Reprise des négociations dans la crise étudiante - «On prendra le temps qu’il faut»

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	La ministre de l’Éducation et présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, s’est adressée aux journalistes avant le début des négociations qui  ont été entreprises hier avec les étudiants à Québec. Elle a dit aborder ces discussions « avec ouverture ».</div>
Photo: Agence France-Presse (photo) Francis Vachon
La ministre de l’Éducation et présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, s’est adressée aux journalistes avant le début des négociations qui  ont été entreprises hier avec les étudiants à Québec. Elle a dit aborder ces discussions « avec ouverture ».

C’est à un calendrier de négociation que la première journée de la rencontre de la dernière chance entre les étudiants et le gouvernement a été consacrée, hier, à Québec.

Lorsque les discussions ont pris fin, vers 22 heures, les représentants des associations n’ont formulé aucun commentaire. Environ 200 manifestants venaient de se masser à l’entrée de l’édifice de la Banque Nationale, où ont lieu les discussions. Leur marche dans les rues de Québec ayant été déclarée illégale, les policiers de l’escouade anti-émeute de la Ville de Québec sont intervenus. Peu de temps après avoir formé un quadrilatère, les policiers ont procédé à l’arrestation de chacun des manifestants qui se trouvaient à l’intérieur, un à un. Or, Philippe Lapointe, un des principaux négociateurs de la CLASSE, a été arrêté vers 22h45. Un gardien de sécurité de l’édifice lui a offert d’entrer à l’intérieur, mais M. Lapointe a décliné l’offre, déclarant au Devoir qu’il souhaitait rester « solidaire ». Il s’est dirigé vers les policiers, qui l’ont alors fait monter à bord de l’autobus municipal servant de fourgon. Il a par la suite été libéré. En tout, 84 manifestants ont été arrêtés selon la police.


Peu de temps avant, le président de la Fédération étudiante collégiale du québec (FECQ) Léo Bureau-Blouin, a tenté une médiation avec ses avocats, dont Félix-Antoine Michaud. Les deux ont demandé en vain aux policiers de laisser les manifestants se disperser dans le calme. M. Bureau-Blouin s’est adressé aux manifestants pris à l’intérieur du périmètre, leur demandant de rester calmes.


Aujourd’hui, 13 heures


Entamées vers 14 heures hier, les discussions se sont terminées vers 22 heures. Les deux parties doivent se rencontrer de nouveau aujourd’hui à 13 heures au même endroit.


Les deux parties sont restées campées sur des positions très éloignées. Les associations étudiantes se sont présentées à la table sans position commune. Le gouvernement avait réclamé l’inverse et avait souhaité que les représentants à la table de négociations aient des mandats clairs de leur association respective.


Dans les derniers jours, la FEUQ, la FECQ, la CLASSE et la TaCEQ se sont effectivement rencontrées, mais n’ont pas réussi à s’entendre. « Il n’y a pas une offre formelle et commune qui va être faite aujourd’hui par les associations étudiantes. On s’est coordonnés, on s’arrange toujours pour faire front commun autour de la table. Mais non, en effet, il n’y a pas de position concrète commune », a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE.


Alors que Léo Bureau-Blouin avait laissé entendre que son organisation pourrait accepter une certaine hausse des droits de scolarité, M. Nadeau-Dubois a soutenu qu’il était, lui, à cette rencontre pour bloquer la hausse.

 

Deux sujets incontournables


Martine Desjardins, de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), a soutenu qu’à ses yeux, « il n’y a pas de sortie de crise possible si on ne se positionne pas sur la question des droits de scolarité ». Selon elle, c’est « la raison première pour laquelle » la dernière entente, celle du 4-5 mai, a été rejetée. L’autre sujet incontournable est la loi 78, loi spéciale adoptée le vendredi 18 mai sous bâillon de la part du gouvernement.


Pour Mme Desjardins, cette loi « brime la liberté d’expression et d’association ». Elle a rappelé que les étudiants avaient déjà deux recours devant les tribunaux, dont une requête « en sursis » qui sera traitée mercredi. « Il va falloir que le gouvernement montre sa bonne foi », a insisté Mme Desjardins, soutenant que la loi spéciale constituait une « épée de Damoclès sur la tête des associations étudiantes ».


Si le gouvernement refuse de « bouger » sur les droits de scolarité et sur la loi 78, « c’est sûr qu’on va remettre en question notre participation à la discussion », a averti Gabriel Nadeau-Dubois.

