Scott McKay songe à poursuivre le Parti vert pour dette impayée

Alors qu’il a été chassé de la chefferie du Parti vert du Québec en mars 2008, le député péquiste Scott McKay en demeure un des créanciers. M. McKay avait prêté au PV 5000 $ lors de l’élection générale de 2007 ; puis une somme de 1500 $ lors de l’élection partielle dans Bourget le 12 mai 2008, où il s’était porté candidat du PV malgré sa défaite à la chefferie. Il a finalement été élu sous la bannière péquiste dans l’Assomption le 8 décembre 2008.

La dette de 6500 $ du PV à son endroit apparaît toujours aux rapports financiers déposés par le PV au Directeur général des élections du Québec (DGEQ), le dernier disponible étant celui pour 2010. Au PQ, c’est avec surprise qu’on a accueilli les questions du Devoir à ce sujet, hier. Joint au téléphone, M. McKay a expliqué avoir « sommé » à plusieurs reprises le PV de le rembourser. Celui-ci aurait répondu « ne pas en avoir les moyens ». M. McKay songe donc à poursuivre son ancien parti devant les tribunaux pour récupérer son dû. En vertu de la Loi électorale, « le représentant officiel [d’un parti] doit payer au moins annuellement les intérêts dus » à l’emprunteur. M. McKay dit avoir effectivement reçu des chèques du PV de quelque 400 $ (à 5 % d’intérêt) annuellement depuis 2007 (380,56 $ en 2010). Il soutient avoir refusé une proposition du PV de « diviser le montant » ; le parti lui aurait remboursé la moitié et aurait inscrit l’autre en don : « Je ne voulais quand même pas donner de l’argent à d’autres partis que le PQ, voyons ! »


L’actuel chef du PV, Claude Sabourin, nie formellement avoir reçu quelque demande de remboursement de M. McKay que ce soit. « Je suis chef depuis 2010. Ce n’est pas à moi qu’il l’a demandé en tout cas. » M. Sabourin expédie une lettre de renouvellement chaque année aux créanciers. « Il n’a jamais demandé de l’annuler. » Ainsi, les 6500 $ de M. McKay « servent de fonds de roulement », explique M. Sabourin. « C’est une décision d’affaires. S’il nous demande de rembourser, on va le faire. » Le PV a eu des revenus de 89 154 $ en 2010 provenant de l’allocation du DGE et de dons (19 415 $). M. Sabourin, candidat pour le PV dans Argenteuil lors de l’élection partielle du 11 juin, a lui aussi prêté 5000 $ à son parti. Le PV n’est pas le seul à se financer ainsi. Par exemple, Amir Khadir a prêté une somme de 10 000 $ à Québec solidaire en février 2007. En 2010, QS déclarait avoir une dette de 223 700 $ à l’endroit de quelque 75 « électeurs-prêteurs ».


1 commentaire
  • Sylvain Auclair - Abonné 6 juin 2012 11 h 28

    Un parti bilingue

    À propos du Part vert du Québec... Son nom officiel apparaît dans les deux langues, comme ceux du Parti libéral et du Parti égalité (eh oui, il existe encore!). Je leur ai écrit à plusieurs reprises à ce sujet. Par les années passées, on me répondait n'avoir pas le temps de faire ce changement. Cette année, M. Sabourin m'a répondu pour me dire que le Québec comptait deux peuples fondateurs (!) et que le nom du parti reflétait cet état de fait.

    Dans une autre vie, j'ai milité au PVQ. J'en ai même été candidat. À cette époque, son nom était uniquement en français et le PVQ avait inscrit l'indépendance du Québec dans son énoncé politique.