Le Canada souffre véritablement du «syndrome hollandais», selon l'Institut Pembina

Thomas Mulcair estime que le Canada est affecté par le syndrome hollandais.
Photo: Agence Reuters Archives Thomas Mulcair estime que le Canada est affecté par le syndrome hollandais.

Ottawa – À la veille de la visite de Thomas Mulcair au pays des sables bitumineux, une nouvelle étude appuie le leader néo-démocrate quand il affirme que l'économie canadienne souffre d'une forme du «syndrome hollandais».

L'étude de l'Institut Pembina, dévoilée mercredi, conclut que le Canada souffre d'une forme unique du phénomène, baptisée «fièvre des sables bitumineux», qui génère des retombées économiques à court terme mais dont l'importance est souvent exagérée.
 

L'étude ajoute que ces retombées sont réparties inégalement à travers le pays, et qu'elles pourraient réserver de mauvaises surprises éventuellement.
 

Le document est publié alors que M. Mulcair effectuera demain sa première visite de la région des sables bitumineux en Alberta depuis ses commentaires controversés concernant le «syndrome hollandais».
 

Le chef du NPD a été cloué au pilori par les premiers ministres de l'Ouest et par les conservateurs fédéraux pour avoir déclaré que les exportations de pétrole gonflent la valeur du dollar canadien, ce qui nuit à l'économie d'autres régions du pays.
 

Le syndrome hollandais est un concept économique apparu dans les années 1970 faisant référence à l’effondrement du secteur manufacturier hollandais à la suite de la découverte et de l’exploitation d’un gisement gazier en 1959. Le concept veut que l’exploitation rapide des ressources naturelles hausse la valeur de la monnaie locale et affecte les manufacturiers qui peuvent moins facilement vendre leurs biens.

Certains économistes croient que le Canada est maintenant touché : l’exploitation effrénée des sables bitumineux en Alberta et en Saskatchewan gonflerait la valeur du dollar canadien à un point où les manufacturiers ontariens et québécois périclitent. Thomas Mulcair le croit aussi comme le rapportait notre journaliste la semaine dernière.

4 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 30 mai 2012 15 h 21

    Le dindon de la farce

    De plus, avec l’aide des milliards de $ que le Fédéral accorde aux compagnies pétrolières de l’Ouest , dont le quart proviennent des poches des contribuables québécois qui paient des taxes et des impôts fédéraux, ce mal hollandais qui affecte l’industrie et les exportations québécoises est financé en partie par les Québécois.

    Beau fédéralisme rentable …

  • André Chevalier - Abonné 30 mai 2012 16 h 02

    Nous risquons la même chose au Québec

    Si le Québec exploite ses ressources à un rythme accéléré comme Charest tente de le faire, nous risquons d'amplifier ce phénomène.

  • Gilbert Talbot - Abonné 31 mai 2012 00 h 15

    Les maladies hollandaises qui nous frappent.

    Ces maudits Old Dutch et toutes leurs maladies ! Nous avons perdu nos ormes à cause d'une maladie hollandaise. Et maintenant nous allons perdre notre secteur manufacturier pour un autre syndrome hollandais. New York autrefois s'appelait New Amsterdam et était possession hollandaise. Heureusement, ils ont changé de possesseur. Pensez à tout ce quartier des «Red light» qu'ils auraient maintenant. une maladie hollandaise bien pire encore : une maladie d'amour.

  • Michel Miclot - Inscrit 31 mai 2012 05 h 51

    Et voilà ...

    C'est ce qui se passe quand on est dirigé par des gens à la courte vision capitaliste. L'argent tout de suite peu importe les conséquences. Le même problème avec la bourse , les actionnaires veulent un rendement immédiat. Le système est au main de dinosaures sans lendemain et sans cerveau.