Le carré rouge crée de la confusion dans un bureau de vote d’Argenteuil

Le carré rouge n’appartient pas à un parti, mais bien au mouvement étudiant.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le carré rouge n’appartient pas à un parti, mais bien au mouvement étudiant.

Deux citoyens de la circonscription d’Argenteuil ont été forcés de retirer leur carré rouge lorsqu’ils sont allés voter dimanche au scrutin par anticipation.

« Ma conjointe et moi portons à chaque jour le carré rouge puisque nous supportons la lutte des étudiants », a raconté hier Gilles Beauchamp. « On nous a demandé de retirer notre carré rouge, sinon on nous retirait notre droit de vote et on nous expulsait de la salle. »


Après quinze minutes de pourparlers avec le personnel, le couple a cédé, mais M. Beauchamp a rapporté l’incident au Directeur général des élections (DGE).


Vérification faite, l’employé du bureau de vote avait tort. « C’est quelqu’un qui a mal compris la directive », a expliqué hier la porte-parole du DGE, Cynthia Gagnon.


Un représentant de la direction des affaires juridiques du DGE a d’ailleurs présenté des excuses par courriel à M. Beauchamp en le remerciant d’avoir porté l’incident à son attention.


L’article 352 de la Loi électorale stipule que dans un bureau de vote, « nul ne peut utiliser un signe permettant d’identifier son appartenance politique ou manifestant son appui ou son opposition à un parti ou à un candidat ».


Or, comme l’explique le professeur de sciences politiques Réjean Pelletier, « le carré rouge n’appartient pas à un parti » et est « identifié au mouvement étudiant ». Et ce, « même si les gens d’un parti l’ont porté ».


Par contre, le personnel du bureau de vote, lui, ne peut pas arborer le carré rouge, explique Mme Gagnon. « C’est pour le personnel, non pas pour les électeurs. » Cette directive, poursuit-elle, est justifiée par « le devoir de réserve » et la « neutralité » de la fonction.


Selon le professeur Pelletier, elle vise à « éviter que les gens soient choqués en allant voter » et pour « afficher une plus grande neutralité ».


Le vote par anticipation pour l’élection partielle se poursuivait hier dans la circonscription d’Argenteuil. À la suite de cet incident, un rappel a été transmis au directeur de scrutin pour qu’il avise les préposés à l’entrée des règles en vigueur. « Aujourd’hui, ils ont été bien informés, ça ne devrait pas se reproduire », a précisé Mme Gagnon.

17 commentaires
  • Francois Parent - Inscrit 5 juin 2012 07 h 36

    Neutralité?

    On accpete les femmes voilées et les kirpans dans nos écoles font-ils preuvent de neutralité ses personnes? On est bon au Québec pour se tirer dans le pied.

    • Xavier Ovando - Inscrit 11 juin 2012 13 h 34

      Je comprends un peu votre position mais il faut faire tres attention a ne pas mêler "le choux avec les oignons" pour ne pas reprendre l'autre dicton fruitier... les employés zèlés qui comprenne mal des directives et qui abusent de leur peu de pouvoir ; IL Y EN A PARTOUT.... l'important c'est qu'ils ne s'en tirent jamais indemnes de faire des idioties!! Pour contrer cela il faut être: intêgres, pacifiques et éloquents dans nos rappels à la raison. faut surtout pas basculer dans les comparaisons ignardes qui laissent planer l'ombre d'un mépris ethnique... nous, les "progressistes" avons un devoir d'être des exemples vivants de ce que l'ont veut comme société...
      S'indigner, oui! Désobéir, oui! mais partir à la chasse au sorcières; non!

  • Serge Grenier - Inscrit 5 juin 2012 08 h 02

    Ils sont mieux de filer doux

    Bravo aux personnes qui se tiennent debout et font respecter nos droits. Et honte aux p'tits coqs qui abusent de leur pouvoir jusque dans les bureaux de vote.

    Serge Grenier

  • Marc-André Fortier - Abonné 5 juin 2012 09 h 35

    Porter le carré rouge

    Nonobstant la précision faite par le bureau du DGE, je crois qu'une forte proportion de québécois (dont je fais partie) arborent le carré rouge en signe d'opposition au gouvernement de Jean Charest.

    Soyez assuré que si je me présentait dans un bureau de vote portant le carré rouge, dans mon cas ce geste serait très partisan.

