Subventions de 363 millions aux sports: Courchesne réplique au vérificateur

Malgré la démonstration faite par le vérificateur général du Québec, la ministre Michelle Courchesne refuse d'admettre qu'elle a choisi elle-même des centaines de projets d'équipements sportifs à subventionner, une cagnotte de 363 millions de fonds publics.

En même temps, elle plaide pour conserver le pouvoir discrétionnaire dévolu aux ministres dans la distribution de subventions.

«Ce sont les ministres qui font les priorités. On ne peut pas enlever totalement ce pouvoir discrétionnaire aux ministres», a-t-elle dit aujourd'hui, lors de son deuxième point de presse de la journée sur le sujet.

Pour la deuxième fois en quelques jours, la ministre de l'Éducation a mis en doute, aujourd'hui, le travail effectué par le vérificateur général, qui la blâmait dans un rapport accablant, rendu public la semaine dernière, relativement à sa gestion du programme de soutien aux infrastructures sportives. Il concluait qu'elle avait manqué de rigueur en distribuant des centaines de millions de dollars de fonds publics devant servir à doter des villes et des institutions scolaires d'équipements sportifs, tels des arénas, terrains de soccer et piscines.

La ministre Courchesne et son cabinet ont choisi les projets de façon arbitraire et discrétionnaire, ce qui ne correspond pas aux saines pratiques de gestion des fonds publics, selon le vérificateur général par intérim, Michel Samson. Rien n'indique, selon lui, que ce sont les meilleurs projets qui ont été choisis et subventionnés.

Le vérificateur général incarne une institution reconnue pour son objectivité et sa totale indépendance du pouvoir politique.

Contre-attaque

La ministre Courchesne a contre-attaqué, faisant valoir que le vérificateur général n'avait visiblement pas compris la nature même du programme.

Elle avait déjà fait une sortie semblable jeudi, mais, fait très inhabituel, le vérificateur l'avait aussitôt contredite publiquement, réaffirmant que c'était bien son cabinet qui choisissait directement les projets, sans égard aux pratiques en vigueur voulant que l'analyse des dossiers devait plutôt relever des fonctionnaires.

Dans le cadre du programme qu'elle administrait entre 2007 et 2010, 918 projets avaient été soumis au ministère. La ministre en a retenu 500 pour analyse, sans savoir s'ils respectaient les critères d'admissibilité. De plus, près de la moitié du total, soit 418, ont été écartés d'emblée, sans même avoir été analysés et sans justification, ce qui a fait sourciller le vérificateur.

Mais Mme Courchesne réplique que ces projets ont été exclus parce qu'ils ne se qualifiaient pas. De plus, le programme était en partie financé par le gouvernement fédéral et ces projets ne répondaient pas aux critères fixés par Ottawa, selon elle.
«Je ne comprends pas que le vérificateur n'ait pas fait le lien avec ce programme fédéral», a-t-elle dit.

À sa défense, elle a soutenu que 267 dossiers visaient des constructions neuves et que le programme excluait ce type de constructions.

La ministre n'a cependant pas été capable de dire pourquoi les dossiers avaient atterri sur son bureau, au lieu d'être analysés par les fonctionnaires, comme le veut la pratique.
Au lendemain du dépôt du rapport, jeudi, l'opposition péquiste avait demandé à la ministre de déposer l'ensemble des projets soumis, retenus et écartés. La ministre a donné suite à cette requête mardi.

Une deuxième semonce

C'est la deuxième fois en six mois que la ministre Courchesne se fait rabrouer par le vérificateur général pour sa façon discutable de gérer les fonds publics.

