Éric Gourdeau - Décès d’un conseiller de René Lévesque

Éric Gourdeau
Photo: Archives Éric Gourdeau

L’ancien conseiller et sous-ministre aux Affaires autochtones du gouvernement de René Lévesque Éric Gourdeau s’est éteint samedi à l’âge de 88 ans. Économiste et ingénieur forestier de formation, il faisait partie, durant les années soixante, du « brainstrust » de l’ancien premier ministre péquiste.

C’est après une brève carrière dans le secteur forestier privé qu’Éric Gourdeau intègre, en 1961, la fonction publique québécoise - où il passera au total 18 ans de sa vie. Jusqu’en 1963, il est conseiller auprès de René Lévesque, alors ministre des Ressources hydrauliques, pour la création du programme et des structures du futur ministère des Richesses naturelles.


Avec la fondation de la Direction générale du Nouveau-Québec, en 1963, Éric Gourdeau, déjà interpellé par la question autochtone, en devient le premier directeur et assume jusqu’en 1968 les responsabilités gouvernementales québécoises sur l’ensemble du territoire dit du « Nouveau Québec ». L’homme politique jouera aussi un rôle important dans la nationalisation des compagnies d’électricité.


Dans la foulée des négociations territoriales avec les autochtones de la Révolution tranquille et des années suivantes, Éric Gourdeau négocie lui-même la Convention de la Baie-James de 1975, considérée comme le premier traité moderne signé au Canada entre des autochtones et le gouvernement.


Après un bref retrait de la vie politique entre 1970 et 1977 - où il dirige un programme de recherche dans les régions nordiques et des projets reliés au développement socio-économique et énergétique en Alaska et au Canada -, Éric Gourdeau revient dans l’administration publique en 1977, toujours sensible à la cause autochtone. D’abord secrétaire général associé du ministère du Conseil exécutif au Développement économique, il est nommé, en 1978, secrétaire général associé au Secrétariat des activités gouvernementales en milieu amérindien et inuit (SAGMAI), aujourd’hui le Secrétariat aux affaires autochtones.


Malgré son retrait de la vie politique en 1986, Éric Gourdeau poursuit son engagement pour une meilleure compréhension des peuples autochtones et inuits, publiant notamment, en 1994, une étude intitulée La santé mentale et les Autochtones du Québec. En 1995, il reçoit le titre de Chevalier de l’Ordre national du Québec, aux côtés de Marc Favreau et de Jacques Proulx.

 

Mission de mémoire


Éric Gourdeau était aussi, jusqu’à son décès, le président de la Fondation de la Maison René-Lévesque, un organisme sans but lucratif voué à la création d’un site à la mémoire de l’ancien premier ministre à New Carlisle, en Gaspésie.


L’ouverture du site, qui retracera les réalisations marquantes de la carrière de journaliste et de politicien de René Lévesque, est toujours prévue pour cette année, mais un possible retard a été avancé l’automne dernier, faute de fonds. Pour Éric Gourdeau, ce mémorial à ciel ouvert sera une façon de laisser « le souvenir de ce qu’il a fait ».


Les funérailles de M. Gourdeau auront lieu le jeudi 5 juillet à l’église Saint-Louis de Courville, à Beauport. Sa famille a fait savoir que les condoléances pourront être manifestées, selon les souhaits du défunt, par un don à la Fondation de la Maison René-Lévesque.