    • Xavier Ovando - Inscrit 11 juin 2012 13 h 36

      mais on ne pourrait toute-fois pas vous traiter ni de péquiste , ni de solidaire, ni de caquiste pour autant. :)

  • Michaël Lessard - Abonné 5 juin 2012 09 h 37

    Je dirais même plus, le carré rouge vient de...

    Je dirais même plus, le carré rouge vient des groupes luttant contre la pauvreté pour signifier « ÊTRE DANS LE ROUGE ».

    Considérant l'endettement important de bien des gens en début de vie, le mouvement étudiant l'a adopté vers 2005.

    Je le porte moi-même depuis 2005.


    Avez-vous remarqué comment certains « économistes » médiatisés veulent nous faire croire qu'il est bien pour notre économie d'avoir de jeunes familles ayant des dettes combinées de 40,000$ à 60,000$ en début de vie? Ce n'est certainement pas positif pour le secteur de l'immobilier.


    - un citoyen de Québec, actif dans le monde des médias communautaires et de défense de droits.

    • Frantz Avril - Inscrit 5 juin 2012 11 h 23

      J'ai de la difficulté à comprendre comment qu'un étudiant peut terminer son baccalauréat de 3 ou 4 ans avec une dette supérieure à 30000$.

      Est-ce possible qu'il y a des parents qui n'aident d'aucune façon leurs enfants à payer leurs études?

      Frantz AVril

    • Sylvain Auclair - Abonné 5 juin 2012 12 h 23

      Monsieur Avril,
      Je me souviens d'une lettre où une femme, mère d'un enfant qui s'en allait à l'université, en était encore à rembourser sa propre dette étudiante (elle était retournée aux études...).

      Ce n'est pas tous les parents qui aident, ce n'est même pas tous les parents qui ont les moyens d'aider.

    • Francine Gélinas - Inscrite 5 juin 2012 16 h 04

      M. Avril,

      Comment voulez-vous qu'une mère monoparentale aide ses deux enfants à payer leurs études? Si cette femme, gagne dans les 50 000$ par année, les enfants n'ont droit qu'à un prêt et la mère est bien mal prise pour les aider. C'est un exemple, mais plusieurs parents ne peuvent aider les enfants.

    • Mathieu Bouchard - Abonné 5 juin 2012 16 h 40

      @ Frantz : une dette combinée de 40000 à 60000, ça fait allusion dans ce cas à deux dettes de 20000 à 30000, et non pas une dette de plus de 30000 pour une personne.

      Et oui, il y a des parents qui aident pas, et sûrement que les étudiants affectés veulent pas s'embarquer dans des recours légaux contre leurs parents. Pour que la contribution des parents arrête d'être supposée applicable, le ministère veut que l'étudiant ait déjà travaillé comme salarié pendant 24 mois pendant qu'il n'était pas considéré aux études, ce qui discrimine contre les travailleurs autonomes, mais aussi, empêche ces jeunes de faire leurs études avant de travailler, donc les force à prendre des boulots suboptimaux pour payer leur « juste part ». En plus que cette sorte de condition soit bizarre (pourquoi cette combinaison de conditions ?).

      Je sais pas si c'est techniquement possible d'atteindre 30000 $ de total avec les règlements actuels. Il y a des limites de prêts pas super hautes de 2440 $/année (?). J'imagine que le montant de plafond des prêts va augmenter beaucoup et que c'est à ça qu'on fait référence. Pendant combien d'années faudra-t-il faire des études (à partir de 2017) pour accumuler même juste 20000 $ de dettes ? Est-ce que ça suppose une Maîtrise ?

      Je dis pas que c'est une bonne idée d'endetter les étudiants, loin de là, mais moi aussi, je me pose des questions.

    • Maxime Massarotto - Inscrit 11 juin 2012 18 h 07

      39.3% des étudiants ne se font pas aider par leur famille. Des 60.7% restants, ils se font aider à en moyenne 22% de leur budget. Le budget médian d'un étudiant est de 9600$/année après avoir payé les frais de scolarité (i.e. 50% vivent avec moins que ça). Il faut payer le loyer, la nourriture, le transport, l'électricité, l'Internet, les livres, les fournitures scolaires, etc. Au-dessus du 2/3 ne vivent pas chez leur(s) parent(s). Le seuil de pauvreté est actuellement dans les 16 000$/année. Les étudiants travaillent en moyenne 18.8h/semaine pendant les sessions (plus que jamais auparavant selon Statistiques Canada) et à temps plein l'été.

