St-Pierre s’excuse auprès des artistes

Devant la levée de boucliers du milieu culturel, la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, a présenté ses excuses pour ses propos qui associaient le carré rouge à la violence et à l’intimidation. « Si des artistes, des créateurs ou qui que ce soit se sentent blessés par les propos qui ont été rapportés, bien, je m’en excuse », a déclaré Christine St-Pierre avant la période de questions à l’Assemblée nationale.

« Ce que je dis à tous ceux et celles qui veulent que le carré rouge représente autre chose que la violence, bien, dites-le. Dites-le que vous ne faites pas la promotion de la violence et de l’intimidation », les a-t-elle exhortés.


À la page A-9 de la présente édition, Le Devoir publie une lettre de Christine St-Pierre dans laquelle elle soutient que les casseurs « se sont identifiés à la cause étudiante. Ils ont ainsi récupéré le carré rouge et l’ont associé aux actes de violence qu’ils ont commis. L’association malheureuse entre la violence et le carré rouge s’est ainsi faite malgré tous ceux qui appuient “ la cause”» des étudiants et qui ne sont porteurs d’aucun message violent. »


La ministre a répété ses excuses à l’Assemblée nationale après que la chef de l’opposition officielle, Pauline Marois, lui eut demandé de faire amende honorable. Mardi, Christine St-Pierre avait refusé de le faire.


Vendredi dernier, après que le conteur Fred Pellerin, invoquant la crise sociale au Québec, eut refusé de recevoir à l’Assemblée nationale le titre de chevalier de l’Ordre national du Québec, la ministre avait déclaré que M. Pellerin avait le droit de porter le carré rouge, « mais nous, on sait ce que ça veut dire, le carré rouge, ça veut dire l’intimidation, la violence ».


C’est une lettre signée par quelque 2600 personnes issues du milieu culturel - près de 4000, selon le dernier décompte, aux dires des instigateurs - qui a fait plier la ministre. Dans cette lettre publiée par le site web du Devoir, les signataires, soulignant que « la grande majorité des acteurs du milieu culturel arborent fièrement le carré rouge », accusaient le gouvernement Charest de stigmatiser la violence associée au mouvement étudiant pour se faire du captal politique, « un stratagème [qui] éveille ce qu’il y a de plus boueux dans les consciences ».


Jointe hier, une des instigatrices de la lettre, l’artiste en arts visuels Julie Faubert, ne s’est montrée qu’à demi satisfaite des excuses de la ministre. « Elle se rétracte plus ou moins. Ce qui est clair, c’est qu’il y a un mot d’ordre au Parti libéral qui fait que chaque ministre et chaque personne liée au Parti libéral doivent absolument rentrer dans la tête du monde que le carré rouge égale la violence. La lettre les a amenés à nuancer un peu, chose qu’ils n’avaient jamais faite parce qu’il n’y avait pas tout un milieu qui a dit : ne nous prenez pas pour des cons », a résumé Julie Faubert.

18 commentaires
  • Bouge Alexandra - Inscrit 14 juin 2012 01 h 44

    Commentaires

    Je précise que suite à cet article j'ai interpellé les institutions culturelles françaises et européennes au sujet des droits des écrivains et des plasticiens et de l'intolérance à ces métiers, mais aucune ne m'a répondu.
    CE QUE LES FRANÇAIS PENSENT DES ARTISTES QUI BENEFICIENT D'ALLOCATIONS (lire la suite sur RUE89) :
    Les éditions XXX sont les éditions Hermann.
    (« Qui a dit que la culture devait être rentable ou disparaitre ? “ Sarkozy)

    Quand on cherche du travail on vous répond les mêmes insultes :

    l’article est centré sur une personne donc les commentaires sont sur cette personne.
    ça n’enlève rien au fait qu’il est encore plus scandaleux que d’autre personne abuse du système.

    Faut voir, parce que question poésie, elle vient de m’apporter la preuve très largement suffisante pour comprendre pourquoi elle patine depuis plus de 20 ans.
    ...et elle n’a pas fini de patiner ! Le raciste* que je suis l’invite simplement à tenter sa chance ailleurs...
( qu’elle fasse vite, parce qu’à 60 piges, nul ne voudra plus d’elle )
    * « Raciste » ça veut dire con - Éléna ça veut dire poète... enfin bref ! ...
    J’ai fini par comprendre que dans son « porte-monnaie », il n’y a pas 1 mot de vrai.

    nom de d....
après la chouinerie sur l’air d’ « Eléna pousse des wagonnets », le mytho sur la menace de viol, voici maintenant Elena victime du nazisme....
c’est plus qu’une faignasse et une chieuse, c’est une conne...et de première.

