parle de 200 $. C’est un peu comme des enchères. C’est une fausse proposition », a commenté Éliane Laberge, présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).


Quant à la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), que François Legault estime pouvoir contourner afin de dénouer l’impasse, on rappelle que l’objectif est d’éliminer la hausse dans une perspective de gratuité scolaire. De plus, que M. Legault propose la division pour mieux régner n’ébranle pas la solidarité étudiante, assure la porte-parole de la CLASSE, Camille Robert. « La division du mouvement a été essayée par le gouvernement libéral et ça n’a pas fonctionné. On voit que la Coalition avenir Québec ne vole pas beaucoup haut que ça ! », a laissé tomber Mme Robert.


Flanqué de huit de ses candidats issus du monde de l’éducation (enseignants, ex-directeur d’école, chargé de cours), le chef caquiste a pris les devants dans la campagne électorale qui doit prendre officiellement son envol demain. Sur le campus de l’Université de Montréal, il a expliqué sa solution pour la rentrée.


Il propose de reporter la hausse des droits de scolarité à janvier prochain. Entre-temps, les universités bénéficieraient d’une aide financée à même le crédit d’impôt pour les études postsecondaires. En contrepartie, elles auraient l’obligation de présenter un plan de rationalisation de leurs dépenses.


La hausse s’établirait à 200 $ par année plutôt que 254 $, pendant cinq ans, après quoi, il y aurait indexation. La CAQ propose également que les mesures annoncées pour améliorer le Régime d’aide financière aux études soient maintenues. De plus, M. Legault demande au gouvernement de suspendre les dispositions de la loi 78 qui encadrent le droit de manifester. Selon la CAQ, il s’agit là d’une proposition « raisonnable ».


« En politique, il faut être ferme sans être fermé. On a écouté la population et elle nous dit oui à la hausse des frais de scolarité, mais pas de 75 % », a affirmé le chef caquiste.


La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, n’a pas manqué l’occasion d’écorcher François Legault, peu impressionnée par son compromis. Selon elle, la proposition gouvernementale est plus avantageuse et correspond, dans les faits, lorsque le crédit d’impôt s’applique, à une hausse nette de 176 $ par année. « Je suis étonné que M. Legault ne sache pas ça. C’est un comptable », a affirmé Mme Courchesne avant d’ajouter : « De deux choses l’une, ou il est irresponsable, ou il n’est pas crédible. »

51 commentaires
  • Roland Guerre - Inscrit 31 juillet 2012 00 h 51

    Une confirmation

    Dans leur sagesse, les associations étudiantes rappellent que le problème n'est pas là ! La crise mérite une autre analyse, d'autres solutions. Le diagnostic, réalisé, depuis l'éclosion du printemps érable, nourrira le débat électoral. Il est grand temps que le représentant d' Avenir Québec change de lunettes !

  • Pierre Cossette - Inscrit 31 juillet 2012 02 h 44

    Que de tataouinage ...

    pour un maigre 0,7 % du budget québecois, on voit bien là le sens des priorités de nos politiciens déconnectés. Tout ce gâchis sur la hausse des frais de scolarité est l'arbre qui empêche de voir la forêt. La gratuité scolaire devrait exister au Québec depuis au moins 35 ans, les péquistes auraient dû la faire tout progressistes se déclament-ils.

    • Chantale Desjardins - Abonnée 31 juillet 2012 06 h 48

      D'accord sur la gratuité que révélait le rapport Parent en 1969. On attend encore la réalisation...

    • François Robitaille - Inscrit 31 juillet 2012 09 h 10

      La gratuité a aussi un prix, regardez les pays qui l'offre, vous remarquez toujours une compensation quelconque, comme le service militaire ou autre chose du genre.

      La gratuité scolaire n'est pas si rose et a ses défauts aussi, comme la possibilité de se retrouver avec d'éternels étudiants ou d'ajouter de la bureaucratie de facon démesuré pour gérer les frais étudiants des gens de l'extérieur.

      Finalement, que faisons-nous avec ceux qui quitte la province après études....et qui ne contriburont pas? On ne peut pas empècher les gens de partir....à moins qu'on restreigne la liberté individuelle.

    • Robert Bernier - Abonné 31 juillet 2012 09 h 32

      Pauline Marois a déjà annoncé qu'elle ferait payer les 950 millions de dollars du forfait pour la santé (le fameux 200$) aux seuls contribuables réputés riches: plus de 140 000$ de salaires annuellement. Ils sont 120 000 au Québec et ça ferait une moyenne de 8 000$ d'impôts supplémentaires annuellement si la charge était répartie également, ce qui devra presqu'être le cas étant donnée la quasi-absence de "vrais" riches au Québec.