 

Une obligation de résultat


Lorsque vers 14 heures, la ministre de l’Éducation Michelle Courchesne est arrivée au lieu de la rencontre, elle a soutenu aborder celle-ci « sans être fermée, avec ouverture ».


Depuis le début du conflit il y a 16 semaines, il s’agit de la quatrième rencontre où le gouvernement et les étudiants tentent de définir une sortie de crise. « Nous avons tous une obligation de résultat, pas uniquement le gouvernement », a déclaré Mme Courchesne. « Les associations étudiantes aussi en ont une. C’est ensemble qu’on va trouver une solution. C’est autour d’une table qu’on trouve la solution », a-t-elle insisté, flanquée du ministre délégué aux Finances, Alain Paquet.


L’avocat Pierre Pilote participera aussi aux « discussions » à titre de négociateur comme lors du blitz des 4 et 5 mai. Elle a refusé en ces termes de révéler quoi que ce soit d’une éventuelle offre de sa part : « Évidemment, vous aurez compris […] que ce n’est pas ici au coin de la rue que je vais vous faire part des discussions que j’entends entamer avec les associations étudiantes. »


En matinée, le ministre des Finances, Raymond Bachand, dans une interview à LCN, avait soutenu que Michelle Courchesne avait « un mandat précis » et qu’elle pouvait « mettre des choses sur la table ». Au dire de M. Bachand, il y avait « de la place pour la négociation dans les objectifs que nous avons. Ce que j’espère, c’est que les gens qui viennent s’asseoir avec nous eux aussi ont des mandats ». Mme Courchesne a déjà exclu la semaine dernière toute possibilité de retour au « gel » des droits de scolarité, de même qu’un moratoire sur la hausse.


Les représentants d’association ont tous souligné que même s’ils signaient une entente, celle-ci devrait être ratifiée par les assemblées. « S’il y a un compromis à faire, il va être fait par les étudiants en assemblée générale », a souligné par exemple Gabriel Nadeau-Dubois.

 

Plusieurs journées


Tous les participants s’attendaient à plus d’une journée de discussion. « On prendra le temps qu’il faut pour trouver une solution », a soutenu la ministre Courchesne. « Ça va prendre le temps qu’il faudra », a déclaré Léo Bureau-Blouin, de la FECQ, tout en ajoutant qu’il préférait « travailler dans des délais qui sont courts ».


Pour Gabriel Nadeau-Dubois si l’on se fie à l’expérience des trois autres négociations, « lorsqu’on prend le temps de discuter, il y a parfois certaines sorties qu’on peut trouver ». Il s’est dit peu « pressé », car il veut éviter de prendre « des décisions précipitées ».

39 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 29 mai 2012 00 h 44

    Rien qui vaille

    Des principes, des positions, des excuses. Voilà la position du gouvernement Charest.

  • Yves Claudé - Inscrit 29 mai 2012 01 h 37

    Un autre spectacle gratuit … de la part des comédiens du PLQ ?

    Il serait réjouissant de penser qu’un compromis acceptable puisse émerger de cette autre rencontre entre le gouvernement et les associations étudiantes…

    Mais, est-ce faire preuve de réalisme, ou d’un sombre pessimisme que de penser que l’on est en présence d’un autre spectacle gratuit, dans tous les sens du terme, offert par un gouvernement qui a fait sa marque dans une attitude de fermeture, de mépris et de provocation, et dans sa capacité à tendre des pièges aux associations étudiantes ?

    Avec les parties IV et V de la Loi 78, les associations étudiantes ont en permanence une arme judiciaire létale pointée sur elles, prête à être déclenchée à la moindre alerte du rétablissement d’un rapport de force sur le terrain des Cégeps et des universités. Ces associations peuvent continuer à affirmer qu’elles sont en grève, mais c’est en pratique un lock-out qui s’est imposé dans les établissements scolaires.

    Alors que les Cégeps en lock-out sont en train de finaliser un plan de reprise des cours à remettre au ministère au plus tard le 1er juin (article 4 de la Loi 78), est-il interdit de penser que le gouvernement a mis en scène un spectacle susceptible d’être l’objet d’une “tombée de rideau” dès le jeudi 31 mai ?

