Élections partielles - Le PLQ perd son fief d’Argenteuil

Le chef du Parti libéral, Jean Charest, s’est adressé hier à ses partisans dans Argenteuil : «Ici dans le comté d’Argenteuil, c’est partie remise.»
Photo: - Le Devoir Le chef du Parti libéral, Jean Charest, s’est adressé hier à ses partisans dans Argenteuil : «Ici dans le comté d’Argenteuil, c’est partie remise.»

Dans Argenteuil, lors d’un dépouillement haletant, le candidat péquiste Roland Richer a tiré de l’arrière jusqu’à 22 h où il a commencé à se hisser devant la candidate libérale Lise Proulx. À ce moment, M. Richer, un orthopédagogue et directeur d’école primaire de 70 ans à la retraite, a pris l’avance pour ne plus la perdre. Il l’a finalement emporté avec 501 de voix de majorité. L’ancien représentant libéral dans Argenteuil, David Whissell, l’avait difficilement emporté en 1998 avec moins de 200 voix de majorité. Mais aux élections de 2008, il avait obtenu une victoire facile (49,58 % des voix et 3490 de majorité). Quant à M. Richer il a interprété sa victoire comme étant le résultat d’un vote de « ras-le-bol », « anti-corruption », mais qui représente aussi un « grand geste d’espoir », a-t-il insisté.


Dans LaFontaine, le président du Parti libéral, l’avocat Marc Tanguay, l’a emporté hier facilement, mais le PLQ a toutefois vu sa majorité fondre. Il a obtenu 53,32 % des suffrages exprimés et une majorité de 3710 voix. En 2008, Tony Tomassi - actuellement accusé de fraude - y avait recueilli 69,76 % avec une majorité de 10 181 voix. Le candidat caquiste Domenico Cavaliere a lutté une partie de la soirée pour le deuxième rang, mais a fini troisième derrière le péquiste Frédéric St-Jean. Le PQ avait pratiquement concédé la victoire au PLQ dans LaFontaine. M. St-Jean, qui habite à Saint-Hyacinthe, aurait pu s’inscrire sur une liste électorale de LaFontaine et y voter, mais pour cela, il eût fallu qu’il possède un local électoral. Or, le parti n’avait pas jugé cela nécessaire.


Au sujet de la surprise d’Argenteuil, le conseiller de Jean Charest, Mario Lavoie, a tenté de relativiser en ces termes, sur Twitter : « De 1993 à 2011, Argenteuil a voté pour le Bloc québécois »… Justement, la CAQ, dans Argenteuil, avait fondé beaucoup d’espoir sur son candidat Mario Laframboise, ancien député bloquiste qui avait aussi été maire et préfet dans la circonscription. La CAQ, dont le nom apparaissait pour la première fois sur les bulletins de vote hier, s’est classée au troisième rang.


Dans Argenteuil, le chef du Parti vert du Québec (PVQ), Claude Sabourin, a étonné en se faufilant de nouveau (comme en 2007) au quatrième rang devant Québec solidaire. Le parti d’Amir Khadir et de Françoise David, dont le slogan était « Faites entendre le doux son des casseroles dans les urnes », recueillait un maigre 2,70 % dans Argenteuil et 5,90 % dans LaFontaine. Dans ce dernier cas, QS améliore son score de 2008 qui était de 1,91 %.


Le « printemps érable » a été caractérisé par un regain d’intérêt pour les questions politiques, mais le taux de participation dans les deux circonscriptions ne reflètent pas cet état de fait. Ils sont restés relativement bas, à 42,36 % dans Argenteuil et à 25,56 % dans LaFontaine. Dans ce dernier cas, l’abstention révèle peut-être que de nombreux électeurs libéraux ont choisi de rester à la maison.

 

Plusieurs premières


Il n’y a pas que la CAQ qui en était à sa première participation électorale. Le parti Option nationale, fondé par le député indépendant (et ex-péquiste) de Nicolet-Yamaska Jean-Martin Aussant, présentait des candidats pour la première fois. Patrick Sabourin, dans Argenteuil, et Paolo Zambito, dans LaFontaine, recueillaient des pourcentages microscopiques, respectivement 1,34 % et 1,64 %.


Autre dur baptême du feu électoral, le nouveau Parti conservateur du Québec a obtenu 1,32 % dans LaFontaine (Patrice Raza) et 1,06 % dans Argenteuil (Jean Lecavalier). Le parti des déçus de la fusion ADQ-CAQ, l’Équipe autonomiste, a aussi présenté des candidats pour une première fois. Ils ont toutefois terminé derniers dans les deux circonscriptions.


En Chambre désormais, le PLQ aura 64 sièges, et le PQ, 47. Les deux nouveaux députés, qui seront assermentés la semaine prochaine, ne siégeront peut-être jamais en vertu du mandat qu’ils ont reçu hier. Si, comme la rumeur le veut, une élection générale était déclenchée au mois d’août pour avoir lieu le 17 septembre, ils devraient tous deux briguer de nouveau les suffrages.

À voir en vidéo