Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Le Québec veut des élections

Selon le coup de sonde Léger Marketing/Le Devoir réalisé entre mardi et jeudi auprès de 1000 personnes, les libéraux de Jean Charest auraient obtenu 33 % des votes si des élections avaient eu lieu cette semaine. C’est là une égalité statistique avec le Parti québécois (PQ) de Pauline Marois, deuxième à 32 %.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Selon le coup de sonde Léger Marketing/Le Devoir réalisé entre mardi et jeudi auprès de 1000 personnes, les libéraux de Jean Charest auraient obtenu 33 % des votes si des élections avaient eu lieu cette semaine. C’est là une égalité statistique avec le Parti québécois (PQ) de Pauline Marois, deuxième à 32 %.

Les Québécois sont formels : ils veulent des élections, et vite. L’idée d’un déclenchement à la mi-août est ainsi appuyée par 55 % des répondants d’un sondage, qui révèle aussi un coude-à-coude dans les intentions de vote entre les libéraux et les péquistes. Ces derniers peuvent pour le moment envisager la formation d’un gouvernement minoritaire… mais tous les scénarios demeurent possibles.

Selon le coup de sonde Léger Marketing/Le Devoir réalisé entre mardi et jeudi auprès de 1000 personnes, les libéraux de Jean Charest auraient obtenu 33 % des votes si des élections avaient eu lieu cette semaine. C’est là une égalité statistique avec le Parti québécois (PQ) de Pauline Marois, deuxième à 32 %. Cela confirme une tendance mesurée dans les dernières semaines dans d’autres sondages.


Pour François Legault, les nouvelles sont mauvaises. Sa Coalition avenir Québec (CAQ) n’a jamais été aussi basse dans un sondage Léger, avec 19 % des intentions de vote. C’est une baisse de deux points en un mois. La CAQ a perdu 50 % de ses appuis depuis le mois de décembre. Québec solidaire suit avec 9 % d’appuis (c’est stable de ce côté), les Verts obtiennent 4 % et Option nationale 1 %.


Dans ce contexte serré, « l’histoire se passe dans les intentions de vote des francophones », dit Christian Bourque, vice-président chez Léger. « Avec 38 % du vote francophone au PQ, contre 28 % pour les libéraux et 20 % pour la CAQ, Pauline Marois peut espérer un gouvernement péquiste minoritaire,dit-il. Sauf qu’on est à un point ou deux de basculer vers le minoritaire. Et si les libéraux continuent de se replacer dans le vote francophone [ils étaient à 19 % en février], tout peut changer. »


Seule une élection permettrait donc d’y voir plus clair… et les Québécois la désirent fortement : 55 % des répondants souhaitent en effet que le premier ministre convoque les électeurs pour un scrutin quelque part à la mi-septembre, soit plus d’un an avant la fin prévue de son mandat. Une personne sur trois s’oppose à cette idée et 13 % ne savent pas. Les électeurs péquistes, caquistes et solidaires sont largement favorables à l’idée, mais aussi 35 % des électeurs libéraux.


« C’est rare qu’on peut dire ça, mais les Québécois souhaitent une élection, remarque Christian Bourque. Ils sont mûrs et ils aimeraient être appelés aux urnes. C’est un discours tout à fait contraire à ce qu’on entendait dans les dernières années, alors que les élections avaient l’air de déranger. »


Invités à choisir parmi un groupe de cinq sujets d’actualité ce qui sera à leur avis le principal enjeu de la prochaine élection, les répondants ont mis devant les thèmes de la corruption et la question étudiante (34 % chacun). Un peu moins d’une personne sur cinq identifie plutôt la « propriété des ressources naturelles », alors que les questions de la souveraineté (4 %) et de la langue (2 %) arrivent loin derrière. « La question identitaire chère au PQ, les Québécois ne veulent pas en entendre parler, résume M. Bourque. Et les libéraux devront parler d’autre chose que d’économie. »


Conflit


Le soutien à une élection hâtive est probablement stimulé par l’impression qu’ont 49 % des répondants que la crise étudiante ne pourra se régler que par un scrutin. En revanche, 41 % des personnes sondées pensent que la négociation pourrait résoudre le conflit.


La population continue de supporter « davantage la position du gouvernement » dans le cadre du conflit (56 %). L’appui à la position des étudiants est de 35 %. À noter que plus du quart des péquistes supportent le gouvernement dans ce dossier. « Ça ressemble à la moyenne depuis deux mois, analyse M. Bourque. Il y a eu deux sursauts pour les étudiants, au lendemain de la grande manifestation du 22 mars et après l’adoption de la loi spéciale. Mais on est revenu à ce qui semble être la tendance lourde. »


D’autres indicateurs montrent que la crise semble avoir profité à Jean Charest. 26 % des gens le perçoivent aujourd’hui comme le meilleur premier ministre (+ 8 en un mois), cinq points devant Pauline Marois. À 69 %, le taux d’insatisfaction des libéraux est sous la barre des 70 % pour la première fois en un an. « La crise a polarisé les débats et replacé le paysage politique dans un affrontement bipartite, dit M. Bourque. Ça a permis à M. Charest de faire des gains. »


Mais Christian Bourque croit que le conflit étudiant n’a en réalité « profité à personne ». « Les libéraux ont gagné quelques points dans les intentions de vote. Mais lorsqu’on demande aux gens d’évaluer la performance de chaque parti, tout le monde sort perdant ». Pour les libéraux, le scénario serait « simplement un peu moins triste ».