      Les 750 millions de ce "maigre 0.7% du budget" pour la gratuité, vous allez les faire payer par qui?

      Quant au rapport Parent, j'emprunte ici à l'étude qu'en a faite un collègue. Voici ce qu'il disait, le rapport Parent:

      « Nous pensons que le gouvernement ne peut se permettre d’accorder la priorité à la gratuité scolaire au niveau de l’université, ni se priver des sommes qu’il pourrait employer utilement pour permettre à des étudiants démunis de faire des études.» (RP : 170; PDF : 210)

      Le rapport peut être consulté en ligne à: http://classiques.uqac.ca/contemporains/quebec_com

      Robert Bernier
      Mirabel

    • Robert Bernier - Abonné 31 juillet 2012 10 h 09

      L'adresse complète pour le rapport Parent, partie financière, n'est malheureusement pas apparue correctement à la fin de ma réponse précédente. La voici:

      http://classiques.uqac.ca/contemporains/quebec_com


      Robert Bernier
      mirabel

    • Line Lafleur - Inscrite 31 juillet 2012 12 h 58

      @François Robitaille... Généralement ceux qui quittent le Québec pour aller travailler c'est que les salaires sont mieux ailleurs et surtout moins d'impôt et de taxes à payer.

      Je connais quelqu'un qui a travailler aux USA pendant des années justement parce qu'après impôts il lui restait quelque chose sur sa paye et aussi il n'était pas surtaxé quand il dépensait l'argent qui lui restait.

    • Pierre Brulotte - Inscrit 31 juillet 2012 13 h 43

      Le rapport parent ne considérait pas la gratuité possible dans le court terme, elle demandait une certaine organisation de l'État pour payer collectivement l'éducation. À long terme, l'éducation gratuite y est cependant considérée comme possible et avantageuse pour l'économie et le Québec en général. Malheureusement, plusieurs points de ce rapport ont été ignorés.

    • François Robitaille - Inscrit 31 juillet 2012 15 h 54

      @Line Lafleur... C'est exactement pourquoi la gratuité n'est pas une bonne solution. Elle implique une augmentation des couts et quand ça deviens trop cher...les gens s'en vont!!

  • François Ricard - Inscrit 31 juillet 2012 05 h 34

    Pourquoi ne pas regarder le financement de plus près?

    Et pourquou pas une révision des subventions aux universités?
    Si vous avez suivi les débats depuis plus d'un an, ce sont les établissements francophones qui insistent pour avoir plus d'argent.
    Les établissements anglophones se contentent de hocher de la tête et déclarent qu'ils accepteraient volontiers plus de subventions.Mais l'argent dans ces établissements n'est pas un problème aussi aigu que dans les universités francophones.
    Depuis des décennies, les établissemenbts anglophones reçoivent au moins 27%, et parfois plus, des subventions aux universités. Pourtant la population anglophone du Québec ne représente que 8% de la population.
    C'est pourquoi, quand il y a fête dans ces universités, on chante très souvent:
    "Alouettte, gentille alouette, alouette, je te plumerai."

    • Michel Richard - Inscrit 31 juillet 2012 13 h 55

      me semble qu'il faudrait comparer la population étudiante université par université. Pis regarder les sources. (si un riche gradué de McGill décide de donner à McGill, l'Université de Montréal ne peut pas s'en plaindre).
      Votre comparaison est boiteuse.

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 31 juillet 2012 06 h 20

    pour un budget participatif

    Legault appelle à se taire et non à faire des compromis. Il ne propose rien, du moins rien qui puisse changer en profondeur.

    Il nous manque un outil pour gérer ces crises sociales d'ordre budgétaire, et à défaut d'avoir cet outil-là on se retrouvera avec des manifestations comme solution. Cet outil, ce forum, c'est celui du budget participatif où les citoyens décident d'où l'on prélève le trésor public (des poches de la classe moyenne ou de celles des banques à l'ami C.Sirois?), à quels projets / ministère on l'alloue, avec suivi des citoyens pour vaincre la corruption.

    Guillaue Blouin-Beaudoin

  • Stanislas Vézina - Inscrit 31 juillet 2012 06 h 59

    Parole de politicien ?

    Pour que je crois Legault, il faudrait qu'il fasse la démonstration que l'augmentation des frais de scolarité est une nécessité comme il le dit.

