Baromètre des personnalités - Amir Khadir en chute libre

Le baromètre de cette fin de session parlementaire accorde pour la troisième fois de suite le premier rang au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.
Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger Le baromètre de cette fin de session parlementaire accorde pour la troisième fois de suite le premier rang au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

Il dérange, il polarise, et sa cote descend. Politicien le plus populaire du Québec il y a 18 mois, Amir Khadir essuie aujourd’hui les contrecoups de ses prises de position controversées et grimpe désormais sur le podium des personnalités politiques dont les Québécois ont la plus mauvaise opinion, selon le baromètre Léger Marketing/Le Devoir.

M. Khadir compte aujourd’hui deux fois plus de « mauvaise opinion » que de « bonne opinion » dans ce classement qui tient beaucoup du concours de popularité : 24 % des Québécois perçoivent ainsi favorablement le député de Québec solidaire, alors qu’ils sont 56 % à avoir une mauvaise opinion de son travail ou de sa personnalité. À ce jeu de la contre-performance, seul Jean Charest (61 %) devance M. Khadir. Pauline Marois suit avec 53 % d’avis défavorables. Au final, M. Khadir se classe 19e dans le classement des plus populaires.


Le baromètre de cette fin de session parlementaire accorde pour la troisième fois de suite le premier rang à François Legault, chef de la Coalition avenir Québec. 47 % des avis lui sont favorables, contre 30 % qui en ont une mauvaise opinion. « C’est un peu le même phénomène qu’avec Mario Dumont, estime le vice-président de Léger, Christian Bourque. Il est largement plus populaire que son parti. On le voit comme un bon pilote dans une mauvaise voiture. Ça veut dire qu’il ne faudra pas l’écarter trop vite en campagne électorale : il est personnellement très apprécié. »


M. Legault devance l’ex-ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, dont le départ fracassant a dopé les appuis (46 % favorables, en hausse de 18 points depuis décembre) - à moins que ce ne soit sa gestion du conflit étudiant, impossible de savoir. L’ex-animatrice de télévision et actuelle ministre des Aînés, Marguerite Blais, complète le trio de tête.


La chute de M. Khadir est spectaculaire, si l’on prend en compte que moins d’une personne sur cinq avait mauvaise opinion de lui en décembre 2010, alors qu’il dominait ce classement (45 % d’avis favorables). Par rapport à décembre 2011, il a perdu 11 points d’appuis dans la colonne des bonnes opinions. « Le sondage survient après deux semaines difficiles pour lui, note Christian Bourque. C’est sûr que ça joue. »


Très impliqué dans le conflit étudiant, M. Khadir a été arrêté à Québec il y a dix jours alors qu’il participait à une manifestation illégale (sa contravention fait état d’une entrave à la circulation). Quelques jours plus tard, c’est sa fille Yalda qui était arrêtée pour son rôle présumé dans différents événements liés au conflit. Une controverse a aussi éclaté cette semaine autour d’un poster pastiche de groupe de musique trouvé chez M. Khadir. Le sondage a été réalisé entre mardi et jeudi, alors que cette histoire faisait les manchettes.


Au contraire, placés sous les projecteurs par le conflit étudiant, les ministres Raymond Bachand et Michelle Courchesne enregistrent - après Mme Beauchamp - les plus fortes hausses d’opinions positives par rapport à décembre 2011, soit 12 et 16 points respectivement. Mme Courchesne polarise toutefois beaucoup les avis, alors que 42 % des répondants au sondage ont une mauvaise opinion d’elle, contre 35 % d’avis favorables. « Elle fait partie du club des déficitaires, comme M. Charest, M. Khadir ou Mme Marois », dit M. Bourque. Mme Courchesne est néanmoins la cinquième politicienne la plus appréciée de ce classement.


 

Visibilité


Comme d’habitude, le baromètre accorde une très grande place aux politiciens habitués du petit écran. Outre Mme Blais, le top 10 inclut les anciens journalistes Bernard Drainville et Gérard Deltell, de même que le comédien Pierre Curzi. Jadis premier de classe, le député démissionnaire du PQ récolte maintenant plus d’avis défavorables que de bonnes opinions.


Prise dans une controverse cette semaine pour ses propos associant le carré rouge de Fred Pellerin à la violence, la ministre de la Culture et ancienne journaliste Christine St-Pierre arrive 14e au classement. C’est un rang devant le discret Mako Kotto, dont le passé de comédien stimule la popularité.


Le baromètre permet aussi de mesurer la proportion importante de personnalités politiques méconnues eu égard à leur rôle à l’Assemblée nationale. Le tiers de la population ne connaît pas le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier. Ses collègues Clément Gignac et Laurent Lessard franchissent la barre des 50 %. Aux Transports, Pierre Moreau demeure inconnu de 68 % de la population.


31 commentaires
  • Yves Claudé - Inscrit 16 juin 2012 00 h 31

    Québec solidaire : la bouée de sauvetage des libéraux !