      Ce n'est donc pas si surprenant que plusieurs finissent avec 30 000$ de dettes: comme tout le monde, les étudiants n'ont pas que leurs études à payer! Les prêts accordés via les prêts et bourse ne sont pas suffisants pour subvenir à tous les besoins et sont absents pour les enfants venant de familles de classe moyenne, quoique maintenant les étudiants venant de familles jusqu'à 100 000$/année de revenus auront des prêts (très peu dans les plus hauts revenus de cette limite). Rappelons que le revenu annuel moyen des ménages avec enfant(s) étaient de 93 400$/année en 2009, ce qui signifie qu'une grande proportion d'étudiants n'auront pas accès à cet aide non-indexée en 2019. Qui plus est, beaucoup de parents plus "riches", parce qu'endettés, parce qu'ils ont déjà trop de choses à payer (ex.: propriétaires d'entreprises qui font de gros revenus mais qui ont en contrepartie beaucoup de dépenses) ou simplement pour des raisons idéologiques, n'aident pas leurs enfants pour leurs études universitaires.

      La hausse des frais de scolarité diminue donc le nombre de gradués (comparativement à si on ne haussait pas) en diminuant le nombre de personne choisissant d'aller à l'Université, en augmentant l'abandon, en augmentant le taux d'échec et en augmentant le ratio d'étudiants à temps partiel : temps plein.

  • Jean-Guy Grenier - Inscrit 5 juin 2012 11 h 01

    Carrés rouges

    En réflexion…

    Les carrés rouges font de la politique… Est-ce qu’il y a un lien entre les syndicats qui financent les porte-paroles des étudiants, des carrés rouges, et la Loi 33 sur le placement syndical du 2 décembre 2011 ? Quel est le calcul politique des syndicats ? Les syndicats voudraient-ils se venger du gouvernement à la suite de la Loi 33 dont l’objectif final espéré par les syndicats serait de faire renverser le gouvernement par leurs mercenaires étudiants en faisant semblant de négocier ? Si le Parti québécois était élu aux prochaines élections, les syndicats de la construction demanderaient-ils à Pauline Marois et à ses députés d’abolir la Loi 33 pour reprendre le placement syndical et faire la loi sur les chantiers de construction ? Est-ce qu’on peut lier la grève des quelque 600 employés de la Commission de la construction du Québec (CCQ), organisme qui doit s’occuper du placement pour les chantiers de construction, la Loi 33 et l’actuelle crise de frustration ?

    • Christian Aubry - Inscrit 5 juin 2012 15 h 41

      Vraiment n'importe quoi, cher M. Grenier. Ma fille de 18 ans est en grève depuis février dernier. Le sacrifice (n'ayons pas peur des mots) de sa session n'a rien à voir avec les syndicats et je vous prierais de ne pas la traiter de "mercenaire", sans quoi vous pouvez aussi bien, tant qu'à moi, vous étouffer dans votre idéologie pétrie de rancoeur et de haine.

      Ce qui serait beaucoup plus intéressant de savoir, en revanche, c'est s'il y a un lien entre le scandale de l'exploitation pétrolière privée de l'île d'Anticosti, qui soustrait à la nation Québécoise de milliards de recettes directes et indirectes, et la privatisation progressive de l'éducation supérieure. Ou entre le scandale du milliard injecté en pure perte dans la migration du secteur public de Windows XP à Windows 7, malgré la loi 133 votée par ce même gouvernement qui l'a ensuite invalidée par décrèt, et les 964 millions de dollars que la hausse des frais de scolarité ira chercher dans les poches des étudiants entre 2012 et 2017.

      Renseignez-vous comme il faut, M. Grenier. La gestion des finances publiques n'est pas qu'affaire d'idéologie. C'est aussi une affaire de chiffres, lesquels sont tributaires de choix économiques et sociaux très concrets.

      Lorsque les forces vives de toute une génération dit "Stop! Ce n'est pas dans ce monde-là que nous voulons vivre", la moindre des choses serait de leur prêter attention à leurs propositions plutôt que de se lancer dans une improbable chasse aux sorcières d'un autre âge.

      Mais sans doute êtes-vous un disciple du Premier ministre et ne les avez-vous même pas lues, écoutées, entendues, ces propositions concrètes. Sans doute n'avez-vous jamais pris le temps de méditer sur l'aphorisme de campagne de Barrack Obama: « The world is changing and we must change with it. » Ouvrez les yeux et les oreilles, M. Grenier, il est encore temps, ou bien prenez le risque de devenir une sorte de dinosaure qui s'éteint sans descendance