    S’il y a une possibilité de compromis acceptable, cela ne pourra qu’être le résultat d’un rapport de forces qui sera constitué d’une mobilisation croissante et déterminée de la population qui “mettra son poids dans la balance” aux côtés des étudiants. Car il est évident que le spectacle donné par les comédiens du PLQ est entièrement gratuit, et qu’il ne faut pas exclure la possibilité qu’une partie de la scène soit constituée de planches pourries, qui pourraient d’ailleurs provenir du bric-à-brac de la Loi 78…

    Yves Claudé

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 29 mai 2012 02 h 01

    ce n'est plus une crise étudiante : c'est un réveil démocratique (1/2)

    Premièrement bravo à Philippe Lapointe pour le geste audacieux (à cette heure, nous ne sommes pas encore 50 à avoir commenté, mais ATTENTION, VOUS POURRIEZ ÊTRE MIS À L'AMENDE!). Toutefois, même si le gouvernement règle avec un gel des frais de scolarité, même si la loi 78 est abrogée demain, il ne s'agit plus d'une crise étudiante, il s'agit d'un réveil démocratique.

    Je crois que le mouvement des casserolier@s évoluera tant que des changements structurels ne surviendront pour éviter de répéter une telle crise future. Et si ça ne change pas, vite, nous prendrons les boites de carton au recyclage pour afficher nos propositions, et si rien encore ne change, nous tenterons encore d'autres stratégies. Nous sommes imaginatifs : on ne peut laisser une telle situation juste pourrir.

    Liste non-exaustive, ajoutez-y vos propositions :

    1- ratification du contrat social : Le Québec ne devrait plus avoir de génération perdue, de cohorte citoyenne n'ayant pas ratifié majoritairement la constitution : le choix d'une génération ne devrait pas handicaper ceux de la suivante, et il ne doit plus y avoir de génération sans honneur ni enthousiasme comme la notre. En ce sens, notre société devrait limiter la durée d'un contrat social à 15 et l'adapter à la nouvelle société; le reconsidération de notre constitution aux 15 ans garantirait le progrès de notre société.

    2- budget participatif : pour définir ensemble d'où l'on prélève le trésor public, à quel service / ministère on l'alloue (santé, éducation, dette) et faire un suivi citoyen pour éviter la corruption. Nous avons tous des exemples de gras où couper sans que ça dérange trop.

    3- Élections à date fixe : plus jamais un gouvernement ne devrait choisir quand ça lui convient à lui de déclencher des élections et de prendre par surprise les autres postulants au poste de député, de PM ou de ministre.

    (...)
    Guillaume Blouin-Beaudoin

    • Claude Champagne - Inscrit 29 mai 2012 10 h 27

      Les élections à date fixe est dans le programme du pq.

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 29 mai 2012 02 h 03

    ce n'est plus une crise étudiante : c'est un réveil citoyen (2/2)

    4- suffrage universel du PM : Jamais nous ne saurions accepter un nouveau PM élu que par les membres du PLQ. La légitimité, en démocratie, pour désigner le titulaire d'un poste, passe par avoir son nom sur le bulletin de vote des concernés en élection : pas de PM sur mon bulletin de vote, pas de PM légitime.

    4.1- tout comme on peut donner permis de conduire l'état, on peut aussi le retirer après trop de points de démérite ; tout comme on donne un mandat à quelqu'un, on peut le retirer. Vivement un mode de scrutin "à la loft".

    4- gouvernement responsable : que l'on sache en votant qui sera ministre de quoi, soit par divulgation d'une équipe ministérielle séparée du législatif, soit par élection des ministres au suffrage universel.

    5- sénat : tout+e citoyen a droit de proposer un projet de loi pour améliorer sa communauté, d'être informé des projets de loi, et de voter les projets de loi. Le discernement éclairé du plus grand nombre vaut toujours mieux que le discernement intéressé d'un seul : une loi devient loi quand elle reçoit l'approbation de la majorité des citoyens par référendum. En ce sens, un sénat duquel tous les citoyens font partie est constitué, avec revenu de citoyenneté (ou sénatorial (!)), est nécessaire.

    Guillaume Blouin-Beaudoin

    seul dans mon salon mais plus que 50 sur ledevoir.com ; loi inaplicable???

    • Richard Coulombe - Inscrit 29 mai 2012 08 h 44

      Ben c'est ça, mon Guillaume. Présentes toi aux prochaines élections avec ton beau programme. Y a probablement que ton beau frère qui va voter pour ça.

    • Francois Robitaille - Inscrit 29 mai 2012 08 h 50

      Point 1: C'est beau l'utopie, mais il va toujours avoir des gens qui se sentent laisés, à tord ou à raison.