    Si l’on se fie au sondage Léger-Le Devoir, hormis sa planification d’une propagande basée sur la crise étudiante, il est assez évident que la bouée de sauvetage du gouvernement libéral est le groupe Québec solidaire, qui est crédité d’environ 10 % des sondages, de quoi diviser suffisamment le vote d’opposition pour entrouvrir une porte, certes étroite, à travers laquelle le PLQ a des chances de se maintenir au pouvoir.

    Étant donné le peu de poids de Monsieur Khadir dans son propre parti, c’est la co-cheffe de QS, Madame David, très attachée à l’orientation sectaire et antisociale de son groupe politique, qui devra être discrètement, mais chaleureusement remerciée, pour une probable et troisième réélection du PLQ !

    Yves Claudé

    • Christian Montmarquette - Abonné 16 juin 2012 12 h 59

      .

      Si Monsieur Claudé continu de s'acharner sur Québec Solidaire, je vais finir par croire qu'il en fait une obsession.

      Plutôt que de s'employer à sa petite campagne de salissage contre le seul parti qui représente les pauvres, les travailleurs et les citoyens ordinaires, en s’attaquant à la véritable source de nos problèmes, soit: l'exploitation des «99%» des gens ordinaires par le «1%» d'archis-milliardaires..

      Qu'il tente donc de convaincre les 2,500,000 électeurs (43% !) qui n'ont pas voté du tout en 2008, de voter pour le PQ.

      À l'époque où le capitalisme et la corruption font rage, jamais le discours de Québec Solidaire n'aura été si essentiel pour éclairer les citoyens, qui sans la présence de Québec Solidaire, n'entendraient sans cesse qu'une seule version des choses.

      Christian Montmarquette
      Montréal

      .

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 16 juin 2012 15 h 12

      Plus facile pour le PQ de se plaindre de la division du vote par les autres partis, que d'offrir un programme qui rassemble assez les gens pour que QS, ON, PVQ, etc., ne sentent même pas le besoin d'exister.

      À l'élection de 2003 avec Landry, la gauche a obtenu un gros total de 2,17 % (UFP+BP+PVQ+PMLQ).

      À l'élection de 2007 avec Boisclair, la gauche a obtenu 7,58 %.

      À l'élection de 2008 avec Marois, la gauche a obtenu 6,03 % plus son premier député (je compte pas le PI).

      Si la tendance se maintient, la gauche (QS+PVQ+ON) va péter des records. Dans La Fontaine, la gauche vient de passer de 4,64 % à 10,51 %, et dans Argenteuil, de 5,57 % à 7,06 %... dans des circonscriptions très libérales. Ça va être pire aux prochaines élections.

      Et c'est pas juste à cause que la gauche se sentirait abandonnée au PQ... le PQ perd aussi par la droite, donc le PQ perd par ce qui avait uni la gauche et la droite chez lui, la souveraineté. Pourtant, dans les sondages sur la souveraineté, le OUI est encore autour de 40 ou 42 % alors que les gens n'entendent même plus parler du sujet. Donc le problème n'est pas la souveraineté, c'est l'incapacité du PQ.

    • Pierre-E. Paradis - Inscrit 16 juin 2012 15 h 45

      Le problème n'est pas le travail que fait Amir Khadir (excellent, dans l'ensemble) ou le programme politique de Québec solidaire, mais bien la politique de l'autruche menée par l'ensemble de ses membres.

      Le «message» de QS ne passe pas, il y a un problème de communication évident. Joe le plombier tient à sa carte d'assurance-maladie et à ses prestations de la CSST, mais ne s'identifie pas à la femme à moustache.

      Les partielles dans LaFontaine et Argenteuil le démontrent: ce parti a récolté 5,9% et 2,7% des voix respectivement.

      QS fait du surplace, mais c'est la faute de la «grosse méchante société». Tous ceux qui ne sont pas 100% d'accord avec son sectarisme idéologique et son fédéralisme multiculturaliste sont automatiquement des partisans du néolibéralisme.

      Le refus du front uni ou d'une coalition électorale, sous prétexte qu'ils représente la «seule alternative», condamnera QS à végéter longtemps avec 1 ou 2 députés.

      Une coalition permettrait à ce parti d'avoir 4-5 élus et de libérer le Québec des Libéraux, ce qui serait infiniment mieux, mais le pragmatisme n'est pas la tasse de thé de ses militants.

    • Yves Claudé - Inscrit 16 juin 2012 17 h 12

      Monsieur Christian Montmarquette,

      QS devrait avoir le courage d’assumer ses orientations idéologiques et stratégiques ! Inutile de se lamenter lorsque l’on se place en travers de la marche historique d’un peuple, sous prétexte de le guider !

