Commission Charbonneau: rapports déjà tendus entre Québec et Duchesneau avant son entrée à l'UAC

Jacques Duchesneau a dirigé l’Unité anticollusion de février 2010 à octobre 2011, avant d’être remercié de ses services par le patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, pour son manque de loyauté.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jacques Duchesneau a dirigé l’Unité anticollusion de février 2010 à octobre 2011, avant d’être remercié de ses services par le patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, pour son manque de loyauté.

Les rapports entre le gouvernement du Québec et Jacques Duchesneau au étaient tendus avant même son embauche à l’Unité anticollusion (UAC) du ministère des Transports du Québec (MTQ).

M. Duchesneau a bien failli ne jamais prendre la tête de l’Unité tellement il était irrité et insulté par une déclaration assermentée que Québec voulait lui faire signer avant de finaliser son embauche.

Comme condition préalable, M. Duchesneau devait affirmer solennellement qu’il n’avait aucun ami dans le crime organisé et qu’il avait respecté à la lettre la loi électorale lors de sa campagne ratée à la mairie de Montréal, en 1998.

Pour ce policier de carrière, menacé de mort par le crime organisé pour avoir mis en place l’escouade Carcajou, cette lettre était une insulte. Il a refusé de la signer. «Ça commençait très mal pour une aventure qui s’annonçait riche en rebondissements. J’étais prêt à retourner dans mes terres», a-t-il dit au début de son témoignage, fort attendu, à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC).

Finalement, le ministère des Transports ne l’a pas obligé à signer la déclaration assermentée.

M. Duchesneau a dirigé l’Unité anticollusion de février 2010 à octobre 2011, avant d’être remercié de ses services par le patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, pour son manque de loyauté. Durant son court séjour à l’UAC, il a produit un rapport fracassant sur la corruption, la collusion et l’infiltration du crime organisé dans l’industrie de la construction.

Le procureur adjoint de la Commission Charbonneau, Claude Chartrand, a expliqué hier que le témoignage de M. Duchesneau permettra de «faire l’autopsie» de son rapport, un document jugé essentiel par la juge France Charbonneau.

D'autres détails suivront.
7 commentaires
  • Huguette Durocher - Inscrite 13 juin 2012 16 h 32

    Remercié pour son manque de loyauté

    Nous voyons bien qui était le grand boss de l'UAC et qui est le boss l'UPAC.
    "Ne pas nuire aux enquêtes déjà en cour..."
    Huguette Durocher

  • Jean Boucher - Inscrit 13 juin 2012 17 h 04

    Où était le sous-ministre? Chez Charest.

    Il a "squatté le bureau du sous-ministre durant 3 mois" pour avoir des ressources???

    Plus "intimidateur" que ça comme gouvernement ?
    A vomir.

  • P. Raymond - Inscrit 13 juin 2012 17 h 30

    Finalement

    On entend parler du sujet que veut à tout prix éviter John James alias Jean Charest et tous ceux qui grenouillent alentour de lui.

    Avec en toile de fond, toujours les mêmes méthodes pour tenter de réduire au silence les personnes qui lèvent le voile sur ses manigances douteuses et ses cachotteries. Qu'on se souvienne (aussi) que ce monsieur exigeait des députés l'adoption d'un «certain» code d'éthique pour cesser de recevoir son obscur salaire parallèle.

    Enfin, puisse-t-on orienter le débat sur cette commission d'enquête et ses révélations plutôt que sur les élucubrations d'une mauvaise presse qui voudrait bien voir la population regarder ailleurs que dans la cour du chef du plq.

  • Guy Fauteux - Abonné 13 juin 2012 18 h 48

    Parle parle jase jase

    Des faits svp arretez de parler pour rien dire.
    Ce n'est plus drole.

  • André Vallée - Inscrit 13 juin 2012 19 h 23

    Merci M. Duchesneau

    Merci pour avoir refusé d'être un pantin, comme plusieurs ministres. Ça nous rappelle les collaborateurs de PET lors du rapatriement.