    • François Robitaille - Inscrit 31 juillet 2012 09 h 16

      On est écoeurer de payer pour les autres encore, me semble que c'est assez simple!!!! On paye de l'impôt à la hauteur de 52% (incluant les taxes des produits). Je suis conscient qu'il y a des "tuyaus percés" dans le système, mais faut commencer à quelque part pour faire fonctionner les écoles. Quand on aura trop d'argents dans le gouvernement parce que les trous sont colmatés, ce sera alors un heureux problème, mais pour l'instant il faut en sortir de nos poches encore et je pense que c'est à ceux qui en profiterons (les étudiants et leur famille) de payer....pour l'instant. Un diplomé universitaire gagnera 1Million de plus dans sa vie qu'un autre sans diplome.

    • Guthreau Michel - Inscrit 31 juillet 2012 09 h 47

      S'il gagne 1 million de plus par année il paiera donc plus d'impôts non ?? Si la personne peut faire des études de médecine grâce à la gratuité vous n'en profiterez pas ? Avec votre raisonnement je pourrais réclamer la privatisation de la santé, car c'est aux personnes malades que profite les médicaments pas à moi. À force de ne pas défendre des principes qui nous touche plus (parce que les frais de scolarité ont pu toucher TOUT LE MONDE), lorsque le gouvernement viendra pour nous il n'y aura plus personne pour vous défendre.
      Pour l'argent ;a force de baisser les impôts, les taux d'impostition, la taxe sur le capital... Les étudiants (dont je ne suis pas), ne veulent pas que les particuliers paient la hausse, mais bien les compagnies.

    • François Robitaille - Inscrit 31 juillet 2012 10 h 02

      Pour commencer, c'est 1Million de plus dans sa vie, pas par année, et deuxiemement, les gens qui gagnent plus d'argent, peuvent en déduire plus, comme par exemple, les REER, les REEE (pour leurs enfants qui vont étudier) et plein d'autres méthodes de réductions d'impôt que la classe moyenne ne peut pas se payer....sans compter les services bancaires incluants les meilleurs conseils.

      Votre exemple sur la santé est bon, et c'est vrai que mon commentaire peut parraitre égoiste, mais loin de moi cette idée. Le gouvernement paye à la hauteur de 89% des frais présentement, je ne m'en plain pas. Ils veulent le faire passer à 83%, je ne m'en plaindrai pas non-plus... Mais je suis loin de penser que la privatisation est la solution.

      Finalement les fameuses compagnies qui ne paient que 11% d'impot au québec... C'est un autre débat, il doit être fait mais je pense que le sujet étudiant est assez complexe pour penser ajouter des dossiers aussi différents même s'ils sont liés d'une certaine façon.

    • Adam Ross - Inscrit 31 juillet 2012 14 h 50

      @Francois

      Et même s'il gagne 1 million de plus dans sa vie (750 000 après impôt), ya pas une cloche qui sonne ? C'est 250 000$ de plus par étudiant dans les coffres du gouvernement ! La vieille rangaine qu'on nous sort depuis des mois: les universités sont sous-financés et blablabla. NON ! L'argent est là, elle est mal gérée, les recteurs font des millions juste en prime de départ. C'est ce que réclame les opposants à la hausse. Qu'on arrête de pelleter le problème en arrière et qu'on le règle maintenant !

    • François Robitaille - Inscrit 31 juillet 2012 15 h 57

      @Adam

      Si on considère tout les facteurs, ce qui humainement impossible, de là notre discussion, je ne pense pas que ces gens qui gagnent plus chere partagent autant que vous le dites.

      Côté gestion, si c'était si simple.....ce serait déjà fait!

    • Sylvain Auclair - Abonné 31 juillet 2012 16 h 35

      Monsieur Robitaille,
      Où êtes-vous allé ce chiffre effarant de 52%? Une personne gagnant 100 000$ par année paie un total de 32% d'impôt*; moins si elle a des enfants. Les taxes de vente ne sont pas appliquées sur tout, entre autre pas sur la nourriture, les loyers et ainsi de suite.

      Votre calcul, s'il vous plaît.

      *Source: tables d'impôt Desjardins.

    • Sylvain Auclair - Abonné 31 juillet 2012 17 h 10

      À Adam Ross:
      «C'est 250 000$ de plus par étudiant dans les coffres du gouvernement !»
      Mais une part importante va à Ottawa, qui se pourlèche les babines avec nos bas frais de scolarité, qui font que les étudiants ou leurs parents paient plus d'impôt fédéral...