      Personne ne conteste le droit de QS de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions. ON, les Verts, le Bloc-Pot, le Parti de la Loi Naturelle, etc., tous les partis peuvent solliciter des votes. Il n’est cependant pas interdit de s’interroger sur le résultat qui sera produit par le système électoral…, ce que le NPD et le PLC auraient d’ailleurs dû considérer, avant les élections au niveau fédéral, plutôt que de constater et déplorer en vain leur impuissance face au gouvernement Harper !

      Alors que la campagne que le PLQ a planifiée est dirigée contre le PQ, les libéraux ont tout intérêt, en l’absence d’une alliance PQ-QS-ON, à ce que les résultats cumulés de QS et d’ON dépassent le 11% indiqué par le sondage de Léger-Le Devoir.

      La société québécoise se trouve devant un étrange paradoxe : pour se maintenir au pouvoir, le PLQ a intérêt à développer l’opposition au mouvement étudiant, en agitant frénétiquement des menaces de violence, mais il a aussi intérêt à ce qu’une certaine radicalisation de ce mouvement contribue au développement de la base électorale de QS. Il suffit de faire le bilan des stratégies du PLQ durant les quatre mois de crise pour s’en convaincre !

      Yves Claudé

  • Réal Giguère - Inscrit 16 juin 2012 05 h 36

    Dure semaine pour Amir

    .La police débarque à 6 heures du mat et arrête sa fille
    .Il se fait arrêter à Québec
    .On rit de lui parce qu'il se compare à Gandhi et King
    .Labeaume gagne son procès sur le Colisée
    .Et là, il devient le politicien le moins aimé

    Semana horribilis pour Amir

  • Catherine Paquet - Abonnée 16 juin 2012 06 h 22

    C'est Françoise David qui doit être en beau joualvert...

    On met tout son coeur à exposer aux électeurs un programme de gouvernement sérieux, socialement juste et consciencieux, et pendant ce temps le co-chef fait le pitre...

    • Sylvain Auclair - Abonné 16 juin 2012 13 h 41

      M. Khadir n'est pas le co-chef, mais le co-porte-parole. Le chef de Québec Solidaire est M. Régent Séguin. J'ignore qui il est. Ce serait bien si un journaliste le trouvait et l'interviewait.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 16 juin 2012 07 h 25

    Bravo pour ce baromètre yahou !

    Quel baromètre inspirant de yahou !

    En effet, de ce baromètre, il est intéressant d'observer deux personnalités, dont l'une serait en chute libre : Mme Line Beauchamp et M Amir Khadir !

    De Mme Beauchamp, un Chapo pour la gentillesse avec laquelle elle a présenté sa démission et du ministère et de sa députation ; une gentillesse d'amitiés, de solidarités, d'intégrités, d'humanités !

    Cette personne devrait être mise en nomination pour les prix de la Personnalité de l'année et de l'Ordre national du Québec ce, en vertu du rayonnement de cette gentillesse fascinante !

    De M Khadir, en chute libre, un prix "Kasserolle" pour avoir inciter ou faire inciter la population à la désobéissance civile ce, en tant qu'un des membres de l'ANQ appelés à voter des lois, fondées ou pas !

    Cette personne (1) a intérêt à comprendre non pas son mais le peuple du Québec, ce peuple qui n'a ni le goût ni le moyen de se faire endoctriner ou nationaliser à la manière des Chavez, des Tsétong, des Trostky ... ou des carrés rouges écarlates !

    Quant aux autres, à réfléchir encore !

    Bravo pour ce baromètre yahou ! 16 juin 2012 -

    (1) : http://www.youtube.com/watch?v=PzdLEgY8BNw&fea

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 17 juin 2012 05 h 42

      "pour avoir inciter" : pour avoir incité (nos excuses)

  • Isis Gagnon-Grenier - Inscrite 16 juin 2012 08 h 19

    Je ne suis pas trop la mode...

    Je fais partie des gens qui n'aimaient pas trop Amir Khadir avant de le croiser tous les soirs dans les manifs étudiantes à Montréal... Il a gagné tout mon soutien et ma considération au cours des derniers mois, et jours aussi, par ses idées, son humanité, sa pertinence, son intégrité, etc.

    S'il ne plait pas aux médias et aux sondages, c'est bien dommage, mais ça ne m'empêchera de considérer que de lui cracher dessus aujourd'hui c'est un peu se tirer une balle dans le pied.

    Non?

    • Simon Legault - Inscrit 16 juin 2012 12 h 33

      En effet!
      C'est bien le seul politicien québécois prêt à se faire arrêter pour ses convictions et les valeurs qu'il défend. C'est le seul qui pourrait nous faire redevenir les maîtres chez nous contrairement aux carriéristes opportunistes comme Marois, Charest, Legault et une grande partie de leurs députés.

      Mais bon, au Québec on est un peuple étrange... il semble qu'on aime se faire tondre jour après jour: aux élections on vote toujours pour les mêmes sans grand espoir de changement et ensuite on chiale sur notre sort.
      C'est vraiment honteux d'être québécois.