Québec solidaire rejette l’union des forces souverainistes mais est ouvert à des «arrangements ponctuels»

Québec solidaire (QS) rejette l’idée de former une alliance des forces souverainistes, mais demeure ouvert à négocier des « arrangements ponctuels et limités » avec tous les partis et les indépendants souverainistes dans le but de déloger le Parti libéral aux prochaines élections.

« Il n’est pas question de constituer un front uni avec l’objectif de gouverner avec le Parti québécois », a laissé tomber hier la co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David. Elle considère que le parti dirigé par Pauline Marois a été « très décevant » dernièrement, notamment en raison de ses tergiversations face aux revendications étudiantes.


Les propositions d’arrangements jugées acceptables par QS devraient respecter deux conditions « essentielles ». Le parti exigerait d’abord que chacun des partis signataires s’engage à réaliser une réforme du mode de scrutin dès le début de son mandat, laquelle serait applicable dès l’élection générale suivante. Il serait également exigé que chacun des partis promette de respecter, s’il est élu, une série d’engagements qui vont entre autres de l’abrogation de la loi 78 à l’abolition des droits de scolarité ou la refonte de la Loi sur les mines.


« Il s’agit de mesures qui sont presque toutes incluses dans les programmes des autres partis. Ce serait donc gênant pour eux de dire non ! », a souligné Mme David.


Une seule proposition d’arrangement concrète a été évoquée hier : QS accepterait de ne pas avoir de candidat dans la circonscription de Nicolet-Bécancour, convoitée par le chef d’Option nationale (ON) Jean-Martin Aussant, si ON confirmait en retour qu’il ne présenterait pas de candidat dans Gouin, la circonscription briguée par Françoise David. Questionné à ce sujet, M. Aussant a refusé de confirmer la mise en oeuvre d’une telle stratégie, se contentant d’évoquer des « discussions à venir ».


La réaction de QS survient un peu moins d’une semaine après l’appel à une alliance de tous les partis souverainistes lancé par Un front uni, un groupe de citoyens et d’artistes indépendantistes qui a jusqu’à maintenant recueilli l’appui de plus de 10 000 signataires. Un des organisateurs du Front et porte-parole du Nouveau mouvement pour le Québec, Jocelyn Desjardins, a qualifié l’ouverture de QS de « premier geste encourageant ». Malgré les conditions émises par QS pour parvenir à un arrangement avec les autres formations politiques, il croit toujours que « c’est aux partis de montrer qu’ils sont à l’écoute des citoyens » en faisant front commun.


Le député indépendant de Borduas, Pierre Curzi, a été le premier à soulever l’idée d’une union des forces progressistes le 5 juin dernier dans une lettre publiée dans le Devoir. Le Parti québécois avait aussitôt rejeté la proposition d’une alliance électorale en invitant les électeurs qui veulent changer de gouvernement à se joindre au PQ.


QS s’était aussi montré relativement sceptique en publiant dans nos pages jeudi dernier une lettre ouverte traduisant le désir de voir émerger un « Québec progressiste ». Les porte-parole Amir Khadir et Françoise David y soulignaient qu’« aucune alliance n’existera sans une volonté nette exprimée par les membres des formations politiques concernées ».


Pour sa part, ON s’est prononcé en faveur d’une collaboration entre les partis souverainistes deux jours après la publication de la lettre de M. Curzi. « Pour Option nationale, il faudra toujours mettre les intérêts nationaux avant ceux du parti », avait alors commenté le chef Jean-Martin Aussant.

11 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 21 juin 2012 07 h 02

    Drôle de titre...

    Drôle de choix de mettre l'accent sur le négatif plutôt que sur l'ouverture.

    Je retiens surtout que QS «demeure ouvert à négocier des « arrangements ponctuels et limités » avec tous les partis et les indépendants souverainistes dans le but de déloger le Parti libéral aux prochaines élections.»

    N'est-ce pas le plus important?

    • Roger Otis - Abonné 21 juin 2012 16 h 41

      je suis d'accord avec le titre de l'article. Je suis d'accord avec des arrangemts ponctuel. Je ne vois Amin Kadir ministre dans le gouvernement de Pauline Marois.

  • Normand Perry - Inscrit 21 juin 2012 08 h 43

    Hum hum....

    Je crois honnêtement que Karl Rettino-Parazelli a besoin de refaire ses classes en journalisme.

    Peut-être la première chose à faire pour ce journaliste est de relire ce document rendu public hier par Québec solidaire: http://tinyurl.com/85cafa2

    Et il y a deux choses très importantes à comprendre relativement à la position de QS:

    1) Quoiqu'ils posent des conditions à ce front uni, ils ont le courage de poser une première pierre à cet édifice.

    2) Et comme signe de bonne volonté, il répondent favorablement au geste d'ouverture de Jean-Martin Aussant qui ne présente pas de candidat dans Gouin en ne présentant pas de candidat de QS dans le comté de J-M Aussant.

    La seule à demeurer opposer à ce front uni jusqu'à maintenant est Pauline Marois. Sauf dans son message d'adresse au QuébecoisEs dans son video, où à 1:06 où elle déclare l'importance d'être uni. Alors madame Marois, qu'attendez-vous pour en donner l'exemple?

    Le dossier avance dans la bonne direction, il faut poursuivre sans relâche, nous avons un Québec à sauver des griffes néolibérales et fédéralistes!

    Et de grâce monsieur Rettino-Parazelli, soyez donc un peu plus attentif aux nuances et aux subtilités si vous aspirez à du grand journalisme.

    Normand Perry.

    • Gilbert Talbot - Abonné 21 juin 2012 12 h 07

      Un geste d'ouverture du PQ serait de ne pas opposer de candidat à Françoise David dans Gouin. Elle est la cheffe de QS, ce serait juste de reconnaître son statut en lui permettant d'entrer à l'Assemblée Nationale.

  • Jason Keays - Inscrit 21 juin 2012 08 h 49

    Où va le Devoir?

    C'est vraiment honteux ce titre. On était habitué à voir des choses semblables au Journal de Montréal, mais pas dans Le Devoir.

  • Catherine Dorion - Inscrite 21 juin 2012 08 h 58

    En effet, quel titre malhonnête!

    Pourquoi avoir choisi ce titre? Qui, quel intérêt? Je croyais les journalistes (ou les rédacteurs en chefs?) du Devoir plus intègres...

  • Sylvain Auclair - Abonné 21 juin 2012 11 h 00

    J'ai lu le document

    et je crois que le journaliste avait raison de titrer ainsi. Des alliances ponctuelles, ce n'est pas une union.

    Le titre du document du QS, «Battre les Libéraux, certes, mais surtout construire un Québec progressiste!» met de côté l'urgence de battre les libéraux.

    • Bernard Terreault - Abonné 21 juin 2012 14 h 12

      D'accord avec vous, M. Auclair