La FECQ et la FEUQ insistent sur le vote dans les campus

La FECQ a souligné que lors du scrutin de 2008, moins de la moitié des jeunes de 18 à 24 ans avaient exercé leur droit de vote.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La FECQ a souligné que lors du scrutin de 2008, moins de la moitié des jeunes de 18 à 24 ans avaient exercé leur droit de vote.

Les fédérations étudiantes plaident une nouvelle fois pour l'aménagement de bureaux de vote dans les cégeps et les universités en prévision du prochain scrutin. Elles ont d'ailleurs écrit à ce sujet, ce jeudi, au Directeur général des élections et aux partis politiques.

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale (FECQ) pensent que l'aménagement de bureaux de vote dans les cégeps et les universités, destinés aux étudiants qui se trouvent temporairement loin de la résidence familiale, est une excellente façon de favoriser le vote des jeunes.

Traditionnellement, les jeunes exercent leur droit de vote dans une proportion moindre que les autres catégories d'électeurs.

En entrevue, la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, a souligné que lors du scrutin de 2008, «moins de la moitié des jeunes de 18 à 24 ans» avaient exercé leur droit de vote. Au sein de la population en général, le taux de participation n'avait été que de 57,3 %.

La FEUQ et la FECQ font valoir que les autorités adoptent déjà de telles mesures pour favoriser le vote des aînés, en aménageant des bureaux de vote dans les résidences pour personnes âgées, par exemple.

Auparavant, un électeur qui quittait temporairement son domicile pour étudier dans une autre circonscription pouvait être considéré comme domicilié «soit dans la section de vote où se trouve son domicile soit dans celle où il réside aux fins de son travail ou de ses études», précisait la loi électorale. Cette disposition a été changée par une de «vote hors circonscription».

Désormais, un électeur qui est temporairement absent de sa circonscription pour des fins d'études pourra voter pour un candidat de la circonscription de son domicile d'origine à partir de la circonscription où il réside temporairement, explique-t-on sur le site du Directeur général des élections.

Toutefois, pour le faire, il devra se présenter au bureau du directeur du scrutin de la circonscription où il réside temporairement – et non au cégep ou à l'université – et le faire lors d'une des cinq journées prévues.

La FECQ et la FEUQ trouvent cela inutilement compliqué et mal adapté à la réalité des étudiants.

En vertu des nouvelles dispositions, «maintenant, ce serait illégal qu'un étudiant change d'adresse simplement pour aller voter dans sa circonscription. Un étudiant qui viendrait de Matane, irait étudier à Sherbrooke, ne pourrait pas faire son changement d'adresse en changeant son adresse seulement pour voter dans sa nouvelle circonscription qu'est Sherbrooke, parce que ce ne serait pas considéré comme son domicile», déplore Mme Laberge.

Le site du DGE explique qu'en vertu du Code civil, pour changer de domicile, une personne doit avoir l'intention de faire de ce nouvel endroit sa principale demeure, celui qui sert de référence pour ses droits civils.

La FECQ et la FEUQ se demandent si cette mesure de «vote hors circonscription» n'a pas été adoptée «pour empêcher les étudiants de voter dans des "circonscriptions étudiantes" comme Sherbrooke [celle du premier ministre Jean Charest] de peur de ne pas être réélu aux prochaines élections».

«On en vient à se poser la question: "est-ce que c'est une façon, non pas d'empêcher, mais de venir tellement compliquer la démarche pour un étudiant d'aller voter qu'il n'ira pas voter"», s'interroge Mme Laberge.

Le Parti libéral s'est déjà opposé à l'aménagement de bureaux dans les universités et cégeps.

Mme Laberge affirme que le Directeur général des élections aurait néanmoins le pouvoir de décider où les bureaux de vote hors circonscription seront aménagés. La FECQ et la FEUQ gardent espoir de ce côté et attendent la réponse du DGEQ.
17 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 26 juillet 2012 13 h 41

    Devoir

    C'est au directeur des élections à voir à ce que le plus de Québécois possible aillent voter. Cette demande est légitime et rejoint les publicités du DGE des élections passées.

  • maxime belley - Inscrit 26 juillet 2012 13 h 46

    jamais

    si la jeunesse s'implique au Québec les choses vont changer et le Québec n'aime pas le changement

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 26 juillet 2012 14 h 16

    Tactique Libérale

    John James fera tout pour atténuer le vote étudiant par crainte de perdre un comté à proximité d'une université ou CÉGEP. Il serait exceptionel de rejeter John James dans son comté de Sherbrooke. Quelle belle démonstration démocratique.

    Pierre-S. Lefebvre

    • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 26 juillet 2012 22 h 33

      Parlons-en de Sherbrooke. La division des francophones mènerait inéluctablement à leur minorisation, comme on l'a vu aux dernières élections générales, où même Jean Charest aurait été défait dans son comté n'eussent été les votes que Québec solidaire a détournés du Parti québécois.