      Point 2: Et comment on ferait ça? Nous somme dans une démocratie par représentation parce que la démocratie directe est totalement impossible, avons-nous une salle pour 7 millions de personnes pour prendre nos décisions? Et ne serait-il pas dangeureux que ce soit les plus extrèmes qui se présente à ces votes?

      Point 3: Ouin c'est bien beau les élections à dates fixes, mais, comme aux états unis, on va se retrouver en pré-campagne 2 ans avant les élections c'est tannant ça!

      Point 4: Régime présidentiel, ça je déteste pas ça, mais ça implique un changement de la constitution!

      Point 4.1: encore une fois ce genre de chose peut donner trop de pouvoir à de petits groupe activistes. La majorité silencieuse...est trop souvent...silencieuse.

      Point 5: Vrai, mais tellement trop chère, de cette façon on bloque tout projet!


      Intéressant comme points! Merci pour ton commentaire

      François Robitaille

    • Francois Robitaille - Inscrit 29 mai 2012 08 h 56

      La solution n'est peut être plus: La Démocratie.... Ni le communisme, ni le capitalisme, encore moins les anciens systèmes déchus comme la monarchie...

      Somme-nous rendu à faire une vrai révolution, une révolution financière, en commenceant par contester le vrai problème: L'inflation artificelle des banques?

      Savez-vous que l'inflation existe à cause des banques centrales et il n'y a qu'eux qui en profite? Ils nous répondront que c'est grâce aux prêts que nous pouvons acheter notre mainson ou notre voiture? Moi je dit: FAUX! C'est l'effets de l'accessibilité (par le prêt) que les maisons et les voitures sont si chere!

    • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 29 mai 2012 10 h 06

      @Richard Coulombe : les élections servent à désigner un titulaire à un poste. J'ai déja postulé aux élections, à 3 reprises, et je suis conscient des barrières qui rendent ce processus d'embauche discriminatoire. Nous avons besoin de garanties pour que plus jamais nos élections soient clé-en-main.

      Or, ce n'est pas de prendre le pouvoir qu'il s'agit : c'est de pouvoir faire des propositions, comme simples citoyen, afin d'améliorer notre communauté, et apparament il nous faut modifier le pouvoir pour y arriver.

      À moins que vous n'ayez la profonde conviction que le présent régime est le nec-plus-ultra en termes de démocratie participative, j'aimerais que vous fassiez un geste positif et que vous nous fassiez part de vos propositions pour rendre le système plus démocratique.

      Guillaume Blouin-Beaudoin

    • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 29 mai 2012 10 h 33

      .

      @François Robitaille:
      sur le système bancaire, si j'en crois le film "l'argent-dette" (money as debt en anglais), je suis d'accord que de permettre un taux de réserve (montant d'argent qu'une banque doit avoir dans ses coffres afin de prêter) inférieur à 100% est illogique, voire frauduleux. Il y a un grand débat à faire sur le sujet économique, tant sur la diminution constante du pouvoir d'achat que de la place de plus en plus grande que prend l'économie spéculative sur l'économie productive.

      Maintenant, sur tes réactions aux propositions :
      1- effectivement il va falloir s'entendre, comme société, sur le genre de structure politique dont nous voulons nous doter. La constituante est un bon forum pour refonder notre système et ramener la paix : l'exclusion n'est pas la sollution.

      2- il y a des modalités à définir pour l'adapter au modèle québécois, mais ça se passe généralement bien ; plus d'infos sur http://pt.wikipedia.org/wiki/Or%C3%A7ament (la page wikipedia en anglais est aussi assez bien développée, mais celle en français laisse à désirer).

      3- sur les élections à date fixe et la "campagne perpétuelle" ; à moins que je me trompe, la date des prochaines élections municipales est déja connue (nov 2013), c'est dans moins de deux ans, et je n'ai pas vu de pré-campagne, contrairement au provincial où la pré-campagne est déja commencée.

      4- effectivement, il nous faudrait une constitution pour y arriver...

      4.1- je crois que ça vaudrait la peine de l'essayer pour 15 ans le scrutin "à la loft". La "majorité silencieuse" qu'on caricature écoutant loft story ou star académie, participe grandement à ce type de scrutin destitutif. Elle paye même 50c par appel!

      5 - il faudrait calculer avec l'hypothèse de rédure le salaire des sénateurs à 650$/m, tous sénateurs au lieu du BS, des prêts et bourses et l'ass-chomage...