Dans un autre rapport, paru en novembre 2011, le vérificateur général avait déjà blâmé sévèrement l'actuelle présidente du Conseil du trésor et, à nouveau, ministre de l'Éducation depuis peu, pour sa gestion erratique du processus d'attribution de 18 000 places en garderie en 2008, alors qu'elle était aussi responsable de la Famille.
12 commentaires
  • Richard Labelle - Abonné 5 juin 2012 18 h 42

    Courchesne, la vierge offensée

    Je comprends la frustation des étudiants qui ont été pris à négocier avec des gens aussi corrompus; Encore une fois, les p'tits amis du parti Libéral ont dû s'en mettre plein les poches. En passant, Mme Courchesne, il y a "budget discrétionnaire" et Budget discrétionnaire". Dans votre cas, votre notion de budget discrétionnaire pue le favoritisme à plein nez, comme le gouvernement dont vous faites parti. Votre devise: "Étudiants, payez votre juste part! Amis du parti Libéral, recevez votre juste part! C'est à lever le coeur! Et dire qu'il y a encore une partie de la population, avec l'aide des médias de Desmarais et Péladeau qui continuent de vous croire. Comme on dit en anglais, "if they believe that, they will believe anything!"

    • andré Frigon - Abonné 6 juin 2012 14 h 20

      PATRONAGE de bas étage
      Démission de Mme Courchesne
      C'est clair pour tout le monde sauf pour le PLQ, aveugles moutons qui n'osent même pas démissionner et se rendre du coté des indépendants.
      Comme si donner des cadeaux (comme au temps du Duplessiste) aux comptés de l'Opposition serait un argument valable!
      M. Paradis et Mme Marguerite Blais qu'attendez-vous pour sortir de ce part aussi corrompu ?
      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/351774/je

  • Leclerc Éric - Inscrit 5 juin 2012 19 h 03

    L'une des préférées de Charest

    Ça prend du caractère, de la poigne mais aussi beaucoup d'arguments solides pour se défendre et défendre les choix de son ministère avec les pièces justificatives pour appuyer ses dires; c'est exactement ce que représente Michelle Courchesne pour Jean Charest! Sans doute la DERNIÈRE femme forte du cabinet, résistera-t-elle aux turbulences que traverse le PLQ actuellement?

  • Pierre Sabourin - Inscrit 5 juin 2012 19 h 09

    Franchement!

    Mme Courchesne, vos prioritées sont erronées. Choisir entre faire sur que nos jeunes aillent une éducation et payer pour un des programmes sportifs comme des arenas n'est pas un choix difficiles. Est-ce que vous avez réalisé comment mauvis votre décisions à été dans ce dossier?

    Quand a moi, vous devez récupérer immédiatement cette somme et la redistribuer la où c'est nécessaire à la prochaine négociation etudiante.

    Je crois que si l'on creuse à qui est allé cette argent, on risque de trouver le prochain scandale parmi la liste trop nombreuses de scandales qui vous éclabousse personnellement sans compter tout ceux qui éclaboussent le PLQ
    http://www.liberaux.net/

    Pierre Sabourin

  • Nicole Moreau - Inscrite 5 juin 2012 20 h 09

    Vous me permettrez d'être inquiète, à la fois comme citoyenne, mais aussi comme contribuable

    Madame Courchesne semble, d'après ce que je comprends, trouver normal de pouvoir utiliser son pouvoir discrétionnaire de ministre à hauteur de 363 millions$. À quel niveau de financement, son pouvoir discrétionnaire va-t-il s'arrêter? question d'une contribuable.

    Si cette ministre est celle chargée de résoudre la crise étudiante, que penser de son éthique? j'avoue bien humblement que je m'y perds

    • Guy Vanier - Inscrit 5 juin 2012 20 h 44

      comme tout les membres du PLQ, qui suivent charest comme des moutons, l'éthique ils ne savent pas ce que ça veux dire!
      ce qu'il connaissent c'est se remplir les poches le plus vite possible avant de se faire cri..er dehors!
      vite des élections pour faire le nettoyage de l'écurie!

  • Marc Bergeron - Inscrit 5 juin 2012 20 h 59

    Quel scandale" distribution des millions

    et ce depuis plusieurs mois autant au privé qu'au public. Même scénario que les commandites. ON s'infiltre partout. On nomme du privé dans des domaines jamais vue comme les CRSSS.