      Aux élections du 26 mars 2007, Jean Charest a obtenu 13 136 votes, soit seulement 1 332 de plus que le candidat du Parti québécois qui en a obtenu 11 804. Le candidat de Québec solidaire a obtenu 2 263 votes.

      L'angélisme du parti Québec solidaire nous a valu un gouvernement de droite avec les libéraux aux commandes. Québec solidaire poursuit de bonnes intentions largement partagée dans le public, mais il est devenu l'allié objectif de ce gouvernement de droite. C'est triste et navrant. Il y a sûrement un groupe puissant qui a intérêt à alimenter cette division du vote des francophones.

  • Nicole Moreau - Inscrite 26 juillet 2012 14 h 57

    Très important de prendre tous les moyens pour s'assurer de l'accessibilité au vote

    Comme les élections vont vraisemblablement avoir lieu le 4 septembre prochain, une bonne proportion des jeunes qui sont aux études, seront dans la municipalité où est situé l'établissement d'enseignement qu'ils fréquentent, il serait très normal qu'ils puissent voter dans cette circonscription. Il serait normal de voir à ce qu'ils n'aient pas à franchir des obstacles importants pour se prévaloir d'un droit fondamental, celui de prendre part à l'exercice du choix des personnes qui seront habilitées à voter des lois pendant 4 ou 5 ans.

    • Mariette Payeur - Inscrite 26 juillet 2012 20 h 45

      «Il serait normal de voir à ce qu'ils [étudiants] n'aient pas à franchir des obstacles importants pour se prévaloir d'un droit fondamental» dites-vous.

      Ceci vaut pour les droits de base (manger, se loger, etc). Mais un droit acquis, comme celui de voter, n'a pas à répondre aux mêmes critères d'accessibilité.

      En fait, vous obliger, chers étudiants, à remplir ces obligations (démarches administratives) ne peut que vous aider à mieux vous faire saisir toute la portée de ce geste, ce droit fondamental qu'est la votation; droit devant lequel les étudiants ont fait étalage de leur mépris en négligeant trop souvent de voter lors d'élections antérieures.
      Quand leurs intérêts immédiats ($$$) sont en cause, leur attitude se modifie radicalement: ce droit devient important. Mais pas encore assez, semble-t-il, pour qu'ils soient prêts à faire l'effort nécessaire pour le mériter pleinement.
      Incohérence quand tu nous tiens...

      Si cette crise aura pu élever le niveau socio-politique de quelques personnes, ce sera l'un de ses aspects positifs.

  • sylvain chartrand - Inscrit 26 juillet 2012 16 h 17

    Ils ont 2 choix

    Personne n'empêche un étudiant de voter hors de leur compté, ils ont 2 choix
    1-aller voter dans leur compté et en profiter pour voir leurs parents
    2- voter la où ils étudient avec une déclaration sous serment pour éviter les dédoublements de votes ce qui serais trop facile.
    C'est plein de bon sens.

    • Sylvain Auclair - Abonné 26 juillet 2012 17 h 00

      Vous n'avez pas compris. Il ne suffit pas d'une déclaration sous serment. Il faut aller au bureau du directeur des élections de son comté (sans P) d'études pendant l'une des cinq journées spéciales — et non pas le jour de l'élection — soit les 10e, 9e, 6e, 5e et 4e jour avant l'élection. Il doit aussi connaître le numéro de sa section de vote, de son «poll», en anglais. Qui y pensera?

    • sylvain chartrand - Inscrit 26 juillet 2012 17 h 44

      A Sylvain Auclair qui me demande Qui y pensera? N'importe qui avec une tête sur les épaules ;o)

    • Chantal Mino - Inscrite 31 juillet 2012 12 h 46

      M. Sylvain Chartrand,

      Selon votre dernier commentaire à 17h44 le 26 juillet 2012, insinuez-vous que des personnes méconnaissantes et mal informées n'ont pas de tête sur les épaules ?

      Insinuez-vous que l'instruction donne une tête sur les épaules ?

      À voir les débats à l'Assemblée nationale avec plusieurs membres du barreau du Québec et autres gens très instruits et où le Québec se dirige avec nos chers dirigeants instruits qui se servent de leur instruction pour manipuler et désinformer la population tout en se croyant les plus intelligents et la crème de la société, car ils savent, eux, en profiter pour avoir plus de pouvoir et faire de l'argent, et ce, au dépens du bien commun de l'ensemble des Québécoi(se) et même de la qualité et de la vie de certain(e)s de ces Québécoi(se)s qui ne font malheureusement pas partie de leur clan de tits ami(e)s ou de leurs larbins, il semble que l'instruction ne remplace effectivement pas l'éducation ainsi que l'intelligence du coeur et de la sagesse.