À la question de savoir si les répondants sont satisfaits des interventions faites par les différents partis dans le cadre du conflit, les réponses sont ainsi globalement négatives. Les libéraux obtiennent 36 % de gens satisfaits, contre 56 % d’insatisfaits. La CAQ a satisfait 26 % des répondants, mais fait 52 % d’insatisfaits. Le positionnement proétudiant du PQ et de Québec solidaire vaut à ces deux partis des taux d’insatisfaction de 64 et 60 % respectivement. « La ligne dure de M. Charest était une position risquée, le carré rouge de Mme Marois aussi, dit M. Bourque. On le voit dans ces résultats. » Et on le perçoit dans la volonté de rebrasser les cartes à l’Assemblée nationale.


Le sondage a été mené en ligne auprès de 1000 personnes. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20. On ne peut toutefois pas définir de réelle marge d’erreur pour les sondages menés par Internet (l’échantillon utilisé pour sonder n’ayant pas été établi de manière parfaitement aléatoire).

81 commentaires
  • Roland Guerre - Inscrit 16 juin 2012 00 h 45

    Pour sortir de la crise

    Anticiper le calendrier électoral est une des voies pour sortir de la crise. Le gouvernement actuel doit faire les pas préliminaires attendus : abrogation de la loi 78, convocation des électeurs, démission du cabinet. La campagne électorale permettra un généreux débat sur la restauration du contrat social, la politique éducative et culturelle, les bornes imposées à l'ultra-libéralisme...

    • Carole Dionne - Inscrite 17 juin 2012 00 h 21

      Vive les élections

      J'ai hâte

    • Réal Sylvain - Inscrit 17 juin 2012 17 h 49

      Pour résoudre la crise:Démission de Charest

  • Yves Claudé - Inscrit 16 juin 2012 00 h 48

    Des élections … avec une assurance contre les vices cachés !

    Des élections, oui, mais pas pour se faire passer un sapin encore une fois, avec ces “vices cachés” du système électoral actuel, qui, avec la division du vote, risquent de nous plonger dans la turpitude d’un 4e mandat pour le PLQ !

    Madame Pauline Marois du PQ, et Madame Françoise David de Québec solidaire, semblent avoir fait une alliance pour diviser le vote d’opposition, afin de ne pas nuire à la réélection du PLQ.

    Avant d’avoir à organiser des manifestations de casseroles devant les locaux politiques de ces dames, on peut au moins signer la pétition (www.unfrontuni.org) pour que cette alliance entre le PQ et QS se transforme en une alliance contre le PLQ !

    Yves Claudé

    • Christian Montmarquette - Abonné 16 juin 2012 12 h 50

      .

      Si Monsieur Claudé ne cesse de s'acharner sur Québec Solidaire, je vais finir par croire qu'il en fait une obsession.

      Plutôt que de s'employer à sa petite campagne de salissage contre le seul parti qui représente les pauvres, les travailleurs et les citoyens ordinaires, en s’attaquant à la véritable source de nos problèmes, soit: l'exploitation des «99%» des gens ordinaires par le «1%» d'archis-milliardaires..

      Qu'il tente donc de convaincre les 2,500,000 électeurs (43%!) qui n'ont pas voté du tout en 2008, de voter pour son PQ.

      À l'époque où le capitalisme et la corruption font rage, jamais le discours de Québec Solidaire n'aura été si essentiel pour éclairer les citoyens, qui sans la présence de Québec Solidaire, n'entendraient sans cesse qu'une seule version des choses.

      Christian Montmarquette
      Montréal

      .

    • Yves Claudé - Inscrit 16 juin 2012 16 h 48

      Monsieur Christian Montmarquette,

      Nul ne vous conteste le droit de préférer un gouvernement du PLQ à celui du PQ, sous la direction de Madame Marois.

      Vous devrez cependant admettre que d’autres citoyens ont le droit d’agir pour éviter une troisième réélection du PLQ, ce qui suppose soit une alliance stratégique des partis d’opposition avec des éléments de programme communs pour battre le PLQ (ou la CAQ), soit une lutte à la fois contre QS pour minimiser son potentiel de nuisance, et contre les deux partis de droite, le PLQ en premier lieu.

      Yves Claudé

    • Gilbert Talbot - Abonné 18 juin 2012 00 h 57

      Moi je suis d'accord pour qu'il y ait entente électorale entre le PQ, QS et ON pour éviter la réélection de Jean Charest, la pire des menaces en ce moment. J'ai signé la pétition en ce sens.

    • Estelle Boivin - Inscrite 18 juin 2012 03 h 40

      Québec solidaire <<<<<Jamais

  • Claude Simard - Inscrit 16 juin 2012 01 h 42

    Les chiffes ne veulent plus rien dire ...

    1 000 répondants à un sondage ou 300 milles dans la rue ne veulent plus rien dire ... Il suffit que ce soit le taux de participation qui soit élevé comme pour essayer au maximum de faire fonctionner convenablement ce système électoral d'un autre temps , comme lors du référendum de 1995, pour dégager une assise d'autorité claire.

    Tant qu'à aller voter après 6 mois pour se défaire d'un gouvernement minoritaire à chaque élection, pourquoi ne pas instaurer un système où une majorité serait claire.

    La balance du pouvoir à QS avec le PQ au pouvoir minoritaire ou à la CAQ si PLQ minoritaire; tout peut arriver. Il manque une question au sondage ; IREZ-VOUS VOTER? Si 5 pour cent aurait dit non ou je ne sais pas à ce sondage, tout peut effectivement arriver.

  • Catherine Paquet - Abonnée 16 juin 2012 06 h 11

    La vraie révélation de ce sondage...

    Le ouvernement remonte dans les sondages, et 25% des péquistes déclarés appuient la position de Jean Charest.

  • Alexandre Mathieu - Inscrit 16 juin 2012 07 h 00

    Come on.

    On a assez de La Praesse pour donner de l'importance aux sondages en ligne, non?