    Sans bosser (non écrire des vers ce n’est pas bosser si l’on ne fait pas ce qu’il faut pour vivre avec)
    De plus
- Elle ne paie pas d’impôts sur le revenu.
- Transport gratuit
- Santé gratuite (CMU)
    La notion de crève la dalle est assez relative finalement.
    Et dire qu’il suffit de faire un petit effort, trouver un petit Job d’appoint pour améliorer son quotidien –> Ah oui peut être qu’elle a peur de perdre certains avantages ...

    On en reparlera le jour ou vous serez édité. Car en attendant vos gribouillis, peut être très intéressants au demeurant, ne profitent

  • Yves Claudé - Inscrit 14 juin 2012 02 h 06

    La ministre a fait violence à la vérité et à sa réputation !

    L’appartenance … et la soumission à un gouvernement en fin de règne n’est pas de tout repos, et si le premier ministre semble, malgré son âge, atteint du “syndrome de l'enfant Teflon”, il n’en est pas de même pour ses ministres qui perdent tout à tour, patience, discernement, respectabilité, crédibilité, etc.

    C’est ainsi qu’après avoir fait violence à la vérité et à sa réputation, la ministre de la culture, malgré ce qu’elle présente en vain comme des «excuses» et «des justifications», ne sort pas indemne de ce qui ressemble à un atterrissage brutal, des brumes de la propagande … vers le sol rugueux de la réalité de la crise dans laquelle le Québec est plongé par le PLQ … en vue des prochaines élections !

    La photo de La Presse canadienne publiée par Le Devoir nous montre un étonnant langage corporel qui contredit manifestement les chaleureux applaudissements commandés à l’attention d’une ministre de la culture qui “ne sait plus où se mettre” : voilà qui est plus éloquent que ses «excuses» et ses «justifications» !

    Yves Claudé

  • François Ricard - Inscrit 14 juin 2012 06 h 22

    Carré rouge= protestation

    Madame la ministre, c'est fort bien de reconnaître que le carré rouge ne veut pas dire nécessairement violence et intimidation.
    Je porte un carré rouge. Et je suis carrément contre la violence et l'intimidation. Et depuis des années je m'objecte à ce que l'armée canadienne soit déployée en Afghanistan.
    Il ne vous reste qu'à convaincre votre patron, M. Charest, de cette vérité: le carré rouge est une protestation pacifique contre un gouvernement dont nous sommes grandement insatisfait et non une incitation à la violence. Associer le carré rouge à la violence comme le fait M. Charest est un acte démagogique indigne d'un véritable chef d'état.

  • Jocelyn Boily - Inscrit 14 juin 2012 07 h 05

    Profilage politique

    14 juin 2012

    Profilage politique

    La ministre de la culture Christine St-Pierre a dû s’excuser à l’assemblée nationale suite à ses propos controversés sur le port du carré rouge. En effet elle avait mentionné, lors d’une entrevue, que le carré rouge était synonyme d’intimidation et de violence.

    Il semble que les forces policières aient adoptés la ligne du parti libéral du Québec (PLQ) en faisant du profilage politique envers les porteurs de carrés rouge qui appuient la démarche des étudiants lors de manifestations.

    De ce fait le premier ministre du Québec Jean Charest est lui-même porteur de cette controversée politique car durant plus de trois mois a chaque période de question il ne manquait pas une occasion d’attaquer les partis d’oppositions qui arboraient le carré rouge en signe d’appui au mouvement étudiant.

    Est-ce que le fait de porter le coquelicot est signe d’appui à la guerre ou d’appui aux soldats?

    Jocelyn Boily
    781 rue Flamand
    Québec
    G1M 2B8
    527-1689

  • François Dugal - Inscrit 14 juin 2012 07 h 46

    De quel côté est la violence

    Plusieurs policiers sautant sans ménagements sur un citoyen désarmé, vous appelez ça comment?