Plan Nord : Charest sévèrement critiqué à Rio

Le premier ministre Jean Charest
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot, Archives Le premier ministre Jean Charest

Rio de Janeiro - Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a été sévèrement critiqué, hier soir, sur la scène internationale, pour son Plan Nord.

Invité à présenter son projet de développement nordique à Rio de Janeiro en marge de la Conférence des Nations unies sur le développement durable, il a été interpellé par la présidente de l’Initiative boréale canadienne.


Suzann Méthot a pris la parole à la suite du premier ministre devant un parterre d’une bonne centaine de personnes, dont plusieurs arboraient le carré rouge de la contestation étudiante. Elle a affirmé qu’il y a un « rattrapage à faire », car le travail de protection des territoires et de consultation des populations ne va pas aussi rapidement que le développement économique.


Dans une période de questions qui a suivi les échanges, M. Charest a reconnu qu’il y aura toujours « un inventaire de défis et de difficultés, mais qu’il ne faut pas interpréter ces défis comme la seule partie de l’équation ».


Un peu plus tôt en journée, M. Charest avait laissé entendre que le gouvernement Harper devrait prendre exemple sur l’un de ses prédécesseurs conservateurs, Brian Mulroney, dans le domaine de l’environnement. Jean Charest était ministre de l’Environnement sous Brian Mulroney et chef de la délégation canadienne en 1992 au moment de la première Conférence de Rio, où le Canada avait joué un « rôle de leader », selon lui.


En point de presse, hier après-midi, sur le toit d’un chic hôtel de Rio face à la mer, Jean Charest a rappelé que le Canada avait alors choisi de ne pas s’aligner sur les États-Unis, mais de donner l’exemple. Or, M. Charest reproche aujourd’hui au gouvernement Harper de s’aligner sur le gouvernement américain en matière de réduction des gaz à effet de serre.


« Nous [le fédéral et le Québec] ne sommes pas du tout du même avis [sur la question des GES], a répété M. Charest. Le fédéral a pris une position selon laquelle il devait suivre le lead américain. J’étais ici il y a 20 ans et c’était exactement le contraire. Le gouvernement Mulroney avait une position selon laquelle le Canada devait être leader si on voulait que l’Europe et les Américains bougent. Il fallait que nous, nous fassions la démonstration, que nous étions prêts à poser des gestes. »


Il a rappelé qu’à l’époque, le Canada avait appris de la crise des pluies acides, où il avait mené une « bataille en règle contre Washington », pour la réduction des émissions de dioxyde de soufre et c’est ce qui avait incité Ottawa à poursuivre sur sa lancée.


M. Charest s’est dit fier d’avoir été le ministre de l’Environnement d’« un des premiers ministres les plus verts que le Canada a eus ».


Selon lui, le Canada « n’est pas au bon endroit » actuellement sur la question de la réduction des GES. Il souhaite que le Canada fasse davantage le lien entre l’économie et l’environnement.


Le premier ministre québécois est à Rio en vue de la Conférence des Nations unies sur le développement durable et la biodiversité, le Rio + 20, qui aura lieu de mercredi à vendredi.

13 commentaires
  • Denis Boyer - Inscrit 18 juin 2012 07 h 10

    Il nous prend pour des cons ou quoi?

    Pendant qu'il fait la leçon à Ottawa pour son manque de leadership en matière d'environnement et d'émissions de GES, M. Charest ouvre le nord aux multinationales étrangères tout en leur donnant nos ressources naturelles pour qu'elles soient valorisées ailleurs alors que les contribuables québécois vont payer pour le développement des infrastructures régionales : son projet n'est pas durable ni du point de vue économique, ni social et ni écologique. Il a du culot quand même, non?

    • Jacques Roussel - Inscrit 18 juin 2012 10 h 36

      Oui...

    • Irène Richer - Inscrite 18 juin 2012 16 h 45

      Comme je suis d'accord. Franchement, je m'inquiète en ce moment de la capacité de m. Charest à réaliser l'amplitude et la profondeur des enjeux qu'il a lui même créés.

    • Gilles Teasdale - Abonné 18 juin 2012 17 h 40

      Oui Oui et il à raison.

  • Serge Grenier - Inscrit 18 juin 2012 07 h 24

    Désobéir au gouvernement Charest

    Il ne faut pas seulement désobéir au gouvernement Charest, il faut surtout ne pas le réélire !

    Serge Grenier

  • Denis Paquette - Abonné 18 juin 2012 09 h 54

    Ses sorties font de moins en moins sens

    Pauvre monsieur Charest son égo en prend un coup
    Qu'il ne viennent pas nous dire que c'est que maintenant qu'il se rend conte que le Canada est un état coloniale et qu'il se doit de se plier a certains impératfs
    Je n'aime pas, quand il me prend pour un imbécile
    Son égo est en train de le tuer, ses sortie font de moins en moins sens

    • Michel Gagnon - Inscrit 18 juin 2012 10 h 39

      Malheureusement, c'est en prenant les Québécois pour des imbéciles qu'il a pu mettre les deux mains sur le volant il n'y a pas si longtemps. Et il y a encore un grand nombre de Québécois qui sont prêts à voter pour lui.
      Alors où se situe le problème? Quelle conclusion devons-nous en tirer?

      Michel Gagnon

  • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 18 juin 2012 10 h 27

    La vacuité du message

    M. Charest illustre jour après jour cette fâcheuse tendance politique à négliger tout véritable contenu au profit d'une démagogie du slogan, une campagne marketing constante qui remplace la décision argumentée.

    Pour l'environnement, il ne faut pas regarder ce qui se fait aux États-Unis et au Canada, il faut être leader. Pour les frais de scolarité, il ne faut pas être leader, il faut s'arrimer au modèle des voisins.

    ?

  • Marielle Anne Martinet - Inscrite 18 juin 2012 10 h 45

    Indécence

    Corruption, collusion, en train d'être démontrées par la Commission Charbonneau, décriées dans certains cas par le vérificateur général, rapport accablant de l'ONU où l'on met le Québec dans le panier des pays qui contraignent les libertés et droits indivuduels, développement économique au détriment de la protection des territoires et au profit des multinationales...un vrai désastre. Comment des gens peuvent-ils vouloir réélire un tel personnage pour gouverner le Québec? Sont-ils ignorants, ou trempent-ils eux-même dans le plat de bonbons?

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 18 juin 2012 11 h 28

      La question que vous posez est probablement la plus intéressante, et la plus ardue à résoudre, depuis que l'on s'est demandé comme une vierge avait pu accoucher d'un Petit Christ.

      Déjà, pour répondre au problème que constitue cette performance démocratique plutôt médiocre, il faudrait que certains cessent de s'autoproclamer portes-parole du 99%, lorsqu'on sait qu'un tiers des Québécois voteront encore pour l'arrogance financière, plus de 50% si on ajoute les Caquistes.

      La réponse à votre question, ignorance ou intérêt, est probablement un mélange des deux. Subordonné à un repli vers soi, une indifférence dégoutante qui permet à des gens de ne voter que pour un petit intérêt, comme une baisse d'impôt ciblée ou un amphithéâtre, plutôt que de s'orienter sur le message social global d'un parti.