Gagnon-Tremblay pense que l'ONU s'intéresse à des futilités

Québec – L'Organisation des nations unies (ONU) devrait s'occuper de sujets plus graves que la crise sociale québécoise provoquée par la hausse des frais de scolarité, a déclaré aujourd'hui la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay.

Deux experts indépendants de l'ONU ont exprimé hier leur préoccupation face au déroulement des manifestations au Québec, après l'adoption d'une loi spéciale et certaines vagues d'arrestations massives.
 

Lors d'un point de presse, aujourd'hui, Mme Gagnon-Tremblay a exprimé son insatisfaction face aux conclusions des deux experts et elle a servi une remontrance à l'organisation internationale. «Au lieu bien sûr de regarder le Québec, l'ONU pourrait peut-être regarder les crises majeures qui se passent actuellement en Syrie et au Mali, a-t-elle dit. Ils ont décidé de regarder le Québec et la Ville de Montréal mais je pense qu'il y a des crises majeures qui méritent une attention particulière.»
 

La ministre a rappelé que le gouvernement québécois a toujours l'intention de faire valoir son point de vue auprès des experts de l'ONU et elle a jugé que leur analyse était incomplète.
 

Dans un communiqué diffusé hier, les deux experts de l'ONU s'inquiètent du fait que 700 personnes aient été arrêtées à Montréal et Québec le 24 mai dernier, alors qu'elles manifestaient contre la hausse des droits de scolarité et l'adoption de la loi spéciale 78.
 

Le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques, Maina Kiai, a aussi dénoncé les dispositions «indûment» restrictives de la loi 78, qui limite les manifestations.
 

Selon Mme Gagnon-Tremblay, les experts ont contacté le gouvernement pour l'informer que des plaintes avaient été formulées. Elle les a accusés de ne pas avoir respecté un délai de 60 jours dont le gouvernement disposait pour fournir plus d'explications. «Je suis un petit peu insatisfaite dans le sens que l'information qu'ils ont c'est une information qui m'apparaît incomplète, qui mérite de mieux les informer au sujet de la loi 78», a-t-elle dit avant la période des questions.
 

En Chambre, les libéraux ont voté contre une motion du Parti québécois exigeant le retrait de la loi 78.
 

Le chef d'Option nationale Jean-Martin Aussant a pour sa part déposé un projet de loi visant à abroger certaines dispositions de la loi 78 qui limitent le droit de manifester et qui confèrent des pouvoirs au ministre de l'Éducation. Selon M. Aussant, la population en général a été pénalisée par cette loi, puisque la majorité des manifestants sont pacifiques. «Une loi spéciale pour venir régler cette situation-là, c'était un peu fort aussi comme geste, a-t-il dit. C'est comme si un pyromane mettait le feu et suggérait que, la seule solution pour éteindre l'incendie, c'est de causer une inondation immense.»
 

Une contestation de la légalité de la loi 78 a été amorcée devant les tribunaux la semaine dernière.

 

Par Alexandre Robillard

25 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 31 mai 2012 19 h 31

    L'ONU

    L'ONU est tout, sauf futile, madame la ministre.

  • Jean Lapointe - Abonné 31 mai 2012 19 h 35

    Pauvre madame


    Elle ne s'en rend sûrement pas compte mais madame Gagnon-Tremblay laisse entendre par ses propos qu'elle n'est pas très à l'aise avec la Loi 78.

    Elle aimerait bien que les étrangers ne se mêlent pas de nos affaires. C'est certainement parce qu'elle se sent un peu honteuse.

    Si elle était sûre d'elle-même ce qu' on dit de cette loi ne la préoccuperait pas.

    Allez madame Gagnon-Tremblay un peu de courage. Dites ce que vous pensez vraiment pour une fois.

    De toute façon vous n'avez rien à perdre. Votre temps achève quoiqu'il arrive.

  • Eric Francis - Inscrit 31 mai 2012 19 h 38

    Commentaire de l'avocat Denis Barrette sur la loi 78

    En contexte pre-electoral ca veut dire que si quelqu'un decide de "caller" une manif spontanée sur twitter alors qu'il vient d'apprendre qu'un ministre sera sur les lieux dans 2 heures... vous etes dans l'illegalité.

    C'est clair comme de l'eau de roche

    • Sylvie Poirier - Inscrite 1 juin 2012 00 h 11

      Vous avez entièrement raison. Si Charest organise une tournée pour manifester ses intentions poliques dans un rassemblement de citoyens, il devra respecter la loi 78 et s'y contraindre.

      SECTION III
      DISPOSITIONS VISANT À PRÉSERVER LA PAIX, L'ORDRE ET LA SÉCURITÉ PUBLIQUE
      16. Une personne, un organisme ou un groupement qui organise une manifestation de dix personnes ou plus qui se tiendra dans un lieu accessible au public doit, au moins huit heures avant le début de celle-ci, fournir par écrit au
      corps de police desservant le territoire où la manifestation aura lieu les renseignements suivants :
      1o la date, l'heure, la durée, le lieu ainsi que, le cas échéant, l'itinéraire de la manifestation;
      2o les moyens de transport utilisés à cette fin.

      Le corps de police desservant le territoire où la manifestation doit avoir lieu peut, avant sa tenue et aux fins de maintenir la paix, l'ordre et la sécurité publique, ordonner un changement de lieu ou la modification de l'itinéraire projeté; l'organisateur doit s'y conformer et en aviser les participants.

  • Nicole Moreau - Inscrite 31 mai 2012 19 h 47

    Et pourtant, combien d'acteurs sociaux ont pris position sur le sujet

    Ils sont très nombreux à avoir décrié les effets de la loi 78, en plus de tous les citoyens ordinaires qui vont dans la rue proclamer leur insatisfaction. Il serait temps que les membres du gouvernement entendent...

  • Michel Miclot - Inscrit 31 mai 2012 19 h 55

    Cachez les femmes !

    Si l'ONU s'intéresse au Québec, attention. Si les casques bleus débarquent cachez vos filles , vos femmes et vos mères. C'est la soldatesque dans le pire sens du terme. Parlez-en à vos amis haïtiens et ils vous diront les exactions commises par ces casques bleus.