      C'est beau l'utopie ; c'est fun d'en débatre ensemble

      Guillaume Blouin-Beaudo

    • Ève Marie Langevin - Abonnée 29 mai 2012 11 h 24

      Les idées en amènent d'autres, certaines propositions méritent de l'attention, entre autres celles sur la démocratie directe. Contrairement à ce que croient à première vue certains lecteurs, une certaine forme adaptable pourrait être envisagée grâce aux nouvelles technologies. Il y a un parti politique qui est en train de se former en ce sens.
      Cependant,
      «Si l’on voulait aller trop loin et atteindre trop de choses, on tomberait dans l’inquiétude et l’infortune. Car ce vers quoi l’on doit tendre dans une grande révolution, ce sont des conditions claires et précises qui assurent une sécurité générale dans la limite des possibilités de l’époque.»
      Source : Yi King, le livre des transformations, trad. R. Wilhelm, E. Perrot. Chine, vers 2205 av. J.C.

  • Marcel Bernier - Inscrit 29 mai 2012 02 h 30

    Se tenir debout, pas à plat-ventre, pour revendiquer...

    On voit ce qu'ont dans le ventre les leaders étudiants et cela nous permet de constater l'état de leur colonne vertébrale.
    Il n'a pas place pour les licheux de c..., ni pour les affairistes : ici, on départage les hommes et les enfants.
    Il reste que la gratuité scolaire, comme but affirmé, constitue une base de négociation : il s'agit de savoir si nous l'atteidrons graduellement sur cinq ou sept ans.

    • Francois Gougeon - Inscrit 29 mai 2012 07 h 50

      Si l'éducation est un choix de société comme on dit, alors pourquoi est-ce qu'un groupe d'étudiants déciderait-il seul de la gratuité? Et le reste de la population qui finance ces universités, ils n'ont pas leur mot à dire?

    • Christian Fleitz - Inscrit 29 mai 2012 10 h 14

      La gratuité des études universitaires fait frémir plus d'un québécois. Elle est le plus souvent présentée comme une injustice, parce que «les étudiants finissant vont gagner beaucoup d'argent»! On peut poser le problème autrement: les études universitaires doivent être ouvertes à tous sans distinctions de richesse, c'est un vrai acte de justice. De plus, les formations supérieures permettent d'utiliser au mieux pour la collectivité tous les talents et toutes les intelligences: c'est un investissement pour l'avenir dont la communauté profitera au mieux. La vraie question est de savoir si l'on veut pour la société québécoise une plus grande diffusion des connaissances pour améliorer les lendemains à venir. Les diplômés gagnent beaucoup d'argent? Voire, Si l'on compare les revenus d'un enseignant, d'un fonctionnaire, d'une infirmière, avec un ouvrier de la construction, il n'est pas certain que la comparaison soit en faveur des premiers, et que l'on avance pas que les derniers, «eux, travaillent». Ce mépris du travail intellectuel chez certains, est le propre des sociétés décadentes et ne conduit qu'à la catastrophe.
      Pour les diplômés dont les études longues leur permettent des revenus importants, s'il y a une justice fiscale, ils paieront des impôts en conséquence et des contraintes de service public peuvent leur être imposées comme dans certains pays, afin de favoriser leur implantation et de faire bénéficier la communauté de leurs formations.
      Enfin, pour le financement des études universitaires, il faut rappeler que «l'argent n'a pas d'odeur», qu'importe l'origine des fonds, et celles-ci peuvent être financées par l'impôt, pourvu, là encore, que le régime d'imposition soit juste et fasse contribuer les plus riches (particuliers et entreprises) en fonction de leur réelles richesses. En général, ces catégories de contribuables ne sont pas imposées équitablement.
      La plupart des pays européens fonctionnent ainsi

    • Claude Champagne - Inscrit 29 mai 2012 10 h 38

      M. Palardy si ma mémoire est bonne, Mme Marois effectivement propose de hausser les impôts des corporations et en autres augmenter les redevances des exploitants minier et prétolière en devenir.

    • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 29 mai 2012 10 h 39

      @André Palardy
      si nous avions un budget participatif, nous pourrions identifier des dépenses inutiles à couper. Par exemple, de passer des logiciels microsoft aux logiciels libre/ouverts nous ferait économiser le montant équivalent de la hausse.
      Aussi, en négociant plus tot, le gouvernement n'aurait pas gaspillé plus d'argent dans cette crise qu'il en récolterait avec la hausse...

      Guillaume Blouin-Beaudoin